GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 8

L’expansion des zones urbaines est une formidable opportunité en matière de développement durable. Découvrez pourquoi !

Réchauffement climatique 🔥

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22/6/2022

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Sommaire

Peut-être peinez-vous à imaginer que l’urbanisation soit compatible avec le développement durable ou la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) - telle que préconisée par le GIEC afin d’enrayer la hausse de la température mondiale. Et pourtant : nos villes en tant que telles regorgent d’opportunités. C’est d’ailleurs tout l’objet du Chapitre 8 de ce fameux rapport remis en avril dernier. 

👉 Nos résumés des précédents chapitres : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, chapitre 6 et chapitre 7.

🙋 Quels sont les principaux enjeux liés à la croissance de la population urbaine ?

Dans les années à venir, la croissance de la population urbaine concernera majoritairement les pays en voie de développement - là où les émissions de GES par habitant sont encore relativement “basses”. Ces émissions, cependant, sont appelées à croître du fait de la construction et de l’usage des nouvelles infrastructures qui accompagneront nécessairement l’expansion des territoires urbains.

De la même façon, on peut évidemment s’attendre à ce que le développement de ces pays induise également une croissance des revenus de leurs populations, ainsi qu’une évolution de leur mode de vie synonyme de hausse des émissions de GES.

👉 À noter : les facteurs d’émissions de gaz à effet de serre “urbains” sont complexes, nombreux et dépendent tout à la fois de la taille de population, de ses revenus, du degré d’urbanisation et de la façon dont la ville est aménagée.

Conclusion ? La croissance de la population urbaine n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Tout l’enjeu réside en fait dans la capacité des villes à adopter une gestion, une politique de construction et un modèle énergétique durables. Dans un tel scénario, la création de zones urbaines à faibles émissions de GES ne bénéficierait d’ailleurs pas seulement à l’environnement, mais aussi à la santé et au bien-être de la population elle-même.

🏭 Comment la part des émissions de gaz à effet de serre urbaines évolue-t-elle ? 

Entre 2000 et 2015, la part urbaine des émissions régionales de GES n’a cessé d’augmenter. De façon plus prosaïque, la part urbaine des émissions nationales de GES a grimpé de 6 points, bondissant ainsi de 56 % en 2000 à 62 % en 2015. 

🔍 Dans le détail, de 2000 à 2015, la part des émissions urbaines de gaz à effet de serre (GES) a augmenté de 28 % à 38 % en Afrique, de 46 % à 54 % en Asie, de 62 % à 72 % dans les pays en développement, de 57 % à 62 % en Europe de l’Est et en Asie de l’Ouest, de 55 % à 66 % en Amérique Latine et dans les Caraïbes, et de 68 % à 69 % au Moyen-Orient. 

Si nos efforts en matière de réduction de nos émissions de GES demeurent insuffisants - voire inexistants, n’est-ce pas ? 😏 - la part mondiale des émissions urbaines de gaz à effet de serre devrait continuer à augmenter jusqu’en 2050. 

En cause : la croissance de la population, l’expansion des zones urbaines, mais aussi la demande croissante en matière d’infrastructures et de services divers. 

Toutefois, si nous prenons collectivement des mesures immédiates et significatives en vue de limiter le réchauffement climatique à 1.5 °C d’ici à la fin du siècle (via le recours aux énergies renouvelables, la modération de notre consommation énergétique, etc.), les émissions urbaines de gaz à effet de serre pourraient avoisiner le Net Zéro. 

😈😇 En quoi l’expansion de nos zones urbaines constitue-t-elle à la fois une menace et une opportunité pour l’environnement ?

Le nombre de nos zones urbaines pourrait être amené à tripler entre 2015 et 2050, avec des répercussions significatives sur notre capacité à contrôler nos émissions de carbone… Ou pas.

👉 À savoir : d’ici 2050, lesdites zones urbaines pourraient augmenter de 211 % par rapport à 2015. 

