5 bonnes pratiques pour appliquer la sobriété numérique

Au vu de l’urgence climatique, l’atteinte de la sobriété numérique est le prochain challenge des entreprises. Cinq pratiques à adopter de suite.

Tech & numérique 💻

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24/6/2022

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Sommaire

Aujourd’hui, le numérique est partout… même dans l’atmosphère. 😅 Eh oui ! L’impact de ce secteur n’est pas immatériel, c’est pourquoi il est nécessaire de tendre vers la sobriété numérique. Selon le dernier rapport de l’ADEME, ce secteur représente 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2025. 🤯

Pour éviter cette catastrophe, il convient d’adopter un comportement plus durable via une utilisation plus raisonnée de nos appareils. Vous l’avez compris : si nous nous y mettons tous ensemble, nous avons une chance de limiter le réchauffement climatique. 💪

Mais comment intégrer le numérique dans la transition écologique ? Quelles sont les bonnes pratiques à adopter dès maintenant ? Continuez la lecture de cet article pour le savoir. 🤓

📴 La sobriété numérique : un levier pour accélérer la transition écologique

Qu’est-ce que la sobriété numérique ? 👋

Créé en 2008 par le fondateur de l’association GreenIT, Frédéric Bordage, la sobriété numérique est le fait d’utiliser les appareils technologiques de manière raisonnée. Ce concept a pour vocation de rendre le numérique plus durable avec une empreinte carbone moindre. 📉

Même si ce changement de comportement ne semble pas bien compliqué à mettre en place, il nécessite l’implication de chacun. Particuliers, entreprises, administrations et tout autre utilisateur doivent conjuguer leurs efforts pour éviter que ce secteur ne devienne la plus grande source de pollution au monde. Et ça, c’est plus compliqué à instaurer. 😖

La face cachée du numérique 👀 

Devenus incontournables dans notre quotidien surchargé, téléphones, tablettes et ordinateurs pullulent dans le monde. 🌎 Bien que le numérique offre des solutions innovantes, il s’avère lourd de conséquences sur l’environnement. Les répercussions - très souvent méconnues des consommateurs - sont ainsi liées à leur production, à leur utilisation et aux systèmes de conservation des fichiers. 

Le dernier rapport de l’ADEME intitulé « En route vers la sobriété numérique » partage quelques chiffres qui illustrent cela :

  • 10 % de la consommation électrique française est liée aux services numériques ;
  • 55 % de la consommation mondiale d’énergie correspond au trafic des données ;
  • 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont imputées au numérique.

The Shift Project a quant à lui analysé les émissions mondiales de GES du secteur dans le détail :

  • 38 % des émissions mondiales proviennent de l’utilisation des équipements ;
  • 37 % des émissions mondiales sont allouées à la fabrication des appareils numériques (extraction des ressources - parfois rares -, assemblage, transport, distribution). À titre d’illustration, il faut 588 kg de matières premières et 114 kg de CO2 pour fabriquer un ordinateur de 2 kg ;
  • 25 % des émissions mondiales sont dues aux infrastructures réseau et aux data centers.
💻 Quid de l’impact carbone de chaque appareil ? Un ordinateur fixe émet 1689 kg CO2 éq, un ordinateur portable, 156 kg CO2 éq et un smartphone 16,5 kg CO2 éq.

Par conséquent, le numérique est dépendant des ressources offertes par la planète et serait, par extension, une des victimes de l’épuisement de ces dernières. Frédéric Bordage résume parfaitement la situation : le numérique est une ressource limitée qu’il est nécessaire de consommer avec modération. 😳

Que dit la législation ? ⚖️

Des solutions commencent à voir le jour pour faire connaître, voire imposer la sobriété numérique auprès des particuliers et dans les entreprises.

Ainsi, le numérique est officiellement devenu un levier de la transition écologique avec la promulgation de la loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique) du 15 novembre 2021. Elle a pour ambition de réduire l’empreinte environnementale de ce secteur à travers 5 grands objectifs :

  • faire prendre conscience de l’impact environnemental du numérique ;
  • limiter le renouvellement des terminaux ;
  • favoriser des usages numériques écologiquement vertueux ;
  • promouvoir des datacenters et des réseaux moins énergivores ;
  • promouvoir une stratégie numérique responsable dans les territoires.
👉 De fil en aiguille, la sobriété numérique est devenue un outil essentiel à la transition écologique. Les entreprises ne peuvent plus faire l’impasse sur ce sujet.

