Climatosceptiques : vérités et contrevérités

L’urgence climatique est de mise. Et pourtant : une poignée de climatosceptiques la mettent en doute. Quels sont leurs arguments ? Le match est lancé !

Réchauffement climatique 🔥

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29/4/2022

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Sommaire

Le mercredi 20 avril 2022, au cours du débat présidentiel de l'entre-deux-tours, Emmanuel Macron a qualifié Marine Le Pen de « climatosceptique ». Indépendamment de la joute verbale que se jouait alors entre les finalistes, l'emploi de ce terme a retenu notre attention. 🤓 Et pour cause : malgré les preuves scientifiques - sans parler des catastrophes naturelles ayant pris la fâcheuse habitude de s'enfiler à la manière d'un collier de perles - certaines personnes mettent bel et bien en doute le changement climatique actuel, ainsi que la nature de son origine. Et cela nous agace prodigieusement. 😡 Non mais oh. Pour cette raison, chez Greenly, nous avons décidé de nous pencher sur les arguments avancés par les climatosceptiques. Quels sont-ils ? Démêlons le vrai du faux sans plus tarder.

🤔 Que devez-vous savoir des climatosceptiques ?

Est appelée « climatosceptique » une personne qui nie ou qui minimise le réchauffement climatique et/ou qui réfute le fait que l’activité humaine en soit à l’origine.

Un individu "climatosceptique" est persuadé que le réchauffement climatique est un phénomène naturel, inévitable et cyclique. Dans certains cas, il va jusqu'à estimer que le changement climatique aura in fine des conséquences positives ou - à défaut - que la technologie sera en mesure de sauver la situation.

Quelques chiffres peut-être  ? Une étude du 21 avril 2022 menée par Opinion Way pour Primes Energie indique que 21 % des Français - dont 29 % âgés de 35 à 49 ans - sont climatosceptiques. 😨 En outre, 47 % des sondés pensent qu’il est tout bonnement « trop tard pour inverser le cours du réchauffement climatique ».

Bon, n'y allons pas par quatre chemins : ce pessimisme ambiant n’est pas l’unique caractéristique des climatosceptiques. Loin s'en faut : l’ignorance, la peur d’accepter une vérité qui dérange ou la réticence à mettre en place des solutions contraignantes alimentent généralement leurs croyances.

À noter : les doutes et autres théories fumeuses liées au climat sont légion sur les réseaux sociaux. Gare à la désinformation ! Certains climatosceptiques rivalisent d'imagination en la matière. D'ailleurs, d’après un rapport réalisé par Greenpeace, en partenariat avec les Amis de la Terre et l’association Avaaz, les réseaux sociaux ne luttent pas suffisamment contre les fake news "climatiques". 😑

👀 Quels sont les principaux arguments des climatosceptiques ?

« Le climat change tout le temps, c’est pas nouveau » ☔☔

Soit. Il est vrai que la planète a connu plusieurs changements climatiques au cours de sa longue histoire. Mais celui que nous vivons est plus rapide et violent que ces derniers. En outre, il est directement causé par l’activité humaine - ce qui n'était pas le cas des précédents.

En l'occurrence, les précédentes variations climatiques avaient principalement deux causes :

  • les éruptions volcaniques, responsables du refroidissement (ces dernières émettent en effet des particules dans l’atmosphère, lesquelles renvoient la lumière du Soleil) ;
  • l’alternance entre des périodes glaciaires très froides et des périodes interglaciaires très chaudes (tous les 10 000 ans environ). Un changement causé par la variation de l’orbite de la Terre par rapport au Soleil.

A savoir : l'ouverture d'une nouvelle époque géologique illustrerait la transformation profonde du système terrestre provoquée par l’Homme. Evoquée pour la première fois en 2000 - et toujours en discussion aujourd’hui - l’ère Anthropocène (« l’âge des humains ») reconnaîtrait l’activité humaine comme étant la principale cause des changements climatiques, surpassant ainsi les forces géophysiques. 🌌 Disons-le : ça craint. 😬

Le bouleversement que nous connaissons actuellement est lié aux activités humaines et, plus particulièrement, aux émissions de dioxyde de carbone (CO2) qu'elles génèrent, lesquelles ne cessent d’augmenter depuis la révolution industrielle.

Libéré lors de l’extraction et de l’utilisation des énergies fossiles - pétrole, charbon et gaz - le dioxyde de carbone compte bel et bien parmi les gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. A ce sujet, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) est très clair : « Depuis 1970, la température mondiale a augmenté plus vite que sur toute autre période de 50 ans au cours des deux derniers millénaires ».

🚨 Attention : les climatosceptiques évoquent souvent une situation climatique spécifique survenue dans le courant du Moyen-Âge. Baptisée « anomalie climatique médiévale », cette période s'est effectivement révélée plus chaude que la normale. Néanmoins, pas de comparaison possible : les chaleurs étaient alors régionales et non mondiales. Quant à l'impact de ces dernières, il était sans commune mesure avec les évènements que nous connaissons aujourd'hui.

