Elisabeth Borne et la planification écologique : chaud devant !

Elisabeth Borne a été nommée Première ministre de la planification écologique. Alors ? Bonne ou mauvaise nouvelle pour l’environnement ?

Politique🧑‍⚖️

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17/5/2022

elisabeth borne

Sommaire

Fumée blanche. Pas de nouveau Pape, mais une Première ministre. C’est presque aussi rare. En vérité, l’enjeu de cette fonction est tel que la nouvelle vaut le détour quel que soit le sexe du titulaire : nous voici avec une Première ministre chargée de la planification écologique. 🌿

Sur le papier, ce dernier point est une excellente nouvelle. Du moins, on l’espère, car le fait est que personne ne sait en quoi tout cela va consister. 😅 Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’il y a le feu au lac et qu’il nous faut un plan fissa fissa.

Le défi est de taille, ne nous le cachons pas. Mais d’ailleurs quel est-il ? Quels challenges Elisabeth Borne doit-elle relever ? A-t-elle les cartes en main ? Le profil adéquat ? Une chance de succès dans cette mission aux enjeux gigantesques ?

Plutôt que de vous offrir un remake des biographies de Madame Borne qui fleurissent sur le net depuis hier soir à la manière d’une colonie de champignons, Greenly vous propose de résumer la situation en 5 questions essentielles. C’est parti !

📝 Elisabeth Borne a-t-elle vraiment un profil écolo ?

Si vous avez passé les semaines précédant sa nomination à écouter les chroniqueurs politiques, vous n’êtes pas sans savoir qu’Elisabeth Borne “cochait un certain nombre de cases”, en vue de devenir Première Ministre. Plus encore : Première ministre de la planification écologique.

Oui, c’est vrai : s’il n’est pas parfait, Elisabeth Borne a un profil qui, sans pouvoir être qualifié d’écolo, matche bien avec la fonction qui lui a été assignée.

Petit rappel ? En 2014, elle a d’abord été nommée au poste de directrice du cabinet de Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, avant de devenir elle-même ministre sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Chargée des Transports, puis de la Transition écologique et solidaire, elle a finalement achevé ce mandat au poste de ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, bref ! Madame Borne a bien des cordes à son arc.

De fait, l’ensemble des domaines pour lesquels elle a œuvré constituent des sujets importants dans le cadre de la transition écologique. Une transition qu’elle aborde sous l’angle du pragmatisme, ainsi qu’elle le faisait savoir au journal Le Monde en 2020, car “convaincue que l’on a besoin de transformations radicales, profondes, mais, évidemment, on ne va pas se payer de mots en laissant croire que cela peut se faire du jour au lendemain”.

En tant que spécialiste du bilan carbone entreprise, on ne va pas la blâmer… On le constate chaque jour auprès des entreprises qui nous sollicitent : ripoliner la façade, ça ne se fait pas en trois coups de pinceau.

🔍 Quel est le programme ?

Aller « deux fois plus vite » dans la réduction des gaz à effet de serre - dixit Emmanuel Macron, le 16 avril dernier. Il s’agirait, en outre, de « faire de la France, la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon ». 

Why not ? Chez Greenly, on vote pour. ✋ Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas sortis de l’auberge… 

type d'énergie pourcentages de la consommation française (2020)
Nucléaire 40 %
Pétrole 28 %
Gaz naturel 16 %
Énergies renouvelables et déchets 14 %
Charbon 2 %

Alors : comment s’y prend-t-on pour faire tout ça ?

C’est toute la question à laquelle nous espérons que Madame la Première ministre va nous apporter des éléments de réponse dans les prochaines semaines. 😊

Pour l’heure, on sait seulement que l’idée consiste à scinder l’actuel ministère de la Transition écologique (ou MTE) en deux morceaux

  • le ministère de la Planification énergétique, qui pilotera la politique énergétique, concentrera les administrations afférentes du MTE, et exercera la tutelle - ou la cotutelle, en coopération avec Bercy - d’EDF ;
  • le ministère de la Planification écologique territoriale, qui supervisera les politiques d’accompagnement des ménages (distribution des primes à la conversion des véhicules, des aides à la rénovation thermique (MaPrimeRénov’), etc.).

À noter : les transports pourraient rejoindre ce pôle, mais ce n’est pas encore acté. 

😨 Elisabeth Borne a-t-elle une chance de faire bouger les choses en matière d’écologie ?

On n’a pas de boule de cristal chez Greenly. 🔮 Mais en toute objectivité, on pense que c’est possible.

