GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 4

Il y a quelques semaines, le troisième volet du rapport du GIEC était rendu public. Voici 5 questions pour en comprendre simplement le Chapitre 4.

Réchauffement climatique 🔥

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27/5/2022

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Sommaire

Semaine après semaine, nous décortiquons les différents chapitres du sixième et dernier rapport du GIEC, rendu public il y a de cela quelques semaines. L’idée ? En extraire 5 questions et vous aider à comprendre de façon simple les informations clés qui se dégagent de ce fameux rapport. 💪

Alors ? Qu’en est-il du chapitre 4 ? Aujourd’hui, nous nous concentrons sur l’accélération de la lutte contre le changement climatique, ainsi que sur l’évolution de nos modèles vers un schéma durable - en particulier à l’échelle nationale. 

Qu’est-ce que cela signifie? Jetons donc un coup d’œil ! 👀

👉 Si vous avez manqué nos trois premiers résumés, n’hésitez pas à les consulter : chapitre 1, chapitre 2 et chapitre 3.

❓ Quel est le problème avec les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) ? 

Il y a ce que l’on appelle des “écarts d'émissions". Tel que défini par le GIEC, un écart d’émissions correspond à la différence entre les objectifs définis par les CDN à horizon 2030 - en termes de niveau d’émissions de gaz à effet de serre (GES) - et les modèles développés en vue de cantonner la hausse de la température mondiale. En d’autres termes, en vue de cantonner cette hausse à 1,5 °C (maximum 2 °C). 

Mauvaise nouvelle ? Ces écarts d’émissions sont eux-mêmes exacerbés par des “écarts de mise en œuvre”, lesquels se réfèrent à la différence entre les objectifs déterminés et les moyens déployés en vue de les atteindre. 😭

Dans le présent rapport, le terme désigne spécifiquement l’écart entre les engagements pris au niveau des CDN et ce que nous pouvons espérer des politiques qui ont été mises en place jusqu’alors.

En bref ? Les CDN actuellement en vigueur ne sont pas suffisantes pour contenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2 °C, et les politiques actuellement en place ne sont pas même suffisantes pour respecter les CDN définies. 😬 Disons-le : c’est lunaire.

Nous sommes à des années lumière de respecter les objectifs fixés par l’Accord de Paris en 2015.

En outre, le rapport souligne que “les perturbations provoquées par l’épidémie de COVID-19 accroissent le niveau d’incertitude quant aux [précédentes] projections”. Comprenez : les projections établies avant la pandémie. Autrement dit, les niveaux d’émissions que nous étions supposés respecter depuis 2020 pourraient avoir littéralement implosé.

Les chiffres ne sont pas encourageants a priori - mais il est encore un peu tôt pour dresser un bilan. 🙏 À ce sujet, un grand nombre d’études tendent à démontrer que les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur nos niveaux d’émissions de gaz à effet de serre dépendront grandement des politiques de relance ayant été mises en œuvre à travers le monde.

📈 Pourquoi parlons-nous d’une “gestion accélérée” de la crise climatique ? 

Compte tenu de ces écarts à foison, il est plus que jamais primordial de se pencher sur une “gestion accélérée” de la crise climatique - par rapport aux CDN et politiques précédemment établies. 

De façon plus triviale, il est grand temps de se filer un coup de pied à l'arrière-train. 😊

Mais quelles seraient les implications de cette fameuse “accélération” ? En effet, loin de demeurer théorique, ladite accélération fait l’objet de véritables études et modèles de projection, en vue de la mettre en œuvre techniquement.

Parmi les différentes approches suggérées, on peut citer les changements d’ordres technologiques et institutionnels, tels que la décarbonation du secteur de l’électricité et l’alimentation bas-carbone de nos bâtiments, de notre industrie ou de nos transports.

Ne nous leurrons pas, cependant : même si un sérieux examen vis-à-vis de notre approvisionnement et de notre usage de l’énergie est nécessaire, il n’est pas suffisant en lui-même. Le domaine de l’alimentaire compte par exemple lui aussi parmi les principaux points de vigilance mentionnés par ce rapport.

👉 À noter : pour être efficace, le rapport du GIEC souligne le fait que la transition vers un modèle de société et d’économie durable ne saurait être pertinente, faute de prendre en considération les éléments de contexte propres à chaque pays. De fait, chacun d’entre eux dispose de conditions politiques et économiques propres, ne les plaçant pas sur un pied d’égalité vis-à-vis de la transition écologique. De la même façon, les conditions climatiques ne sont pas identiques d’un pays à l’autre - impliquant des besoins différents en termes de chauffage et de climatisation, ou encore de dotation en ressources énergétiques.

✅ En quoi ces modèles de transition sont-ils bénéfiques ?