« Il n’y a pas de réchauffement climatique, il fait encore froid ! » ☃️

Bien essayé. Mais il s’agit ici d’une confusion entre les notions de météo et de climat. La première étudie les phénomènes atmosphériques, dans le but de prévoir le temps à un endroit précis et sur une courte durée. Tandis que la seconde se focalise sur les conditions météorologiques observées au cours de longues périodes et sur l’ensemble de la planète. 

🚩 À noter : selon le GIEC, la température moyenne entre 1880 et 2012 a augmenté de 0,85 °C.

Par ailleurs, l'enregistrement de basses températures à un endroit et à un moment précis n'est pas significatif. Pour avoir une vision objective, il convient d'étudier la moyenne des températures à travers le monde.

À titre d’exemple, les États-Unis peuvent tout à fait être victimes d’une vague de froid, tandis que la Russie, elle, bénéficie au même moment de températures clémentes. Plus récemment, les médias ont relaté une vague de chaleur extrême en Inde, tandis que l'Europe jouit d'un printemps relativement normal en matière de températures.

« Le réchauffement est dû au soleil » 🌞

Si seulement. 😭 C'est, en effet, une affirmation très populaire chez les climatosceptiques…

En vérité, tous les onze ans, le soleil est bel et bien victime d’oscillations - repérables grâce au nombre de taches solaires - qui modifient l’intensité du rayonnement solaire, lequel a des conséquences sur le climat terrestre.

Toutefois, là encore, ne nous y trompons pas : ces dernières années, le Soleil était justement dans une phase de faible activité. Or, les températures n'ont cessé d’augmenter.

Pas de bol, donc : il est peu probable que notre beau Soleil soit à l'origine du réchauffement climatique (mais on aurait bien aimé). 

« 1 °C c’est rien, le GIEC est trop alarmiste » 🏴☠️

C’est faux. Au risque de décevoir les climatosceptiques, chaque degré supplémentaire a des répercussions irrémédiables sur la planète.

Oui, on sait : le chiffre paraît minuscule. A votre échelle, vous ne voyez sûrement pas la différence, lorsque la température extérieure oscille entre 0 et -1 °C. Mais ce n'est pas parce que les êtres humains ne perçoivent pas ou peu cet écart qu'il en va de même pour les écosystèmes - hélas.

Il suffit d'une variation aussi infime pour que la pluie se transforme en neige et inversement, par exemple. ❄

En l'état, le fait de continuer sur notre lancée actuelle nous exposerait à un enchaînement sans précédent de catastrophes naturelles de plus en plus violentes - inondations, incendies, canicule, ouragans, etc. - lesquelles entraîneraient elles-mêmes flux migratoires, épidémies et conflits armés. 😶 Youpi.

D’après le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes, le monde a subi chaque année, au cours des deux dernières décennies, entre 350 et 500 catastrophes de grande ampleur liées au changement climatique. Et ce chiffre pourrait atteindre 560 par an d’ici 2030.

Pour cette raison, l’Accord de Paris souhaite cantonner cette hausse de la température mondiale à 2 °C - idéalement 1,5 °C. Si cet objectif n’est pas respecté :

  • le niveau des océans pourrait augmenter de plus de 43 centimètres d’ici 2100 ;
  • la barrière de corail pourrait disparaître à 99 % à cause de l’acidification des océans ;
  • de nombreuses espèces animales et végétales seraient menacées d’extinction d’ici à 2100 ;
  • les canicules extrêmes entraîneraient une pénurie d’eau et des épisodes de sécheresse.

« C’est pas grave, l’humain, la faune et la flore sont capables de s’adapter » ✌️

Oui, mais 'faut pas exagérer. Depuis la nuit des temps, les changements climatiques sont responsables d'extinctions de masse. Qu'on se le dise.

En l'occurrence, nombre d’espèces animales et végétales ont d'ores et déjà fait les frais du changement climatique actuel. 💔 Un changement brutal, beaucoup trop rapide, qui ne leur a pas laissé suffisamment de temps pour s’acclimater (c’est-à-dire migrer).

Du reste, ne nous y trompons pas : l'espèce humaine n'est à l'abri de rien. Certes, notre capacité d'acclimatation est plus élevée, mais elle implique que nous changions de lieu de vie.

Or, en l'état actuel des choses, c'est impossible. De fait, les territoires habitables sont maintenant régis par des règles très strictes - des frontières, en l'occurrence. Pour cette raison, la migration d'un pays à l'autre est autrement plus compliquée qu'autrefois.

Faute d'anticipation à ce niveau, des migrations de masse occasionneraient ainsi de fortes tensions aux frontières, voire des conflits armés. 😰

« Il n’y a pas de consensus scientifique » 🤝

Aïe. La crédibilité des scientifiques doit-elle être remise en question ? 🔍 Les climatosceptiques voient le réchauffement climatique comme un complot ourdi par l'État, les élites, les médias et les scientifiques, pour justifier leurs financements et/ou contrôler les peuples. 