Soyons clairs : les infrastructures qui seront construites tout au long de cette expansion des zones urbaines définiront des modèles de consommation d’énergie, lesquels seront nécessairement amenés à perdurer pendant des décennies - voire des générations. 

Autrement dit, il est crucial que les modèles qui seront adoptés au moment de la construction de ces nouvelles infrastructures s’inscrivent dans une logique de développement durable. Faute de quoi, la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre sera sévèrement compromise.

Dans ce contexte, l’expansion de nos zones urbaines constitue donc à la fois une menace et une opportunité.

Une menace, car ladite expansion est susceptible de se produire sur des terres agricoles ou des forêts, entraînant de facto la libération du CO2 capturé par ces puits de carbone naturels.

Une opportunité, car la construction d’infrastructures durables pourrait nous être d’un grand soutien dans la réduction massive de nos émissions de GES.

Attention toutefois, car l’édification de nouvelles infrastructures urbaines - ainsi que la modernisation de celles existantes - pourrait entraîner d’importantes émissions de gaz à effet de serre, notamment si elle devait se faire par l’intermédiaire de pratiques et de technologies dites “conventionnelles”.

💚 Comment peut-on réussir à adopter une politique d’urbanisation Net-Zéro ?

La décarbonation urbaine repose sur trois piliers - lesquels doivent être mis en œuvre simultanément : 

  • la réduction de la consommation d’énergie, et ce, dans tous les secteurs ; 
  • l’électrification et la transition vers des ressources nulles en émissions ; 
  • la mise en place d’une stratégie de compensation et de capture des émissions résiduelles. 

👉 À noter : en raison de la dimension régionale - voire mondiale - des chaînes d’approvisionnement urbaines, la réflexion des responsables municipaux doit être globale et pas uniquement locale.

Dans les faits, la création de ces villes durables repose donc en grande partie sur la rénovation énergétique des bâtiments, le déploiement à grande échelle des modes de transport alternatifs à la voiture, et la multiplication des espaces verts - pour ne citer que ces quelques exemples.

Les pistes de réflexion, cependant, sont très nombreuses : création de forêts urbaines, généralisation des arbres de rue, surfaces perméables, toits verts…

Outre le fait de contribuer à la séquestration de nos émissions carbone, ces installations sont sources de refroidissement - contribuant ainsi à réduire notre consommation d’énergie en cas de fortes chaleurs. 

🏃 Sur quels soutiens les municipalités peuvent-elles s’appuyer ?

Serez-vous surpris de nous entendre dire que le développement durable est avant tout un travail d’équipe ?

La conduite d’un tel projet de transformation et de restructuration implique en effet la participation des gouvernements et d’autres acteurs non étatiques. 

De fait, il va sans dire que l’ensemble des changements nécessaires à la transition de nos villes vers un modèle durable dépasse largement la capacité budgétaire des municipalités seules.

Dans ce contexte, ce travail ne peut s’effectuer qu’en étroite collaboration entre les municipalités, les parties prenantes et les institutions du pays concerné. 

📝 Ce qu’il faut retenir

Paradoxalement, l’expansion de nos zones urbaines constitue à la fois une formidable opportunité et une terrible menace.

Mal engagée - comprenez : dans la continuité de nos modèles actuels et hyper polluants - cette expansion est en effet susceptible de venir aggraver encore le niveau de nos émissions de gaz à effet de serre (GES). 😬 Et nous n’avons vraiment pas besoin de ça. Pas vrai ?

Pour cette raison, la prise en compte des pistes d’amélioration évoquées - en matière de rénovation énergétique notamment - est une priorité absolue.

En outre, les canicules à répétition soulignent la nécessité de revoir rapidement l’aménagement de l’espace urbain, afin d’y installer des sources de refroidissement désormais indispensables au bien-être de la population au cours de ces périodes.

Un vaste programme, qui ne saurait dorénavant plus être repoussé à une date ultérieure. Capito ? 😉

🐸 Qui sommes-nous ?

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