Oui, on sait : le bilan du premier quinquennat d’Emmanuel Macron en matière d’écologie n’est pas bon, et le Shift Project qui a analysé son programme de 2022 estime celui-ci insuffisant - en matière de financement notamment.

MAIS, si Elisabeth Borne ne va effectivement pas sauver la planète à elle toute seule, elle dispose néanmoins de compétences nécessaires et transversales (ingénierie, écologie, transport et emploi), dans des domaines cruciaux à la planification écologique.

Par ailleurs, elle bénéficie d’une conjoncture nouvelle. La décision de nommer une Première ministre de la planification écologique vise en fait à sortir ce sujet de l’ornière dans laquelle il moisissait en toute quiétude. 💀

L’idée ? Que l’écologie ne soit plus un sujet parmi ceux des différents ministères, mais une problématique commune, portée par le chef du gouvernement. Le message : l’écologie ne serait plus ni une option ni un sujet sur lequel on peut s’épancher une fois de temps en temps par charité…

Encore faut-il que la Première ministre s’impose et impose ledit sujet aux ministres récalcitrants. Et c’est sur ce point précis que personne ne peut répondre pour le moment.

Elisabeth Borne obligera-t-elle son gouvernement à considérer la question écologique dans chacun de ses ministères ? 

Réponse d’ici quelques mois.

⚡ Pourquoi les ONGs ne sont-elles pas enthousiasmées par cette nomination ?

Aïe, aïe, aïe. Depuis hier soir, c’est un véritable tir croisé de la part des organisations engagées en faveur de l’environnement (EELV, Greenpeace, etc.), qui s‘inquiètent de l’aptitude de la nouvelle Première ministre à prendre des engagements forts en matière de développement durable et d’écologie… 💥

Mais pourquoi donc ? L’argument qui revient le plus souvent tient au fait qu’Elisabeth Borne a déjà effectué un passage par le ministère de l’Écologie. 🌳 Pour autant, a-t-on assisté à une véritable révolution verte ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que la réponse est non.

Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour alerter sur le danger auquel nous exposerait un nouveau scénario de ce genre, doublé d’un manque d’ambition dans les mesures qui seraient mises en œuvre. 

Et à raison. Le GIEC nous a averti : il nous reste trois ans pour redresser la barre. Après quoi, les pires conséquences du réchauffement climatique sont à craindre. 😱 

Disons-le : c’est pas le moment de caler, Madame Borne.

Le moment de vérité ? Selon Anne Bringault, coordinatrice des programmes du Réseau Action Climat, ce sera “la discussion de la prochaine loi de finances”. De fait, quand les ministres de l’Écologie perdaient jadis un arbitrage dans un dossier, ils pointaient invariablement la responsabilité de Matignon - qui tranchait in fine

On verra donc à ce moment-là si Elisabeth Borne est bel et bien devenue la responsable des objectifs climatiques et environnementaux de la France.

👀 Quels seraient les chantiers prioritaires ?

Ce n’est pas le choix qui manque - mieux vaut en rire. 😅

S’il devait y avoir néanmoins UNE priorité parmi les priorités, ce serait sans nul doute la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) au cours de la décennie à venir

En vérité, doubler le rythme de baisse de ces émissions - ainsi que le propose Emmanuel Macron - n’est pas suffisant. Il faudrait aller encore plus loin pour respecter l’Accord de Paris, dont on commence à se demander s’il a vraiment servi à quelque chose.

Vient ensuite le déploiement des énergies renouvelables - sur lequel la France accuse beaucoup de retard - la régulation des grandes entreprises avec des baisses d’émissions de CO2 obligatoires, la transition des secteurs reconnus comme étant les plus polluants (transports, agriculture, etc.), la rénovation énergétique des bâtiments, la protection de la biodiversité… Bref !

Au boulot. 👊

🙋 Ce qu’il faut retenir

Alors ? Elisabeth Borne ? Bonne ou mauvaise nouvelle pour la protection de l’environnement ? De tout notre coeur, nous voudrions répondre “oui”. Nous sommes optimistes, en dépit de l’existence de quelques sujets d’inquiétude… La vérité ? C’est que nous pensons qu’il vaut mieux ne pas attendre après les résultats de cette nomination, et agir de façon autonome. Individuellement. En commençant dès maintenant. 📅 Parce que, vraiment, c’est chaud les marrons. 🌰

Une bonne nouvelle ? Tout le monde peut agir. Et vous aussi. 😍 Si vous souhaitez contribuer à l’effort collectif et réduire les émissions de gaz à effet de serre de votre entreprise, vous n’auriez pas pu mieux tomber : contactez nos experts et réalisez dès à présent votre bilan carbone personnalisé.

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