GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 6

Pour enrayer le réchauffement climatique, nous devons réduire les émissions de CO2 liées à la production d'énergie. Voici comment.

Réchauffement climatique 🔥

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10/6/2022

etoiles

Sommaire

Lorsque l’on parle de développement durable, le sujet de l’énergie n’est jamais loin. De même que les débats sur cette épineuse question. 🌹 Comment pouvons-nous entamer la transition énergétique de nos sociétés, tout en nous assurant de continuer à répondre aux besoins de notre économie et de notre population ?

Si cette question est évidemment légitime et doit se voir proposer une réponse à la hauteur des enjeux, cela n’édulcore en rien la gravité de la situation liée au réchauffement climatique. Plus encore : l’urgence de la situation. Traduction ? Cette question doit être traitée aussi tôt que possible. 

Il n’existe pas d’alternative : si nous voulons cantonner la hausse de la température mondiale à 1.5°C (2°C maximum), nous devons réduire les émissions de CO2 associées à la production d’énergie. Sans plus attendre. Et c’est précisément le sujet du Chapitre 6 du rapport du GIEC. 

Voici cinq questions pour vous aider à comprendre simplement ses recommandations.

👉 Au besoin, consultez nos résumés des précédents chapitres : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4 et chapitre 5.

🎯 De combien devons-nous réduire les émissions liées à la production d’énergie pour limiter le réchauffement climatique à 2° C ou moins ? 

Nous n’allons pas tourner autour du pot : le réchauffement climatique ne pourra pas être limité à 2° C sans que des réductions massives dans le domaine de l’énergie ne soient opérées très bientôt. 

Quelques chiffres ? Si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1.5 °C, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au domaine de l’énergie doivent diminuer de 87 à 97% d’ici 2050.

Et à horizon 2030 ? Là encore, pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, nos émissions de CO2 doivent diminuer de 35 à 51 % et nos émissions de gaz à effet de serre de 38 à 52%. 

Pour faire simple : les émissions de CO2 du secteur de l’électricité doivent tomber à zéro entre 2045 et 2055. Aouch. 

Ne faites pas cette tête-là : nous savons que ces chiffres sont colossaux. Mais aussi fou que cela puisse peut-être vous sembler, ils ne sont pas irréalistes. Si, si.

En vérité, nous avons les connaissances et les outils nécessaires à la réalisation de ces objectifs. Il s’agit cependant d’accepter d’entreprendre ces changements - qui, c’est vrai, bousculent un peu le confort dans lequel nous nous prélassons depuis des décennies. 

C’est vrai : pour limiter le réchauffement climatique à 1.5 °C (maximum 2°C) nous devons consentir à opérer un changement profond de notre modèle énergétique sur les 30 ans à venir. 

La to-do list est la suivante : 

  • mettre un terme à notre dépendance aux énergies fossiles ;
  • augmenter la production d’énergie à partir de ressources énergétiques bas-carbone ;
  • développer l’utilisation de l’électricité et d'autres sources d’énergie de remplacement. 

Dans les faits, les sources bas-carbone devront être en mesure de produire 93 % à 97 % de la demande d’énergie mondiale en 2050. 

📌 Quelles sont les principales caractéristiques des systèmes énergétiques Net Zéro ?

Les systèmes énergétiques Net Zéro partagent certaines caractéristiques : 

  • des systèmes électriques qui ne produisent pas de CO2 ou l’éliminent de l’atmosphère ;
  • l’électrification généralisée des “postes” d’utilisation finaux (transport léger, chauffage, etc.) ;
  • une utilisation plus faible des combustibles fossiles ;
  • l’utilisation de solutions énergétiques de remplacement (hydrogène, bioénergie et ammoniac) pour remplacer les combustibles fossiles, en particulier dans les secteurs moins compatibles avec l’électrification ;
  • une utilisation plus efficace de l’énergie ;
  • une meilleure intégration du système énergétique entre les régions ;
  • l’élimination systématique des émissions résiduelles de CO2.

À noter : l’approche vis–à-vis de ces nouveaux modèles variera bien sûr en fonction du contexte propre à chaque pays.

💵 En quoi le passage aux énergies renouvelables constitue-t-il désormais une opportunité financière?

La réponse est simple : les prix de ces nouveaux modèles énergétiques ont drastiquement chuté sur les cinq dernières années - en particulier pour le solaire photovoltaïque, l’éolien et les batteries.

De 2015 à 2020, les prix de l’électricité produite par le solaire photovoltaïque ont baissé de 56 %, par exemple. 

En conséquence, l'électricité solaire (mais aussi celle produite par l’éolien et les batteries) est maintenant moins chère que l’électricité produite par les énergies fossiles, et ce, dans de nombreuses régions.

Une autre bonne nouvelle ? Les véhicules électriques devraient eux aussi suivre cette tendance : leurs prix sont de plus en plus compétitifs grâce aux moteurs à combustion interne. Idem pour le stockage des batteries propres à nos réseaux électriques.