Alors : faut-il se méfier ?

La réponse est non. Publiée en 2016, l’étude menée par John Cook révèle que, depuis le début des années 1990, 97 % des scientifiques et climatologues se sont accordés sur le fait qu’il existe bel et bien un réchauffement climatique d’origine humaine.

De plus, selon l’étude menée par l’université américaine Cornell à l'automne 2021, plus de 99 % des articles scientifiques publiés depuis 2012 confirment le rôle de l'activité humaine dans la survenue du réchauffement climatique.

🔥 N'en déplaise aux climatosceptiques, le réchauffement climatique est une réalité scientifique

1824 : la découverte du phénomène 🔎

En 1824, le scientifique Joseph Fourier découvre l’effet de serre. Quelques temps plus tard, en 1896, Svante Arrhenius découvre à son tour que la combustion des énergies fossiles charge l’air en CO2, occasionnant alors le réchauffement de l’air… C'est le début de la prise de conscience (déjà).

Toutefois, il faut attendre 1958 - 62 ans plus tard - pour que Charles Keeling mette enfin en lumière le fait que la concentration de gaz à effet de serre se répartit uniformément sur l'ensemble de la Terre et ne stagne pas au-dessus des zones industrialisées.

📖 Rappel : le réchauffement climatique est un phénomène de transformation du climat ET des écosystèmes, caractérisé par une augmentation globale des températures. 

Par ailleurs, dans les années qui suivent, de nombreuses expériences scientifiques vont démontrer que l’océan n’est pas en capacité d’absorber immédiatement le CO2 contenu dans l’atmosphère. 💨

De fil en aiguille, la question climatique émerge peu à peu au sein du milieu politique.

1988 : la création du GIEC 📑

En 1988, deux institutions des Nations Unies - l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE) - initient le GIEC, destiné à étudier l’évolution du climat et le rôle de l’activité humaine dans ce phénomène.

À ce titre, il ne produit pas de travaux de recherche. Le GIEC est composé de trois groupes de travail, qui passent en revue des milliers d’articles scientifiques pour produire une synthèse de ces derniers.

Les articles étudiés portent sur :

  • l'étude du changement climatique en tant que phénomène ;
  • les conséquences du réchauffement et son impact sur la société et les écosystèmes ;
  • la lutte contre le changement climatique.

L’objectif du rapport du GIEC est d'obtenir une vision globale et objective du changement climatique, en vue de proposer des solutions et d’endiguer le phénomène - ou, dans le pire des cas, de permettre à notre civilisation de s’adapter.

Le premier rapport élaboré par le GIEC est publié en 1990.

1997 : la lutte contre le réchauffement s'organise 💪

A mesure que l’urgence climatique se fait jour au sein des débats politiques, plusieurs grands accords sont eux aussi initiés.

En 1997, le Protocole de Kyoto vise à réduire de 5,2 % les émissions de six gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 (par rapport aux émissions de 1990). Il s’agit du premier accord réellement contraignant signé en faveur du climat. 

En 2015, l’Accord de Paris est à son tour ratifié, à l'occasion de la COP 21. Cet accord historique fixe notamment l'objectif de neutralité carbone, pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C - idéalement 1,5 °C.  

Vient ensuite la COP 26 (Conférence des Parties) en 2021 - et son fameux Pacte de Glasgow.

Prochain rendez-vous ? La COP 27 qui se déroulera à Charm el-Cheikh du 7 au 18 novembre 2022. Plusieurs problématiques feront alors l'objet de discussions, en vue d'abaisser au plus vite nos émissions de CO2 (réduire la demande énergétique, sortir des énergies fossiles, capter les émissions carbone issues de l'activité humaine et améliorer le financement climatique).

🧐 Ce qu'il faut retenir

Le 4 avril 2022, le GIEC a rendu public le volet venant clôturer son sixième rapport. La constat est sans appel : l’analyse de 18 000 études scientifiques conclut que la planète s’est déjà réchauffée de +1,1 °C. Pire : le réchauffement devrait atteindre +2,7 °C d’ici à la fin du siècle si rien n’est fait. 💥

Un chiffre, un seul, résonne comme un véritable cri d'alerte : il nous reste trois ans pour renverser la situation et espérer maintenir un « avenir vivable ». 🤯

Pour limiter le réchauffement de la planète, le GIEC propose ainsi d’agir directement sur nos modes de vie, de production et de consommation. Il conviendrait notamment de :

  • sortir rapidement des énergies fossiles et de passer aux énergies renouvelables ;
  • mettre en place une économie circulaire ;
  • gérer efficacement les déchets ;
  • opter pour la sobriété énergétique ;
  • réduire des émissions de CO2 de 27 à 43 % en 2030 et de 63 à 84 % en 2050 ;
  • compenser les émissions carbone résiduelles.

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Écrit par
Ines Gendre

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