Les modèles de transition vers un modèle durable nous permettent : 

  • de développer la variété des leviers permettant de lutter contre le réchauffement climatique ; 
  • d’accroître nos chances d’opérer des avancées à la fois sur le volet climatique, mais aussi sur le volet du développement au sens large. 

👉 À noter : la façon dont les pays se développent - sur le plan économique, en particulier - influe sur leur capacité à contribuer à la lutte contre le changement climatique et à atteindre leurs propres objectifs de développement durable au sens large (réduire les inégalités, la pauvreté, etc.).

Même si ces fameux modèles de transition dépendent d’un grand nombre d’acteurs, les politiques mises en place ont une influence considérable sur la propension de ces derniers à rencontrer le succès dans leur concrétisation.

De fait, certaines synergies prévues en amont pourraient contribuer à l’atteinte d’objectifs simultanés - tant sur le plan écologique qu’ailleurs

L’idée ? Que la transition écologique s’accompagne d’une solide politique liée à l’emploi, par exemple. 

Bien évidemment, une telle stratégie impliquerait de coordonner l’ensemble des parties prenantes : individus, collectifs, entreprises, institutions, etc. D’où la difficulté d’exécution. 💢

🏆 En quoi la notion d’équité est-elle déterminante en vue de réussir la transition écologique de notre société ?

L’équité est liée à la répartition entre coûts et bénéfices. Plus spécifiquement : comment ces derniers sont-ils distribués au travers de contrats, de politiques d’envergure nationale, d’accords internationaux, etc.

Nous l’avons vu : la transition n’est pas sans conséquences sur l’emploi ou l’économie d’un pays.

Pour cette raison, l’équité de la transition écologique doit incarner un point de vigilance. L’efficacité même de la coopération entre les parties prenantes à cette transition peut être directement impactée par ce facteur. 

En vérité, cela tombe sous le sens : si l’une des parties se sent flouée de quelque manière que ce soit, il y a fort à parier que le consensus autour d’efforts de grande importance se trouvera remis en question. 😡 C’est aussi simple que ça.

👉 À noter : même si cela ne fait pas plaisir à entendre ou à lire, des efforts d’envergure doivent être considérés, si nous voulons cantonner la hausse de la température mondiale. D’où la nécessité de fédérer les nations autour de ce but commun, en ne laissant personne de côté.

Concrètement, cela signifie que la communauté internationale doit accélérer la décarbonation et élargir la portée des politiques en faveur de la lutte contre le changement climatique. Cependant, il est primordial de ne pas perdre de vue que certains changements prendront du temps - le changement des mentalités et des habitudes des populations, par exemple.

Pour cette raison, les mesures susceptibles d’être mises en œuvre rapidement doivent l’être sans autre forme de délai. Améliorer l’accès au financement durable et soutenir les pays en difficulté face à cette transition écologique, notamment.

📝 Quelles sont les 7 mesures suggérées par le GIEC pour accélérer efficacement la lutte contre le changement climatique ? 

Le rapport du GIEC propose 7 mesures pour amorcer une lutte efficace contre le changement climatique : 

  • décarboner l’approvisionnement en électricité pour atteindre rapidement la neutralité carbone ; 
  • optimiser l’utilisation de l’énergie ; 
  • électrifier certains secteurs comment le transport ; 
  • réduire l’utilisation des combustibles fossiles ; 
  • opter pour le recours à d’autres combustibles à faible teneur en carbone (hydrogène, bioénergie, ammoniac) dans les secteurs difficiles à décarboner ; 
  • promouvoir la bioénergie, la réduction de la demande, les changements alimentaires, etc. ; 
  • fixer des objectifs ambitieux pour réduire le méthane et d’autres énergies de courte durée de vie. 

📌 Ce qu’il faut retenir…

L’un des principaux problèmes soulignés par le quatrième chapitre du rapport du GIEC est que les objectifs définis par les CDN ne sont pas suffisants pour contenir la hausse de la température mondiale. Pire : les politiques mises en œuvre pour atteindre ces objectifs ne sont elles-mêmes pas suffisantes. 

Si nous voulons inverser la tendance et combattre efficacement le réchauffement climatique, nos dirigeants doivent considérer de nouveaux leviers d’action, dans des domaines qui n’ont jusqu’alors pas été impliqués dans la lutte en faveur de l’écologie”. 

Enfin, il est important de rappeler qu’aucune politique climatique ne saurait être efficace faute de prendre en considération la notion d’équité et les besoins (ou contraintes) spécifiques à chaque région du monde.

🌳 Entamez votre transition vers un modèle durable : calculez votre empreinte carbone ! 

Et vous ? Voulez-vous que votre entreprise contribue, elle aussi, à la lutte contre le réchauffement climatique ? Si la réponse est oui, n’attendez plus - la situation l’exige : contactez nos experts et réalisez sans plus attendre votre bilan carbone personnalisé.

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