GIEC 2022 : 5 questions pour comprendre le Chapitre 9

De nombreuses opportunités de réduction de nos émissions se trouvent dans le secteur du bâtiment. Explications.

Réchauffement climatique 🔥

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30/6/2022

foret

Sommaire

En 2019, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à nos bâtiments s’élevaient à 12 Gt CO2eq, soit 21 % des émissions mondiales de cette année-là. C’est dire si le potentiel de réduction dans ce domaine est élevé ! 😉

En fait, il y a même urgence à intervenir, puisqu’entre 1990 et 2019, les émissions mondiales de CO2 en provenance de nos bâtiments ont augmenté de 50 %.  

Par chance, c’est tout le sujet de ce Chapitre 9.

👉 Nos résumés des précédents chapitres : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, chapitre 6, chapitre 7 et chapitre 8.

❓ Qu’est-ce que le “SER (Sufficiency Efficiency Renewable) framework” ?

En bref, ce que l’on nomme le “SER framework” (acronyme de “Sufficiency Efficiency Renewable” en anglais) est un cadre d'étude servant à évaluer les facteurs d’émission de GES dans le secteur du bâtiment. 

Concrètement, les mesures s’inscrivant dans le critère de “Sufficiency” ou “Suffisance” doivent permettre de s’attaquer aux sources de ces émissions de GES, en limitant autant que possible la demande d’énergie et de matériaux, et ce, tout au long du cycle de vie des infrastructures.

En outre, la question de la suffisance s’intéresse à l’utilisation équitable de l’espace et des ressources. 

De leur côté, les mesures s’inscrivant dans le critère “Efficiency” ou “Efficacité” se focalisent sur les améliorations technologiques de court terme. Elles ne tiennent pas compte des limites planétaires. 

In fine, le but du cadre “SER” est de réduire le coût de construction et d’utilisation des bâtiments, sans porter atteinte à leur niveau de confort. 

Il s’agit, en outre, de prévenir l’émergence d’une nouvelle génération de bâtiments trop consommateurs d’énergie, laquelle serait amenée à perdurer pendant des décennies.

🚧 Quels sont les obstacles à la décarbonation de nos bâtiments ?

La décarbonation de nos bâtiments est hélas entravée par de multiples obstacles - auxquels s’ajoute également un apport financier limité. 

En cause ? Un défaut de capacités institutionnelles - dans les pays en développement, notamment - qui ralentit la décarbonation du parc immobilier à l’échelle mondiale. 

Il faut bien le dire : le secteur du bâtiment est extrêmement hétérogène en fonction des régions. Types de bâtiment, tailles et buts d’utilisation…  Le chantier s’avère vaste et représente un investissement considérable - parfois dissuasif aux yeux des parties prenantes.

💪 Pourquoi l’intervention des politiques publiques est-elle essentielle à la réduction de l’empreinte carbone du secteur du bâtiment ?

Nous l’avons vu : il y a urgence à intervenir. Une fois construit, un bâtiment est amené à demeurer pendant des décennies - voire des siècles. 

Au regard de l’urgence climatique, il est donc essentiel que la prochaine génération de bâtiments construits consomme le moins d’énergie possible. Or, favoriser l’émergence de cette dernière dans des délais très restreints requiert l’intervention des politiques publiques.

À ce jour, les codes de l’énergie constituent le principal outil de réglementation en vue de réduire les émissions des bâtiments nouveaux et existants. 

Ils intègrent ainsi les fameux exigences de suffisance (conception bioclimatique), d’efficacité (technologies) et de recours aux énergies renouvelables. 

👉 À savoir : certains de ces codes de l’énergie imposent le respect de ces exigences de la phase d’utilisation du bâtiment à l’ensemble de son cycle de vie. 

La bonne nouvelle ? Il est avéré que les codes énergétiques du bâtiment produisent des résultats probants en matière de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. 

Pour cela, cependant, ils doivent être rendus obligatoires et combinés à d’autres outils réglementaires (les normes minimales de performance énergétique pour les appareils et les équipements, par exemple). 

💚 En quoi l’évolution et la rénovation de nos bâtiments est-elle cruciale ?

Outre le fait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, l’évolution et la rénovation de nos bâtiments constituent de véritables enjeux de sécurité et de santé publique.

Face à la multiplication des phénomènes climatiques, nos infrastructures doivent être adaptées. De fait, les vagues de chaleur à répétition par exemple induisent de nouveaux besoins en matière de refroidissement. Mais pas seulement.

La violence de certains aléas et les conséquences du réchauffement climatique (changements de température, d’humidité, de concentrations de CO2 et de chlorure et de l’élévation du niveau de la mer) posent de sérieuses problématiques en matière de performance, de durabilité et de sécurité de nos bâtiments - historiques et côtiers, notamment.

Problème ? Les mesures destinées à adapter nos bâtiments -aux changements climatiques à l'œuvre peuvent aussi accroître la demande en énergie et en matériaux, entraînant ainsi une augmentation de nos émissions de GES.

Outre le fait d’anticiper leurs compensations, il s’agit donc également d’envisager les mesures de suffisance les plus neutres possible, et les plus susceptibles de réduire ensuite la demande de refroidissement : ventilation naturelle, murs blancs, toits verts, etc.

🏃 En quoi la rénovation de nos bâtiments peut-elle servir d’accélérateur à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies ?

Les politiques mises en place dans le secteur du bâtiment pourraient concourir à des ambitions plus vastes que celle de l’adaptation au changement climatique.

De fait - comme nous l’avons vu - de telles mesures (amélioration du confort thermique et de la qualité de l’air intérieur, par exemple) la rénovation de nos bâtiments impacte directement le secteur de la santé. 

De plus, la décarbonation de notre parc immobilier pourrait contribuer à la génération d’effets macroéconomiques et micro-économiques : augmentation de la productivité au travail, création d’emplois, diminution de la pauvreté (énergétique, en particulier), amélioration de la sécurité énergétique, etc.  

📝 Ce qu’il faut retenir

La décarbonation de nos bâtiments n’est pas seulement essentielle en matière de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre : elle est aussi importante dans le cadre de l’anticipation et de la gestion des différents aléas climatiques auxquels nous devrons faire face dans les années à venir.

En outre, cet aspect de la transition écologique est susceptible d’entraîner un certain nombre conséquences positives dans d’autres secteurs, contribuant ainsi à l’atteinte des ODD définis par les Nations Unies.

D’un mot : qu’attendons-nous pour passer à l’action ?

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Écrit par
Ines Gendre

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