Taxe carbone : tout ce qu’il faut savoir

La taxe carbone est une écotaxe visant à soutenir la diminution de nos émissions de carbone. De quelle façon ? De quoi s’agit-il exactement ? Explications.

Empreinte carbone 💭

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7

minutes de lecture

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20/4/2022

carbone

Sans être un expert du développement durable et de la fiscalité, vous avez certainement déjà entendu parler de la taxe carbone… Elle était au cœur des revendications du mouvement des Gilets Jaunes, survenu à la fin de l’année 2018. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette écotaxe a suscité bien des débats. Pourtant, elle n’était pas nouvelle : de fait, la taxe carbone a été instaurée dès 2014 par le gouvernement Ayrault. En quoi consiste-t-elle exactement ? Qui concerne-t-elle ? Pourquoi a-t-elle soudainement embrasé le débat public en France ? Devenez sans plus attendre un expert de la fameuse taxe carbone. 😎 Bonne lecture !

📖 Taxe carbone : définition et origines

La taxe carbone, c’est quoi ? ❓

La taxe carbone est une taxe environnementale (aussi appelée “écotaxe” ou “fiscalité carbone”), concentrée sur nos émissions de dioxyde de carbone

Son fonctionnement est simple : elle associe un prix à chaque tonne de CO2 rejetée. L’objectif de la taxe carbone est d’inciter les particuliers et les entreprises à consommer de façon durable, pour lutter contre le réchauffement climatique

À terme, ce dispositif a vocation à détourner les consommateurs des produits ou services émettant des quantités importantes de gaz à effet de serre.

Le prélèvement de la taxe, lui, est à la fois direct et proportionnel aux quantités de CO2 émises. 

Concrètement, cela signifie que le montant de la taxe est directement intégré au prix du produit responsable des émissions de CO2 ciblées. De la même façon, le montant de la taxe est indexé sur la quantité de dioxyde de carbone émise. Plus cette dernière est élevée, plus la taxe l’est également.

La taxe carbone ne doit cependant pas être confondue avec un impôt de quelque nature que ce soit. En vérité, le terme de “taxe” n’est pas approprié, lui non plus. 😅 Il s’agit d’une faute de langage, hélas déjà bien ancrée dans les mœurs.

Ne faites pas cette tête-là : promis, ce n’est pas compliqué. En bref, retenez simplement que ladite “taxe carbone” fonctionne comme une redevance. C’est-à-dire qu’il s’agit d’un prélèvement non obligatoire, dont s’acquittent uniquement les usagers du service concerné. Concrètement, si vous n’avez pas de voiture et ne faites donc pas de plein d’essence, vous n’aurez jamais à vous acquitter de la taxe carbone. 

Stricto sensu, qu’est-ce qu’une taxe ?
En temps normal, le terme de “taxe” désigne un prélèvement obligatoire, destiné à financer un service public donné. La taxe sur les ordures ménagères, par exemple, concerne tout le monde. Y compris ceux et celles ayant atteint le “zéro déchet”.

Un peu d’Histoire : aux origines de la taxe carbone 💬

L’origine de la taxe carbone remonte au protocole de Kyoto, en 1997. Naît alors l’idée de « donner un prix au carbone », en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique

En France cependant, il faut attendre 2007 pour que le concept de la « taxe carbone » commence véritablement à prendre forme. Elle est notamment intégrée au pacte écologique que Nicolas Hulot soumet aux candidats à la présidentielle et porte sur les énergies fossiles, telles que le gaz, le pétrole et leurs dérivés.

L’idée est simple : définir une contribution d’un montant d’abord symbolique, destiné à augmenter de façon progressive et régulière. 

L’objectif de la mesure est d’inciter les particuliers à s’adapter peu à peu à une nouvelle façon de consommer (en changeant de voiture, en isolant les habitations qui le nécessitent, etc.). De la même manière, il s’agit également d’encourager les entreprises à tendre vers la neutralité carbone.

Finalement, la taxe carbone entre officiellement en vigueur en 2014 : le gouvernement Ayrault la présente alors comme une « composante carbone » (CC), intégré au calcul de la taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE), du gaz naturel (TICGN) et du charbon (TICC). La taxe sur l’électricité est en revanche exemptée. 

👉 À quoi sert la taxe carbone ?

La taxe carbone est une taxe dite “pigouvienne”. Ce qualificatif est issu du nom de l’économiste Arthur Cecil Pigou (1877 - 1959), premier économiste à avoir proposé une taxation correctrice des externalités.

