GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 7

Le secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres peut nous aider à réduire nos émissions de GES. Voici comment.

Réchauffement climatique 🔥

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14/6/2022

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Sommaire

AFOLU, quèsaco ? Ne partez pas si vite ! Derrière cet acronyme compliqué se cache en fait un potentiel majeur de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Si, si. 😉 L’Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres (ou “Agriculture, Forestry and Other Land Uses” (AFOLU) en anglais) est un vaste domaine englobant donc l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie (UTCATF). On sait : trop d’acronymes tue l’acronyme, mais ça nous permettra de faire des phrases courtes dans cet article. ✌ L’AFOLU regorge d’opportunités en vue de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Et c’est le sujet du Chapitre 7 du dernier rapport du GIEC. Voici cinq questions pour tout comprendre à ce sujet.

👉 Nos résumés des précédents chapitres : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5 et chapitre 6.

💭 En quoi le secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres (AFOLU) peut-il contribuer à l’élaboration d’un modèle économique durable ?

Parce qu’il remplit une double fonction - à condition, bien sûr, d’opérer préalablement sa propre transition vers un modèle durable. 😏

Dans ce contexte, le secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres nous offrirait de belles opportunités d’évolution vers un modèle de société durable tout en fournissant aliments, bois et autres ressources renouvelables - sans parler d’une biodiversité renouvelée.

Plus spécifiquement, opérer une transition dans le domaine de l’AFOLU nous aiderait grandement à réduire nos émissions de dioxyde de carbone (CO2), éliminer nos émissions résiduelles et amorcer la transition dans les autres secteurs d’activité.

👉 À savoir : lorsqu’elle est mise en œuvre avec soin et de façon appropriée, la transition du secteur de l’AFOLU est susceptible d’offrir d’importants avantages connexes et de contribuer à relever certains défis plus vastes - associés à la problématique de la gestion des terres, par exemple. 

Cela dit, pas de précipitation : avant d’entamer la transition du secteur de l’AFOLU, certaines lacunes - en matière de connaissances notamment - doivent être comblées. Elles concernent majoritairement la définition et la mise en pratique des options de transition liées à l’AFOLU.

Les priorités de recherche concernent : 

  • l’optimisation de la quantification des flux de GES anthropiques et naturels, mais aussi de la modélisation des émissions ;
  • les impacts du changement climatique dans le domaine de l’AFOLU ;
  • la permanence et l’additionnalité des mesures d’atténuation estimées. 

L’objectif ? Appréhender convenablement les circonstances locales et les facteurs socioéconomiques inhérents à chaque région, ainsi que les potentielles synergies qui pourraient voir le jour. Ce travail est essentiel en vue d’élaborer des réponses appropriées en matière de politique et de gestion des terres à l’échelle nationale et locale. 

Personne ne doit être lésé : il s’agit de contribuer à la conservation de la biodiversité, au fonctionnement des écosystèmes, aux moyens de subsistance de millions d’agriculteurs et de forestiers, et à de nombreux autres objectifs de développement durable (ODD). 

❓ Quelle quantité de gaz à effet de serre (GES) le secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres émet-il actuellement ? 

Entre 2010 et 2019, le secteur de l’AFOLU représentait en moyenne 13 à 21 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre anthropiques (GES). Dans le même temps, les écosystèmes terrestres naturels et “gérés” constituaient un puits de carbone, absorbant environ un tiers des émissions anthropiques de CO2.

Pas mal, nous direz-vous ? Oui. 😁 Mais gare à l’amalgame.

Certes, le potentiel du secteur de l’AFOLU en matière de transition est élevé. Oui, il constitue un puissant levier à court terme - à un coût relativement faible. MAIS il est impossible que ce dernier (aussi vertueux soit-il) fasse le travail des autres secteurs. L’AFOLU n’est pas en mesure de compenser les réductions d’émissions que d’autres rechignent à faire.

En moyenne, on estime que le secteur de l’AFOLU peut fournir 20 à 30 % des efforts de réduction d’émissions à l’échelle mondiale - en vue de cantonner la hausse de la température à 1,5 voire 2° C en 2050. 

Autre bémol ? Si le potentiel de réduction du domaine de l’AFOLU est connu depuis des décennies, la mise en œuvre de sa propre transition demeure lente - trop lente. Les tendances observées en matière d’émissions indiquent ainsi des progrès insatisfaisants, 😭 malgré les contributions d’ores et déjà opérées.

