GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 10

Le secteur du transport offre de multiples opportunités en matière de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Voici pourquoi.

Réchauffement climatique 🔥

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7/7/2022

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Sommaire

Ne tortillons pas : si nous voulons réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne couperons pas à de profonds changements dans le domaine du transport. 

Un chiffre ? En 2019, les émissions de GES de ce secteur s’élevaient à 8,7 Gt eqCO2. Au total, ces dernières représentaient ainsi 23 % des émissions mondiales de CO2 en rapport avec l’énergie

Plus spécifiquement, 70 % des émissions liées au transport étaient issues de l’usage des véhicules routiers. À titre de comparaison, “seulement” 1 % émanait du transport ferroviaire. 

Et il y urgence à trouver des solutions, quand on sait que les émissions générées par le transport maritime et l’aviation ne cessent de croître! 

En outre, les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur du transport augmentent plus rapidement dans les pays en développement qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Une tendance qui s’explique facilement, mais qui doit impérativement être enrayée. 

Voici les pistes explorées par le Chapitre 10 du rapport du GIEC.

👉 Nos résumés des précédents chapitres : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, chapitre 6, chapitre 7, chapitre 8 et chapitre 9.

🔍 Quelles pistes sont actuellement explorées pour réduire l’impact environnemental du secteur du transport ? 

Disons-le : dans ce domaine, il n’existe pas des milliers de solutions.

Pour réduire l’impact environnemental du secteur transport, il apparaît clairement que la gestion de la demande et le recours aux nouvelles technologies constituent tous deux des leviers indispensables.

Quelques exemples ? L’utilisation croissante de l’électromobilité dans le domaine du transport terrestre, ainsi que la mise à profit des nouvelles options incarnées par les biocarburants et les carburants à base d’hydrogène.

En outre, des changements systémiques et comportementaux doivent impérativement advenir. Le potentiel de ces changements a notamment été révélé par les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 : le développement massif du télétravail et l’évolution les comportements qui en a découlé ont amené à une réduction de nos déplacements quotidiens, lesquels ne sont pas négligeables en matière d’émissions de GES.

De la même façon, des changements peuvent être envisagés dans d’autres domaines : soutien de l’économie circulaire et des tendances de numérisation pouvant eux aussi favoriser des changements systémiques et de comportement, par exemple. 

Sur le plan structurel, les municipalités sont en mesure de réduire leur consommation de carburant dans le domaine du transport d’environ 25 %. 

Comment ? En associant une utilisation plus compacte des sols à la mise en place d’infrastructures de transport réduisant la dépendance vis-à-vis de nos véhicules. La création de sentiers piétonniers ou de pistes cyclables protégées constituent à ce titre des pistes solides. 

💨 En quoi l’usage des batteries électriques pourrait-il contribuer à réduire nos émissions ?

C’est un fait : les véhicules électriques à batterie (VEB) produisent moins de gaz à effet de serre que les véhicules à moteur à combustion (VEIC) - à condition que les VEB soient approvisionnés en électricité à faible teneur en carbone

L'électrification des véhicules personnels prend beaucoup de temps, cependant. À l’inverse, l’électromobilité se développe rapidement via le segment de la micro-mobilité (e-scooters, e-bikes, etc.). 

De fait, la disponibilité commerciale de batteries lithium-ion (BLI) a contribué à cette croissance. En outre, plus la production mondiale de batteries augmente, plus les coûts unitaires diminuent. Un bémol peut-être ? Il est nécessaire de fournir des efforts supplémentaires dans le cadre de la production de ces batteries, afin de réduire leur empreinte carbone.

De même, la croissance de l’électromobilité dans le domaine des transports terrestres implique des investissements supplémentaires en matière d’électricité, de tarification et d’infrastructure

En ce qui concerne les camions lourds terrestres, ces derniers pourraient être décarbonés via le transport électrique par batterie, mais aussi le recours aux carburants à base d’hydrogène et/ou de biocarburants. 

