JO de Tokyo : Des JO , une manne pour l’environnement ?

En 2021, les JO de Tokyo n’auront pas de spectateurs à cause de la crise du Covid-19. Bonne nouvelle pour le climat ? Réponses dans cette étude.

Empreinte carbone 💭

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29/7/2021

Les ronds des Jeux Olympiques de Tokyo

Sommaire

Paris – 26 juillet 21 - Étude de Greenly sur l’impact carbone des Jeux Olympiques

À l’occasion des JO de Tokyo, les équipes de data scientists de Greenly ont passé en revue la littérature scientifique disponible sur les Jeux Olympiques ainsi que les travaux publiés par leurs organisateurs. Ils ont ensuite enrichi ces données de leur analyse et proposé des calculs complémentaires pour comparer entre eux les JO, les pratiques des délégations et les sports. L’occasion de rappeler l’impact carbone des Jeux, et plus largement , en s’interrogeant sur les moyens de limiter cet impact sans sacrifier l’esprit du sport.   


Pour la première fois, les Jeux Olympiques n’auront pas de spectateurs en raison de la crise du Covid-19. Si c’est une mauvaise nouvelle pour l’esprit des Jeux, est-ce une bonne nouvelle pour la planète ? Greenly montre que l’impact est finalement assez limité, des Jeux Olympiques. 


La neutralité carbone : l’épreuve insurmontable des JO 

 

graphique de l'empreinte carbone des différents jeux olympiques

  

L’analyse comparative des trois derniers Jeux nous révèle que les postes d’émissions principaux sont (dans l’ordre d’importance) la construction des infrastructures, les émissions des spectateurs (transport, alimentation, logement, shopping des produits officiels sous licence) et le déroulement des épreuves

 

JO de Tokyo 2021 : le Covid-19, médaille d’or du climat ? 

 

Les impacts globaux des JO de Tokyo 

les émissions des jeux olympiques de Tokyo en 2020 avec ou sans covid

 

L'absence de spectateurs internationaux à Tokyo due au Covid ferait économiser 340 000 T de CO2, soit seulement 12,5% des émissions totales prévues. C’est tout de même 40% des émissions liées aux spectateurs, essentiellement en raison du transport aérien. Les émissions induites par le spectacle, les capacités d’hébergement, lélectricité, la diffusion etc. sont quant à elles des postes fixes et ne varient pas en fonction de la situation. 

 

Les Etats-Unis, mauvais élèves de l’empreinte carbone

Bien que les JO en cours se déroulent sans public international, le déplacement des délégations issues des quatre coins du monde n’est pas neutre en carbone. Leur empreinte varie en fonction de la taille de la délégation et de la distance à parcourir par les athlètes pour rejoindre Tokyo. 

À l’inverse, les nations olympiques les plus modestes n’ont envoyé que 2 membres dans leur délégation, pour des émissions de l’ordre de 1 à 5 T de CO2e. La palme d’or des émissions les plus faibles revient ainsi au Brunei, avec 1,3 T de CO2e émises pour son voyage jusqu’au Japon - plus de 700 fois moins que la délégation américaine !

 

graphique des émissions de CO2 du transport des plus petites délégations jusqu'à Tokyo

 

L’empreinte carbone des sports au JO de Tokyo

Si ce classement est forcément intrinsèquement lié à celui du nombre de sportifs par épreuve, certaines positions diffèrent. En effet, un sport avec un plus gros contingent japonais ou chinois se voit affecté une part plus faible des émissions liées au transport des athlètes. Ainsi, la gymnastique est 3ème en termes de nombre de sportifs, mais 11ème en termes d'émissions. Et inversement pour le football : 7ème pour le nombre de sportifs, mais 3ème pour les émissions - il s’agit d’un sport moins "Asie-centré".

 

Des pratiques très carbonées

Des chevaux dans le ciel

Le 14 juillet, un vol historique au départ de Liège, comptant 36 chevaux d’élite, a atterri à l’aéroport d’Haneda près de Tokyo. Les équidés ont profité de conditions de voyage idéales :  classe business, repas à bord, palefreniers aux petits soins, etc.

course de chevaux

Entre l’eau, la nourriture, les équipements et les chevaux eux-mêmes, ce sont près de 50 T qui ont été transportées par un avion-cargo d’envergure (550 m3 !), pour une production de 500 T de CO2e pour ce seul vol. Premier d’une longue série, puisque 325 chevaux au total ont traversé terres et mers pour se distinguer pendant les JO de Tokyo, avec une empreinte carbone peu reluisante : environ 5000 tonnes de CO2e en cumulé du fait du transport aérien.

graphique de la composition des émissions de gaz du vol Liège - Tokyo pour le transport de chevaux

 

Commemorative coins

La fabrication des emblématiques “commemorative coins” à destination des spectateurs n’est pas neutre non plus. La production de 22 000 tonnes de pièces à Rio en 2016 avait représenté 75 000 de tonnes de CO2e. 

 

Une mesure presque anecdotique, qui représente l'équivalent de 0,05% seulement des émissions prévisionnelles pré-covid des Jeux de Tokyo. 

Après les JO de Tokyo, rendez-vous en 2024 ?

Pour Alexis Normand, DG et cofondateur de Greenly :

« L’important c’est de décarboner. Dès l’origine, les grands événements sportifs se sont fixés comme ambition d’apporter la paix entre les nations. Aujourd’hui, pour éviter des guerres futures, nous devons faire preuve de solidarité pour le climat. Or, ces grandes messes ont un impact considérable sur l’environnement. Réduire efficacement l’empreinte de ces événements planétaires serait un symbole fort pour aussi apporter une réponse mondiale face à la crise climatique. Cela commence par une prise de conscience collective. C’est l’objet de cette étude qui renvoie chaque pays, chaque sport, à ses responsabilités. »

Il faudra attendre les JO de Paris pour décarboner… ou pas

Cette évaluation repose sur plusieurs hypothèses discutables, notamment :  

  • La notion de « contribution positive pour le climat » est polémique, alors que les experts du GIEC mettent en garde contre l’idée que la compensation est une solution suffisante, et que la réduction des émissions reste la priorité.
  • Les hypothèses sur la  permanente bas carbone sont discutables : 650 kg de CO2e par mètre carré est une projection optimiste non vérifiée dans les faits.
  • L’hypothèse sur les émissions des transports par spectateur, évaluées à seulement 110 kg de CO2e,  que pour un Européen se rendant à Paris en train. Elle n’est pas possible pour un voyage Outre-Atlantique. Un seul aller-retour Paris-NY équivaut à 2 tonnes de CO2.

 

graphique émissions de gaz à effet de serre des spectateurs étrangers aux Jeux Olympiques de Rio au Brésil

 

Les recommandations de Greenly 

L’étude Greenly fait ressortir que des Jeux responsables impliquent d’abord de réduire les principales sources d’émissions, à savoir la construction, en utilisant au maximum des bâtiments existants, des matériaux bas carbone pour les nouveaux, ou en faisant en sorte que les infrastructures contribuent à la diminution des émissions des villes. Les Jeux olympiques doivent enfin devenir une occasion d’alerter sur les grands enjeux environnementaux.

une ampoule dessiné sur un post it

 

 

🚀 Pour aller plus loin :




Méthodologie & Sources :

L’étude s’appuie sur une analyse détaillée des données rendues disponibles par les organisateurs de Jeux eux-mêmes, en passant en revue les différents Jeux, en comparant l’évolution de l’empreinte carbone par Jeux dans le temps, et en s’appuyant sur ses données générales pour étudier la contribution de chaque délégation et sport : 

Analyse Greenly 


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