Qu’est-ce qu’une externalité ? En économie, une externalité (ou « effet externe ») désigne le fait qu’une activité de production ou de consommation d'un acteur affecte le bien-être d'un autre, sans que l’un d’eux ne reçoive ou ne paie une compensation. 

Dans ce contexte, la taxe carbone s’inscrit dans ce que l’on nomme le principe du “pollueur-payeur”, en soutenant la quantification des coûts induits par les externalités négatives des produits et services émetteurs de CO2.

Grosso modo, plus une entité, une activité, un produit ou un service rejette du CO2, plus la taxe carbone sera élevée.

Sur le papier, l’idée consiste simplement à compenser le coût d’une production ou d’une consommation responsable d’une émission importante de GES. On parle d’ailleurs parfois de “coût environnemental”. 

Les hausses progressives, elles, visent à : 

  • dynamiser les investissements portant sur les projets de diminution des émissions de GES ; 
  • ne pas “sanctionner” particuliers et entreprises, mais plutôt les encourager à évoluer dans leurs comportements de production et de consommation. 

La taxe carbone compte parmi les suggestions soumises aux pays qui se sont engagés en faveur de la transition énergétique, dans le cadre de la COP21. Elle est complémentaire des quotas d’émissions de CO2.

Attention : la taxe carbone et le quota de CO2 sont deux dispositifs bien distincts (mais faisant souvent l’objet d’une confusion). Le quota de CO2, défini dans le cadre du protocole de Kyoto, attribue aux installations les plus émettrices des quotas de CO2 à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent faire l’objet d’une vente sur le marché du carbone. Un principe ayant hélas abouti à un gigantesque scandale en 2008, lequel a considérablement entaché la réputation du marché en question.

👀 Qui est concerné par la taxe carbone ?

La fiscalité carbone concerne les particuliers et les entreprises. Cependant, de nombreux secteurs d’activité bénéficient de réductions ou d’exonérations. Cela est dû aux directives et accords internationaux, européens et français. 

Parmi les domaines d’activité exonérés, on relève notamment :

  • les transports aérien, maritime, routier et public ;
  • les taxis ;
  • la fabrication de ciment ou de verre.

En outre, des dispositions ont été prévues pour les entreprises faisant déjà l’objet de quotas de CO2. Il s’agit, en fait, de leur épargner une double imposition.

Le plus souvent, il s’agit donc d’entreprises émettant de grandes quantités de GES. 

Dans les faits, il est également à noter que la taxe carbone peut être prélevée à deux niveaux différents :

  • "en aval". Dans ce cas, la taxe carbone est calculée en fonction de l’émission de CO2 induite par la production et la distribution du produit ou du service concerné. ;
  • "en amont". Auquel cas, elle porte sur la consommation finale des énergies fossiles. 

Il est rare que la première option soit privilégiée, dans la mesure où le prélèvement en aval induit une comptabilité carbone très complexe.

Le prélèvement en amont est donc largement plébiscité. De fait, les émissions de CO2 liées aux énergies fossiles sont bien connues. En France, la taxe carbone est directement intégrée aux taxes sur l’énergie. Autrement dit, au prix final de l’essence, du gazole, du fioul ou du gaz naturel.

💼 Taxe carbone : montant et utilisation des recettes

Quel est le montant de la taxe carbone ? 📟

Conformément à son principe évolutif, le montant de la taxe carbone a progressivement évolué au fil des ans. Dans ce contexte, elle est passée de 7 €/tonne de CO2 en 2014 à 44,60 €/tonne de CO2 aujourd’hui. 

Cependant, il est important de souligner que son montant actuel est bien inférieur à celui qui était initialement prévu. En l’état, l’augmentation progressive de la taxe carbone a en effet été gelée en 2018, suite au mouvement des Gilets Jaunes - pour qui la fiscalité carbone cristallisait le cœur de leurs revendications. 

Début 2020, la taxe carbone aurait ainsi dû passer à 55 €/tonne de CO2. 