👨‍💻 5 bonnes pratiques pour tendre vers la sobriété numérique dans son entreprise

Par où commencer pour tendre vers la sobriété numérique ? Les entreprises ont cinq grandes priorités.

1. Former les parties prenantes 👩🏫

La prise de conscience est le premier pas nécessaire pour changer de comportement face à la dégradation de l’environnement. Comme nous l’avons vu, la sobriété numérique est un effort collectif. 🤝 En cette période où les conséquences du réchauffement climatique se font de plus en plus visibles, plusieurs parties prenantes souhaitent agir pour sauver la planète : c’est le moment de les former en entreprise ! 

Pour ce faire, il existe le label Numérique Responsable (NR) créé par l’Agence Lucie en partenariat avec l’Institut du Numérique Responsable (INR). Développé en 2019, le label a pour vocation d’aider tout type d’organisation - que ce soit la taille et le secteur d’activité - à réduire progressivement l’impact du numérique

Cela passe par la création d’un plan d’action comprenant plusieurs engagements concrets. L’un d’eux a une vocation totalement informative puisqu’il fait un état des lieux du secteur du numérique et transmet les bonnes pratiques, le tout via une formation.

👋 Basé sur un référentiel soutenu par l’ADEME, les pouvoirs publics et WWF, le label repose sur une démarche d’amélioration continue.

2. Éviter le renouvellement trop fréquent des équipements 📱💻

En tout et pour tout, 80 % des impacts du numérique sont causés par la fabrication des appareils. En 2019, plus d’un milliard de smartphones ont été vendus dans le monde. Pire, 88 % des Français remplacent leur téléphone alors qu’il fonctionne encore. Vous saisissez l’urgence ? 😖

Parfaitement mis en avant par les enseignes, les appareils électroniques font envie et les consommateurs sont nombreux à craquer. Mais les acheteurs se bousculeraient-ils si la marque osait préciser que l’appareil :

  • est fabriqué aux États-Unis et dans les pays d’Asie dépendant aux énergies fossiles ? ;
  • nécessite jusqu’à 70 matériaux différents ? ;
  • a fait quatre fois le tour du monde pour arriver dans vos mains ? ;
  • a pollué les sols, les eaux et est le résultat d’ouvriers œuvrant dans de mauvaises conditions de travail ?

Nous ne pensons pas. ❌

Alors comment savoir quand changer d’équipement afin d'éviter ces dégâts environnementaux ? 🧐

Il convient d’abord de tout faire pour prolonger la durée de vie des appareils. Cela passe par l’ajout de housses de protection, l’installation d’un antivirus ainsi que de logiciels de nettoyage et un petit séjour en réparation si nécessaire.

👉 À titre d’information, prolonger la durée de vie d’une tablette ou d’un ordinateur de 4 ans - au lieu de 2 ans - permet d’améliorer son bilan environnemental de 50 %.

Si l’appareil est inutilisable, il est préférable de se diriger vers des équipements reconditionnés plutôt que de succomber au neuf. Cette alternative permet de réduire l’impact environnemental de 77 à 91 % par an et d’éviter l’extraction de 82 kg de matières premières chaque année. Par ailleurs, ce comportement vertueux favorise une économie circulaire indispensable pour créer une société durable. 

L’achat d’un équipement neuf est inévitable ? Les labels EPEAR (Electronic Product Environmental Assessment Tool) ou TCO Certified pour ne citer qu’eux, garantissent le respect des critères environnementaux par certains appareils. Bien entendu, il convient en premier lieu d’interroger ses usages afin d’éviter l’achat de gadgets inutiles.

👀 Bon à savoir : dans le cadre de la loi AGEC et depuis le 1er janvier 2021, un indice de réparabilité est apposé sur certains équipements électroniques. Plus la note - sur 10 - est élevée, plus il est réparable.