Ces mêmes technologies et l’utilisation accrue des systèmes ferroviaires électriques disponibles peuvent, par ailleurs, également venir soutenir la décarbonation des rails. 

Là encore, cependant, des défis sont à relever : distances de conduite, coûts d’immobilisation et d’exploitation, disponibilité des infrastructures… La durabilité des piles à combustible, le niveau élevé de consommation d’énergie et les coûts inhérents à l’ensemble de ces hypothèses constituent de réelles problématiques en vue de commercialiser les véhicules à pile à hydrogène. De fait, il serait alors crucial d’augmenter la capacité de production d’hydrogène à faible teneur en carbone.

Quid du transport maritime et aérien ? Dans ces deux domaines, la R&D est à l'œuvre, même si les biocarburants avancés, l’ammoniac et les carburants synthétiques incarnent d’ores et déjà de sérieuses pistes de réflexion. 

Les carburants à base de gaz naturel demeurant insuffisants en vue de décarboner ces segments, des combustibles à haute densité énergétique et à faible teneur en carbone s’avèrent en effet nécessaires. 

🚨 Pourquoi est-il urgent d’intervenir sur le secteur du transport ?

Tenez-vous bien : faute d’une action rapide, les émissions de CO2 émanant des transports pourraient augmenter de l’ordre de 16 à 50 % d’ici 2050.

En cause ? Une croissance continue de la demande en services de transport - marchandises et passagers confondus. Et ce, en particulier dans les pays en développement, majoritairement localisés en Afrique et en Asie

Tous les modes de transport sont concernés. En moyenne, les scénarios visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C estiment qu’une réduction de 59 % des émissions liées au transport doit être opérée d’ici 2050 (par rapport aux niveaux de 2020). 

❓ Pourquoi la production d’une énergie bas-carbone et de l’hydrogène est-elle cruciale pour la transition du secteur du transport ?

Des changements doivent être opérés en matière de carburant et de technologie. 

En bref, l’électrification est essentielle à la transition du transport terrestre. Mais cette électrification massive ne saurait être durable ou nous aider à réduire le niveau de nos émissions, faute de la mise en œuvre d’un modèle de production énergétique bas-carbone.

De leur côté, les biocarburants et l’hydrogène sont cruciaux pour la décarbonation du transport maritime et de l’aviation - voire même du fret dans certains cas. 

À noter : il est urgent de recourir à la planification en matière de demande d’énergie (transport, bâtiments et industrie confondus), afin de lutter contre une allocation inefficace des ressources énergétiques. 

📜 En quoi une évolution de la législation pourrait-elle aider à la transition écologique du secteur du transport ?

Au niveau local, la législation peut soutenir la mise en place de plans de transport locaux, impliquant ainsi un engagement des institutions locales en vue d’accompagner le changement du comportement des individus

Frais de stationnement, élimination des avantages liés aux voitures… Les possibilités sont vastes. En outre, la mise en œuvre de solutions communautaires - partage de l’énergie solaire, tarification communautaire, etc. - peuvent faciliter la transition vers des modèles moins émetteurs en carbone. 

À l’échelle régionale et nationale, la législation peut aussi développer des normes de rendement à l’égard des véhicules et du carburant. 

📝 Ce qu’il faut retenir

Sans transition dans le secteur des transports, point de transition écologique qui vaille. 

Au regard du niveau d’émissions significatif de ce secteur et de la tendance à la croissance qui se précise pour les années à venir, il est essentiel d’entamer notre transition vers des modèles de transport bas-carbone, afin que ces derniers servent de modèles aux pays en développement - où les infrastructures sont seulement en passe d’être construites.

En outre, le secteur du transport figure parmi ceux où les pouvoirs locaux disposent d’une influence non négligeable : outre le fait de favoriser autant que possible l’usage de moyens de transport peu polluants - en aménageant des pistes cyclables convenablement sécurisées, par exemple - les municipalités peuvent ainsi soutenir l’évolution des comportements également nécessaires à la transition de ce secteur clé.

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Écrit par
Ines Gendre

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