Pourquoi la taxe carbone a-t-elle cristallisé la colère des Gilets Jaunes ?
En novembre 2018, le prix de l’essence explose. Les Gilets Jaunes désignent un coupable à cette augmentation : la taxe carbone. En vigueur depuis 4 ans, celle-ci était jusqu’alors passée relativement inaperçue. En cause ? Une forte baisse des cours mondiaux du pétrole, qui avait compensé l’augmentation progressive de la taxe carbone. Or, en 2018, les prix du baril repartent à la hausse, braquant ainsi les projecteurs sur l’existence de la taxe carbone. Au sortir de la crise, le gouvernement décide alors de geler l’augmentation de la taxe carbone, faute de pouvoir contrôler les prix du baril de pétrole.

À quoi sert l’argent issu de la taxe carbone ? 💵

Année après année, les recettes fiscales de la taxe carbone ont augmenté, passant de 0,3 milliard d’euros en 2014 à 3,8 milliards en 2016. Avant le gel, elles étaient supposées s’élever à 10,8 milliards d’euros en 2022.

En vertu du principe de non-affectation des budgets (aussi appelé “principe d’universalité budgétaire''), il est impossible de suivre précisément l’usage des recettes issues de la fiscalité carbone. 

Cependant, si la taxe carbone constitue une modalité de calcul des TIC (non un prélèvement à part entière), les revenus de la TICPE font l’objet d’un fléchage strict et d’un fléchage soft.

Le fléchage strict

Une partie des recettes issues de la TICPE est intégrée à un compte d’affectation spécial « transition énergétique » (ou CAS TE). Ceci constitue donc une exception au principe de non-affectation des budgets. 

Créé en 2015, ce compte est destiné à :

  • financer les énergies renouvelables ; 
  • rembourser la dette de l’État auprès d’EDF. 

Le CAS TE est principalement financé par la TICPE (à hauteur de 7,2  milliards d’euros). Il bénéficie également de la contribution de la TICC (à hauteur de 1 million d’euros) et des revenus de la mise aux enchères des garanties d’origine de l’électricité renouvelable (pour 17 millions d’euros).

Le fléchage soft

A contrario, le reste des recettes de la TICPE n’est pas affecté à des dépenses publiques précises. Certaines mesures, toutefois, sont destinées à compenser ses prélèvements.

En 2016, la fiscalité carbone a ainsi contribué à financer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Le montant de ladite contribution s’élevait à pas moins de 3 milliards d’euros.

De même, 1 milliard d’euros avait été affecté aux ménages, sous la forme de taux réduits de TVA sur les travaux de rénovation énergétique.

📊 Taxe carbone : avantages et inconvénients 

Quels sont les principaux bénéfices de la taxe carbone ? 👍

La taxe carbone est un véritable atout pour lutter contre la pérennisation des comportements polluants. De fait, il s’agit d’un outil fiscal véritablement incitatif, contribuant de façon notable à la baisse de la consommation du carburant. En outre, elle encourage particuliers et entreprises à se pencher sur des solutions plus écologiques.

Selon une étude conduite en 2020 par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), la taxe carbone a provoqué une baisse de 5 % des émissions de GES françaises pour la seule année 2018. 

Fondée sur l’analyse de 8000 entreprises françaises entre 2001 et 2016, cette même étude démontre également qu’une hausse de 10 % des prix de l’énergie abaisse la consommation d’énergie de 6 %. En termes d’émissions de carbone, le niveau diminue quant à lui de 9 %.

Par ailleurs, ces économies d’énergie n’ont pas d’effet significatif sur l’emploi. Si le nombre d’employés diminue de 2 % dans les entreprises industrielles touchées par la hausse des tarifs de l’énergie, ces derniers sont ensuite redéployés. En d’autres termes, les emplois ne sont pas perdus, mais transférés de sociétés énergivores vers d’autres plus économes.

Attention toutefois : le secteur vert exige des compétences plus élevées. Afin que la transition soit optimale, il est donc indispensable de prévoir l’accompagnement des salariés concernés. Les experts préconisent notamment de mettre en œuvre une politique de formation professionnelle et d’allocations.

De façon générale, la sensibilisation des collaborateurs aux enjeux de développement durable est plus que recommandée.

Quels sont les principaux inconvénients de la taxe carbone ? 👎

Le principal inconvénient de la taxe carbone tient au fait que cette dernière se répercute directement sur le prix des produits ou des services. De fait, elle est susceptible de réduire drastiquement le pouvoir d’achat des ménages - a fortiori des ménages les plus modestes.

Cette limite a été parfaitement illustrée au moment du mouvement des Gilets Jaunes, lesquels incarnaient pour partie les foyers fragiles subissant de plein fouet l’augmentation des prix à la pompe.