Mais après tout, cela semble logique : en raison de la pression exercée par la société - et parfois par le monde politique - pour limiter le recours aux énergies fossiles, la baisse des taux d’intérêt et de prix a peu à peu favorisé le déploiement de l’éolien et du solaire.

En 2019, le solaire photovoltaïque et l’éolien comptaient pour 21 % de la production totale d’électricité bas-carbone - et 8 % de la production totale d’électricité.

Cependant, il est aussi important de souligner que beaucoup d’aspects de notre système énergétique actuel - les infrastructures, les lois et l’attitude des consommateurs - évoluent encore avec lenteur.

Et quel dommage, quand on sait que la transition vers un modèle énergétique bas-carbone apporterait son lot de nouvelles opportunités en matière d’investissement et d’économie.

À noter : les changements climatiques « affecteront de nombreux futurs systèmes énergétiques locaux et nationaux à faibles émissions de carbone ». La production hydroélectrique, la bioénergie et les rendements agricoles, l’efficacité des centrales thermiques et les demandes de chauffage et de refroidissement seront modifiés. Et cela aura une incidence sur l’infrastructure du réseau électrique. Mais le changement climatique « n’affectera pas les ressources éoliennes et solaires au point de compromettre leur capacité à réduire les émissions ». D’où l’intérêt d’investir dans ces deux domaines.

📢 Que devons-nous faire pour réduire efficacement nos émissions dans le domaine de l’énergie ?

Le changement que nous devons opérer dans le domaine de l’énergie ne saurait être isolé. Traduction? Ce n’est pas seulement une question d’ordre technique. 

Le rapport du GIEC souligne qu’ « il ne sera pas possible de déployer à grande échelle [un nouveau système énergétique] sans s’attaquer aux facteurs géophysiques, environnementaux-écologiques, économiques, technologiques, socioculturels et institutionnels qui peuvent faciliter ou entraver leur mise en œuvre ». 

Dans ce contexte, une approche globale est nécessaire pour réduire nos émissions au cours des prochaines années. 

Ceci n’est pas un détail : nous jetons ici les bases de notre potentiel de réduction de nos émissions au-delà de 2030. 

Soyons clairs : les options ne manquent pas. Plusieurs options alternatives d’approvisionnement en énergie sont déjà disponibles. Si nous voulons réduire nos émissions de GES au cours de la prochaine décennie, nous le pouvons. 

De fait, l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité sont des technologies d’ores et déjà établies. En outre, l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne sont maintenant moins chères que l’électricité produite à partir de combustibles fossiles dans de nombreux domaines. 

Une dernière chose ? La bioénergie représente déjà un dixième de l’énergie primaire mondiale. 

💡 Comment pouvons-nous accélérer la mise en place d’un système énergétique bas-carbone ?

Pour faire simple, le rapport souligne l’importance d’une meilleure coopération entre les secteurs et les échelles du système énergétique. En effet, une telle configuration permettrait de réduire les coûts et de faciliter la transition vers des systèmes énergétiques bas-carbone. 

Plus précisément, une plus grande coopération entre le secteur de l’électricité et ce que nous appelons les « secteurs d’utilisation finale » pourrait faciliter l’intégration des options d’énergie renouvelable variable (ERV). Dans un tel contexte, les nouveaux systèmes énergétiques pourraient alors être facilement intégrés à l’échelle régionale, nationale et internationale. 

Une dernière chose ? La rapidité et la portée d’une « transition du système énergétique » sont étroitement liées à sa propension à soutenir d’autres objectifs de développement durable (ODD). 

Parmi ces objectifs, citons l’accès à l’énergie, la pollution de l’air et de l’eau, la santé, la sécurité énergétique, la sécurité de l’eau, la sécurité alimentaire, la prospérité économique, la compétitivité internationale, mais aussi l’emploi. 

📝 What do you need to remember?

La demande et les émissions du secteur de l’énergie n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. « De 2015 à 2019, la consommation finale d’énergie mondiale a augmenté de 6,6 % ». Pire : « les émissions totales de GES provenant de l’approvisionnement énergétique ont augmenté de 2,7 % ». 

Regardons les choses en face : la tendance n’est pas bonne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes à la croisée des chemins. Si nous n’arrêtons pas cette demande croissante, ou si nous ne prenons pas de décisions fermes pour amorcer notre virage en direction des énergies renouvelables, limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C demeurera hors de notre portée.

Oui, la baisse de l’intensité énergétique dans de nombreuses régions est réelle. Hélas, elle est annulée par une augmentation en parallèle de la consommation d’énergie.

Alors : que pouvons-nous faire ? 

En tant que consommateurs, nous devons réduire notre consommation d’énergie. Nos gouvernements, quant à eux, doivent initier sans plus attendre la transition énergétique de leurs pays respectifs, en jetant les bases d’un nouveau système fondé sur les énergies renouvelables.

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