Entre 2010 et 2019, le secteur de l’AFOLU a contribué à diminuer nos émissions de 0,65 GtCO2 an-1, soit 1,4 % des émissions brutes mondiales… De fait, seuls quelques secteurs ont fait l’objet d’évolutions : en l’occurrence, plus de 80 % de la réduction de ces émissions était attribuable aux mesures forestières. 

💪 Concrètement, que peut-on faire ? 

La protection, l’amélioration de la gestion et la restauration des forêts, des tourbières, des terres humides côtières, des savanes et des prairies nous offrent le plus gros potentiel de réduction de nos émissions de GES (dans le secteur de l’AFOLU). 

L’agriculture est le second et repose sur la gestion du carbone des terres cultivées et des prairies, l’agroforesterie, l’utilisation de biochar, l’amélioration de la culture du riz et la gestion du bétail et des éléments nutritifs.

👉 À noter : il va sans dire que des changements opérés en matière de demande - la diminution de notre consommation de viande, l’évolution vers des régimes alimentaires durables, la réduction du gaspillage alimentaire, etc. - contribueraient grandement à accélérer la transition dans le domaine de l’AFOLU.

💣 Quelles sont les barrières potentielles à la mise en place et au succès d’un modèle durable dans le domaine de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres ? 

Un enjeu : la faisabilité économique et politique de la transition du secteur de l’AFOLU. En effet, le financement de ladite transition est l’une des principales barrières existantes.

Actuellement, les efforts dans ce domaine reposent en grande partie sur les ressources gouvernementales et quelques autres mécanismes de financement… Lesquels ne fournissent cependant pas suffisamment de fonds pour permettre une mise en œuvre rapide - hélas. 

👉 À noter : les différences observées en matière de valeurs culturelles, de gouvernance et d’institutions peuvent aussi incarner des obstacles.

De plus, gare au changement climatique lui-même ! 😨 A terme - et si nous n’agissons pas assez vite - celui-ci pourrait mettre en péril les stratégies développées dans le domaine de l’AFOLU (grandement dépendant des conditions climatiques).

En effet, la disparition de notre biodiversité engendre des écosystèmes moins résilients aux aléas du changement climatique. 

Pas d’écosystème, pas de potentiel de réduction - et d’élimination - dans le secteur de l’AFOLU.

📑 Existe-t-il un ou des pré-requis pour opérer une transition durable dans le domaine de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres ? 

Oui. Et pas des moindres. 😅 

Opérer une transition durable dans le domaine de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres requiert d’abord un effort concerté et solide de l’ensemble des parties prenantes : décideurs, investisseurs, propriétaires, gestionnaires fonciers, etc.

Au total, on estime ainsi que plus de 400 milliards de dollars EU seront nécessaires pour réaliser “seulement” 30 % des efforts requis à l’échelle mondiale. Ça fait quand même une sacrée cagnotte Leetchi… 

En ce sens, une réorientation progressive des subventions agricoles et forestières serait d’une grande aide. De même, des plans nationaux d’investissement dans le cadre des contributions nationales déterminées (CDN) sont essentiels pour agir au niveau local, et ainsi permettre le déploiement de solutions dans le domaine de l’AFOLU. 

👉 À noter : ces interventions ne sont efficaces que si elles prévoient des programmes de financement, ainsi qu’un soutien à long terme dans la mise en œuvre de ces solutions. Ici, l’initiative des gouvernements doit se voir adjoindre le soutien de bailleurs de fonds privés et d’acteurs non étatiques. 

🔍 Ce qu’il faut retenir

Il y a du boulot ? Oui, on ne va pas dire le contraire. 😆

Ceci étant dit, nous avons tout lieu de nous réjouir, puisque se trouve sous nos yeux l’un des meilleurs leviers que nous puissions exploiter en vue d’amorcer la réduction de nos émissions.

Seul, le secteur de l’AFOLU n’est pas suffisant. En revanche, il constitue une priorité, dans la mesure où nos écosystèmes sont grandement menacés par le changement climatique. Or, sans écosystèmes, le secteur de l’AFOLU peut difficilement survivre.

Par ailleurs, la transition opérée dans ce domaine peut nous permettre de soutenir ensuite la transition d’autres secteurs d'activité, tout en contribuant à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) définis par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Une forme de strike, en quelque sorte.

🍀 Qui sommes-nous ?

L’AFOLU, ce n’est pas tout. Tout le monde peut agir, y compris les entreprises, et ce, quel que soit leur domaine d’activité. Vous souhaitez en être ? Contactez nos experts et réalisez votre bilan carbone dès à présent !

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