En outre, le flou concernant la redistribution des recettes issues de la taxe carbone est souvent sujette à débats. 

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Sommaire

Sans être un expert du développement durable et de la fiscalité, vous avez certainement déjà entendu parler de la taxe carbone… Elle était au cœur des revendications du mouvement des Gilets Jaunes, survenu à la fin de l’année 2018. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette écotaxe a suscité bien des débats. Pourtant, elle n’était pas nouvelle : de fait, la taxe carbone a été instaurée dès 2014 par le gouvernement Ayrault. En quoi consiste-t-elle exactement ? Qui concerne-t-elle ? Pourquoi a-t-elle soudainement embrasé le débat public en France ? Devenez sans plus attendre un expert de la fameuse taxe carbone. 😎 Bonne lecture !

📖 Taxe carbone : définition et origines

La taxe carbone, c’est quoi ? ❓

La taxe carbone est une taxe environnementale (aussi appelée “écotaxe” ou “fiscalité carbone”), concentrée sur nos émissions de dioxyde de carbone

Son fonctionnement est simple : elle associe un prix à chaque tonne de CO2 rejetée. L’objectif de la taxe carbone est d’inciter les particuliers et les entreprises à consommer de façon durable, pour lutter contre le réchauffement climatique

À terme, ce dispositif a vocation à détourner les consommateurs des produits ou services émettant des quantités importantes de gaz à effet de serre.

Le prélèvement de la taxe, lui, est à la fois direct et proportionnel aux quantités de CO2 émises. 

Concrètement, cela signifie que le montant de la taxe est directement intégré au prix du produit responsable des émissions de CO2 ciblées. De la même façon, le montant de la taxe est indexé sur la quantité de dioxyde de carbone émise. Plus cette dernière est élevée, plus la taxe l’est également.

La taxe carbone ne doit cependant pas être confondue avec un impôt de quelque nature que ce soit. En vérité, le terme de “taxe” n’est pas approprié, lui non plus. 😅 Il s’agit d’une faute de langage, hélas déjà bien ancrée dans les mœurs.

Ne faites pas cette tête-là : promis, ce n’est pas compliqué. En bref, retenez simplement que ladite “taxe carbone” fonctionne comme une redevance. C’est-à-dire qu’il s’agit d’un prélèvement non obligatoire, dont s’acquittent uniquement les usagers du service concerné. Concrètement, si vous n’avez pas de voiture et ne faites donc pas de plein d’essence, vous n’aurez jamais à vous acquitter de la taxe carbone. 

Stricto sensu, qu’est-ce qu’une taxe ?
En temps normal, le terme de “taxe” désigne un prélèvement obligatoire, destiné à financer un service public donné. La taxe sur les ordures ménagères, par exemple, concerne tout le monde. Y compris ceux et celles ayant atteint le “zéro déchet”.

Un peu d’Histoire : aux origines de la taxe carbone 💬

L’origine de la taxe carbone remonte au protocole de Kyoto, en 1997. Naît alors l’idée de « donner un prix au carbone », en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique

En France cependant, il faut attendre 2007 pour que le concept de la « taxe carbone » commence véritablement à prendre forme. Elle est notamment intégrée au pacte écologique que Nicolas Hulot soumet aux candidats à la présidentielle et porte sur les énergies fossiles, telles que le gaz, le pétrole et leurs dérivés.

L’idée est simple : définir une contribution d’un montant d’abord symbolique, destiné à augmenter de façon progressive et régulière. 

L’objectif de la mesure est d’inciter les particuliers à s’adapter peu à peu à une nouvelle façon de consommer (en changeant de voiture, en isolant les habitations qui le nécessitent, etc.). De la même manière, il s’agit également d’encourager les entreprises à tendre vers la neutralité carbone.

Finalement, la taxe carbone entre officiellement en vigueur en 2014 : le gouvernement Ayrault la présente alors comme une « composante carbone » (CC), intégré au calcul de la taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE), du gaz naturel (TICGN) et du charbon (TICC). La taxe sur l’électricité est en revanche exemptée. 

👉 À quoi sert la taxe carbone ?

La taxe carbone est une taxe dite “pigouvienne”. Ce qualificatif est issu du nom de l’économiste Arthur Cecil Pigou (1877 - 1959), premier économiste à avoir proposé une taxation correctrice des externalités.

