GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 3

Le 4 avril 2022, le GIEC a dévoilé la dernière partie de son sixième rapport. Aujourd’hui, nous répondons à 5 questions pour mieux comprendre le Chapitre 3.

Réchauffement climatique 🔥

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minutes de lecture

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20/5/2022

montagne enneigée

Sommaire

Une nouvelle semaine = un nouvel article qui résume le sixième rapport du GIEC ! Si vous découvrez cette série d’articles, sachez que chez Greenly, nous nous sommes lancés un défi de taille : rendre ce rapport crucial, accessible et compréhensible par tous. Ne tardons plus et découvrons les informations qu’il faut retenir du Chapitre 3. 👋

👉 Si vous avez loupé les deux premières parties de notre série, retrouvez nos résumés du chapitre 1 et du chapitre 2 !

👀 À quoi ressemblerait le monde sans la mise en œuvre de politiques climatiques ?

On ne va pas passer par quatre chemins : sans grande politique climatique, l’avenir ne s’annonce pas radieux - c’est le moins que l’on puisse dire. 😔

Si nous ne changeons rien à nos modes de vie et poursuivons nos politiques actuelles, la hausse de température mondiale pourrait atteindre 2,4 °C à 3,5 °C d’ici 2100. 💥

Il ne faut pas prendre ces prévisions à la légère : au premier abord minimes, ces chiffres sont loin d’être insignifiants, puisqu’ils perturberaient tout notre écosystème. 

Pire : ils auraient des conséquences désastreuses dans le monde entier (sécheresse, canicule, pénurie, montée des eaux, submersion, etc.). 

En ce sens, des territoires entiers deviendraient inhabitables, entraînant d’importants flux migratoires et de futurs conflits armés potentiels. ⚔️

Mais quelle est la cause de tous ces bouleversements ? Pourquoi ces scénarios sont-ils si pessimistes ?

En fait, les facteurs d’émissions prennent en compte deux éléments principaux :

  • la croissance de la population, qui pourrait atteindre 8,5 à 9,7 milliards en 2050 ;
  • l’augmentation du PIB mondial, qui serait de l’ordre de 2,7 à 4,1 % par an entre 2015 et 2050.

Dans ce contexte, l’un de ces principaux problèmes est lié à la hausse de la demande finale d’énergie - en l’absence de nouvelles politiques climatiques.

En supposant que nous ne parvenions pas à faire évoluer nos sociétés vers un modèle durable, le réchauffement climatique pourrait atteindre des niveaux dramatiques, supérieurs à 5 °C d'ici à 2100. 🔥

😶 Avons-nous une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C ?

Oui, mais nous manquons de temps. ⏳ En effet, depuis plusieurs années, de nombreux modèles ont été développés, nous montrant comment limiter le réchauffement climatique à 2 °C ou idéalement à 1,5 °C - par rapport à l’époque industrielle. 

Mais ne soyons pas naïfs : plus le temps passe, plus nos chances de limiter la hausse de la température mondiale à l’un de ces deux niveaux s’amenuisent. 

De plus, entre-temps, nos émissions de gaz à effet de serre (GES) continuent d’augmenter - et même si le rythme de cette croissance ralentit quelque peu -, cela conduit à des émissions plus élevées à court terme (c’est-à-dire  en 2030) et à des émissions cumulées de CO2 plus élevées jusqu’à l’atteinte du Net Zero.

Bref : il est temps d’agir. Le temps de la réflexion est écoulé. Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement, nécessite une forte accélération du rythme de la transition. 🏃

Nous sommes déjà sur le point de rater le coche. En effet, si nous suivons les Contributions déterminées au niveau national (CDN) actuelles, il pourrait être impossible d’empêcher le réchauffement à 1,5 °C. À vrai dire, limiter le réchauffement à 2 °C pourrait aussi devenir très difficile. 

Après avoir suivi les CDN jusqu’en 2030, le rythme des réductions mondiales des émissions de GES devrait s’accélérer « à une moyenne de 1.3-2.1 GtCO2-eq par an entre 2030 et 2050 - ce qui est similaire aux réductions mondiales des émissions de CO2 en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 ».

Néanmoins, le rapport du GIEC est on ne peut plus clair : accélérer les réductions d’émissions après avoir suivi les trajectoires actuelles des CDN jusqu’en 2030 serait particulièrement difficile « en raison de la poursuite du développement des infrastructures de combustibles fossiles, qui devrait avoir lieu d’ici 2030 ».

🎯 Quels sont les objectifs à atteindre pour limiter le réchauffement à 1,5 °C ?

Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement, nous devons atteindre 50 % de réduction des émissions de CO2, idéalement dans les années 2030 (par rapport à 2019). Par la suite, nous devrons continuer à réduire ces émissions pour finalement atteindre Zéro émission nette de carbone dans les années 2050.

Objectif d'évolution des émissions et des puits de GES en France entre 2005 et 2050
À l’heure actuelle et en considérant l’objectif de 2 °C, nous devrions atteindre 50 % de réductions dans les années 2040 et le Net Zero d’ici 2070.

Avouons-le, il y a travail. Beaucoup de travail. 😬

De plus, les trajectoires qui visent à limiter le réchauffement à 2 °C - et moins - impliquent des réductions d’émissions provenant de tous les secteurs.

Accrochez-vous à vos chaises : suivant les trajectoires de 1,5 °C, les réductions d’émissions de CO2 projetées - qui doivent être réalisées entre 2019 et 2050 - sont d’environ :

  • 77 % pour la demande d’énergie ;
  • 115 % pour l’approvisionnement énergétique ; 
  • 148 % pour l’agriculture, la foresterie et les autres utilisations des terres (c’est-à-dire, le secteur AFOLU).

Concernant les trajectoires de 2 °C, les réductions d’émissions de CO2 devraient atteindre environ :

  • 49 % pour la demande d’énergie ;
  • 97 % pour l’approvisionnement énergétique ;
  • 136 % pour l’AFOLU.

Ces réductions peuvent être obtenues grâce à une électrification accrue des bâtiments, des transports et de l’industrie, à partir de technologies à faibles ou sans carbone, « avec différentes parts de nucléaire, de biomasse, d’énergies renouvelables sans biomasse, ainsi que la capture et le stockage de carbone ».

💨 Le déploiement à grande échelle des puits de carbone est-il susceptible de nous sauver ?

L’élimination directe du carbone (CDR) grâce aux puits de carbone serait vraiment utile pour aider à lutter contre le changement climatique et le réchauffement climatique. Malheureusement, ce n’est pas suffisant. 😔

En fait, les trajectoires qui pourraient limiter le réchauffement à 2 °C ou moins impliquent le CDR, afin de compenser les émissions résiduelles de GES - c’est-à-dire, celles qui restent après des réductions substantielles d'émissions directes dans l’ensemble des secteurs et des régions.

Concrètement, le CDR permettrait principalement d’accélérer le rythme de réduction des émissions de CO2 et de compenser les émissions résiduelles. Les différentes possibilités à notre disposition impliqueraient la bioénergie avec capture et stockage du carbone (BECCS), le reboisement et la capture directe de l’air avec stockage du carbone (DACCS). 

Mais attention à ne pas compter entièrement sur les puits de carbone ! ⚠️ Au fil des années, ils peuvent saturer. Nos océans, par exemple, ne peuvent presque plus jouer leur rôle de puits de carbone, car ils ont absorbé trop de CO2 depuis la révolution industrielle.

📊 La lutte contre le changement climatique aura-t-elle un impact sur le PIB mondial ?

Oui. Limiter le réchauffement à 2 °C impliquerait des pertes de PIB mondial « par rapport à des scénarios de référence compris entre 1,3 et 2,7 % en 2050 ». 📉

Suivant les trajectoires qui limitent le réchauffement à 1,5 °C, ces pertes sont comprises entre 2,6 et 4,2 %. 

MAIS, ces chiffres ne reflètent pas tous les avantages économiques qu’impliquerait l’atténuation du changement climatique. En effet, faire face à n’importe quel type de catastrophe climatique est généralement synonyme de coûts de reconstruction ou d’indemnisation colossaux ! 🏗

De plus, les avantages économiques sur la santé humaine - dus à l'amélioration de la qualité de l’air, par exemple - pourraient être plus ou moins équivalents aux coûts d’atténuation. « Potentiellement encore plus grande », comme l’indique le rapport du GIEC.

📝 Que faut-il retenir de ce Chapitre 3 ?

Avouons-le, il est temps de se réveiller. Si nous devions comparer cette situation à quelque chose de plus anodin, nous pourrions dire que notre réveil sonne depuis longtemps… Trop longtemps. ⏰

Pour faire court : agissons ! 👊

Soit, la situation est encore récupérable, mais elle ne le sera plus dans quelques mois. Aujourd'hui, limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C - un seuil élevé, contrairement à ce qu’il paraît - serait un tour de force. Mais nous n’avons pas le choix. De plus, nous avons des atouts pour accompagner nos sociétés dans cet effort - les puits de carbone notamment.

Alors qu’attendons-nous ? 🤔

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Écrit par
Ines Gendre

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