3. Réduire les déchets électroniques 🗑

Les déchets liés à l’usage du numérique en France sont responsables de 20 millions de tonnes. Ce chiffre gargantuesque ne vous dit pas grand-chose ? Il s’agit pourtant du poids de 2 000 Tour Eiffel. 🇫🇷

En 2021 en Europe occidentale, on comptait 8,9 équipements par personne - contre 5,3 en 2016 -, alors même que moins de 10 % des appareils sont recyclés. À ce rythme, on trouvera 48 milliards d’appareils électroniques en 2025. 😰 Il est encore temps d’agir pour éviter de se retrouver sous une montagne de déchets électroniques. 🗻

Une fois un équipement hors d’usage, comment s’en débarrasser sans polluer ? 🤔 Plusieurs solutions existent :

  • le donner à une association - type Emmaüs - ;
  • le déposer à une ressourcerie ou à une recyclerie ; 
  • le vendre afin de lui offrir une seconde vie grâce à ses pièces détachées. 

Eh oui, les matériaux qui composent un appareil sont majoritairement recyclables, alors autant prendre la peine de déposer son appareil !

4. Limiter la consommation électrique et énergétique ⚡️

Les équipements informatiques représentent 21 % de la consommation électrique. Pire, ce pourcentage est principalement causé par l’inactivité et l’inattention des salariés. 😵

Vous l’avez compris, tendre vers la sobriété numérique requiert des efforts à ce niveau. Fort heureusement, chaque entreprise à la possibilité d’éviter le gaspillage énergétique et la hausse des factures grâce à plusieurs bonnes pratiques :

  • préférer le Wifi à la 4G - qui consomme 3 fois plus d’énergie que le Wifi - ;
  • activer le mode « économie d’énergie » sur les téléphones et les ordinateurs ;
  • désactiver la géolocalisation et les notifications en arrière-plan qui consomment des données en permanence ;
  • éteindre les appareils plutôt que les laisser en veille. Cela permet d’éviter un quart des consommations électriques provenant des équipements informatiques.
🌍 L’impact des data centers n’est pas en reste. Ces unités de stockage requièrent beaucoup d’énergie pour fonctionner et représentent 1 % de la consommation électrique mondiale. 

5. Verdir les usages 🌱

Plus facile à dire qu’à faire ! Alors que le télétravail connaît un succès sans pareil, difficile de se passer des équipements informatiques. Pourtant, la sobriété numérique ne réside pas dans l’arrêt total des écrans, mais bien dans la mise en place d’écogestes. 👋

Et si vous établissiez une charte informatique de l’entreprise pour partager les bonnes pratiques à l’ensemble de vos collaborateurs ? Plusieurs bonnes pratiques écologiques à adopter dès maintenant :

  • stocker les données sur une plateforme unique ;
  • supprimer les photos, les vidéos et autres documents inutiles ;
  • alléger les mails en triant sa messagerie, en limitant le nombre de destinataires ainsi que le poids des pièces jointes ;
  • économiser la bande passante en mettant en favoris les sites fréquemment visités, en limitant le nombre d’onglets ouverts et en supprimant l’historique de navigation ainsi que les cookies ;
  • limiter la vidéo. Plusieurs astuces pour limiter son impact : télécharger au lieu de streamer, choisir une résolution adaptée à l’écran, écouter de la musique sans regarder les clips et désactiver la lecture automatique.

Ce dernier point est d’autant plus essentiel que la vidéo représente 62 % du trafic Internet. En détail, chaque Français regarde entre 5 et 10 h de vidéos et de films par semaine, tandis que les jeunes en visionnent jusqu’à 14 h par semaine. 💥

✍️ À noter : dès le 1er janvier 2022 et dans le cadre de la loi AGEC, les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès à Internet devront indiquer la quantité de CO2 émise par l’usage numérique de chaque client.

🔎 Réalisez votre bilan carbone pour devenir une entreprise responsable !

Appliquer les écogestes est un premier pas vers la sobriété numérique. Néanmoins, comment connaître précisément l’impact du numérique d’une entreprise ? C’est tout le principe du bilan carbone réalisé par Greenly. ✌️

Cette étude 100 % personnalisée de votre structure permet de déterminer le taux d’émissions carbone de chaque poste, dont celles causées par les usages du numérique. Il s’agit d’un véritable atout pour tenter de devenir une entreprise neutre en carbone.

Par ailleurs, le bilan carbone est obligatoire pour :

  • les entreprises de plus de 500 salariés ;
  • les entreprises de plus de 250 salariés pour les entreprises situées dans les départements d’outre-mer ;
  • les établissements publics de plus de 250 personnes ;
  • les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants ;
  • les services de l’État.

Raison de plus pour agir sur vos émissions carbone. 😎 Nos experts se tiennent à votre disposition pour toute question. 💬

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Écrit par
Matthieu Vegreville

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