Qu’est-ce qu’une externalité ? En économie, une externalité (ou « effet externe ») désigne le fait qu’une activité de production ou de consommation d'un acteur affecte le bien-être d'un autre, sans que l’un d’eux ne reçoive ou ne paie une compensation. 

Dans ce contexte, la taxe carbone s’inscrit dans ce que l’on nomme le principe du “pollueur-payeur”, en soutenant la quantification des coûts induits par les externalités négatives des produits et services émetteurs de CO2.

Grosso modo, plus une entité, une activité, un produit ou un service rejette du CO2, plus la taxe carbone sera élevée.

Sur le papier, l’idée consiste simplement à compenser le coût d’une production ou d’une consommation responsable d’une émission importante de GES. On parle d’ailleurs parfois de “coût environnemental”. 

Les hausses progressives, elles, visent à : 

  • dynamiser les investissements portant sur les projets de diminution des émissions de GES ; 
  • ne pas “sanctionner” particuliers et entreprises, mais plutôt les encourager à évoluer dans leurs comportements de production et de consommation. 

La taxe carbone compte parmi les suggestions soumises aux pays qui se sont engagés en faveur de la transition énergétique, dans le cadre de la COP21. Elle est complémentaire des quotas d’émissions de CO2.

Attention : la taxe carbone et le quota de CO2 sont deux dispositifs bien distincts (mais faisant souvent l’objet d’une confusion). Le quota de CO2, défini dans le cadre du protocole de Kyoto, attribue aux installations les plus émettrices des quotas de CO2 à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent faire l’objet d’une vente sur le marché du carbone. Un principe ayant hélas abouti à un gigantesque scandale en 2008, lequel a considérablement entaché la réputation du marché en question.

👀 Qui est concerné par la taxe carbone ?

La fiscalité carbone concerne les particuliers et les entreprises. Cependant, de nombreux secteurs d’activité bénéficient de réductions ou d’exonérations. Cela est dû aux directives et accords internationaux, européens et français. 

Parmi les domaines d’activité exonérés, on relève notamment :

  • les transports aérien, maritime, routier et public ;
  • les taxis ;
  • la fabrication de ciment ou de verre.

En outre, des dispositions ont été prévues pour les entreprises faisant déjà l’objet de quotas de CO2. Il s’agit, en fait, de leur épargner une double imposition.

Le plus souvent, il s’agit donc d’entreprises émettant de grandes quantités de GES. 

Dans les faits, il est également à noter que la taxe carbone peut être prélevée à deux niveaux différents :

  • "en aval". Dans ce cas, la taxe carbone est calculée en fonction de l’émission de CO2 induite par la production et la distribution du produit ou du service concerné. ;
  • "en amont". Auquel cas, elle porte sur la consommation finale des énergies fossiles. 

Il est rare que la première option soit privilégiée, dans la mesure où le prélèvement en aval induit une comptabilité carbone très complexe.

Le prélèvement en amont est donc largement plébiscité. De fait, les émissions de CO2 liées aux énergies fossiles sont bien connues. En France, la taxe carbone est directement intégrée aux taxes sur l’énergie. Autrement dit, au prix final de l’essence, du gazole, du fioul ou du gaz naturel.

💼 Taxe carbone : montant et utilisation des recettes

Quel est le montant de la taxe carbone ? 📟

Conformément à son principe évolutif, le montant de la taxe carbone a progressivement évolué au fil des ans. Dans ce contexte, elle est passée de 7 €/tonne de CO2 en 2014 à 44,60 €/tonne de CO2 aujourd’hui. 

Cependant, il est important de souligner que son montant actuel est bien inférieur à celui qui était initialement prévu. En l’état, l’augmentation progressive de la taxe carbone a en effet été gelée en 2018, suite au mouvement des Gilets Jaunes - pour qui la fiscalité carbone cristallisait le cœur de leurs revendications. 

Début 2020, la taxe carbone aurait ainsi dû passer à 55 €/tonne de CO2. 

Pourquoi la taxe carbone a-t-elle cristallisé la colère des Gilets Jaunes ?
En novembre 2018, le prix de l’essence explose. Les Gilets Jaunes désignent un coupable à cette augmentation : la taxe carbone. En vigueur depuis 4 ans, celle-ci était jusqu’alors passée relativement inaperçue. En cause ? Une forte baisse des cours mondiaux du pétrole, qui avait compensé l’augmentation progressive de la taxe carbone. Or, en 2018, les prix du baril repartent à la hausse, braquant ainsi les projecteurs sur l’existence de la taxe carbone. Au sortir de la crise, le gouvernement décide alors de geler l’augmentation de la taxe carbone, faute de pouvoir contrôler les prix du baril de pétrole.

À quoi sert l’argent issu de la taxe carbone ? 💵

Année après année, les recettes fiscales de la taxe carbone ont augmenté, passant de 0,3 milliard d’euros en 2014 à 3,8 milliards en 2016. Avant le gel, elles étaient supposées s’élever à 10,8 milliards d’euros en 2022.

En vertu du principe de non-affectation des budgets (aussi appelé “principe d’universalité budgétaire''), il est impossible de suivre précisément l’usage des recettes issues de la fiscalité carbone. 

Cependant, si la taxe carbone constitue une modalité de calcul des TIC (non un prélèvement à part entière), les revenus de la TICPE font l’objet d’un fléchage strict et d’un fléchage soft.

Le fléchage strict

Une partie des recettes issues de la TICPE est intégrée à un compte d’affectation spécial « transition énergétique » (ou CAS TE). Ceci constitue donc une exception au principe de non-affectation des budgets. 

Créé en 2015, ce compte est destiné à :

  • financer les énergies renouvelables ; 
  • rembourser la dette de l’État auprès d’EDF. 

Le CAS TE est principalement financé par la TICPE (à hauteur de 7,2  milliards d’euros). Il bénéficie également de la contribution de la TICC (à hauteur de 1 million d’euros) et des revenus de la mise aux enchères des garanties d’origine de l’électricité renouvelable (pour 17 millions d’euros).

Le fléchage soft

A contrario, le reste des recettes de la TICPE n’est pas affecté à des dépenses publiques précises. Certaines mesures, toutefois, sont destinées à compenser ses prélèvements.

En 2016, la fiscalité carbone a ainsi contribué à financer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Le montant de ladite contribution s’élevait à pas moins de 3 milliards d’euros.

De même, 1 milliard d’euros avait été affecté aux ménages, sous la forme de taux réduits de TVA sur les travaux de rénovation énergétique.

📊 Taxe carbone : avantages et inconvénients 

Quels sont les principaux bénéfices de la taxe carbone ? 👍

La taxe carbone est un véritable atout pour lutter contre la pérennisation des comportements polluants. De fait, il s’agit d’un outil fiscal véritablement incitatif, contribuant de façon notable à la baisse de la consommation du carburant. En outre, elle encourage particuliers et entreprises à se pencher sur des solutions plus écologiques.

Selon une étude conduite en 2020 par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), la taxe carbone a provoqué une baisse de 5 % des émissions de GES françaises pour la seule année 2018. 

Fondée sur l’analyse de 8000 entreprises françaises entre 2001 et 2016, cette même étude démontre également qu’une hausse de 10 % des prix de l’énergie abaisse la consommation d’énergie de 6 %. En termes d’émissions de carbone, le niveau diminue quant à lui de 9 %.

Par ailleurs, ces économies d’énergie n’ont pas d’effet significatif sur l’emploi. Si le nombre d’employés diminue de 2 % dans les entreprises industrielles touchées par la hausse des tarifs de l’énergie, ces derniers sont ensuite redéployés. En d’autres termes, les emplois ne sont pas perdus, mais transférés de sociétés énergivores vers d’autres plus économes.

Attention toutefois : le secteur vert exige des compétences plus élevées. Afin que la transition soit optimale, il est donc indispensable de prévoir l’accompagnement des salariés concernés. Les experts préconisent notamment de mettre en œuvre une politique de formation professionnelle et d’allocations.

De façon générale, la sensibilisation des collaborateurs aux enjeux de développement durable est plus que recommandée.

Quels sont les principaux inconvénients de la taxe carbone ? 👎

Le principal inconvénient de la taxe carbone tient au fait que cette dernière se répercute directement sur le prix des produits ou des services. De fait, elle est susceptible de réduire drastiquement le pouvoir d’achat des ménages - a fortiori des ménages les plus modestes.

Cette limite a été parfaitement illustrée au moment du mouvement des Gilets Jaunes, lesquels incarnaient pour partie les foyers fragiles subissant de plein fouet l’augmentation des prix à la pompe.

En outre, le flou concernant la redistribution des recettes issues de la taxe carbone est souvent sujette à débats. 

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