Tout connaître sur l'ACV

C’est quoi une analyse de cycle de vie, aussi appelée ACV ? À quoi ça sert et pourquoi en faire une ? Greenly vous explique tout ce qu’il y a savoir sur le sujet.

Bilan carbone 📊
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6/7/2021 23:52
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Sommaire

L’Analyse de Cycle de Vie, aussi appelée ACV, est essentielle quand on cherche à comprendre l’impact d’un produit ou d’un service sur l’environnement. Mais comment est-ce qu’on fait cette analyse précisément ? Quels sont les critères pris en compte ? On vous explique tout.

Deux ordinateurs et paires de mains vue du dessus

Tout comprendre sur l’ACV 

Chaque produit ou service que l’on possède traverse un cycle de vie : on l’achète, on l’utilise et ensuite on le jette ou le revalorise. C’est ce qu’on appelle le cycle de vie. Lorsque l’on souhaite faire un bilan de son empreinte carbone, faire une analyse de cycle de vie (ACV) de certains produits ou services est essentiel. 

Mais c’est quoi exactement une ACV ? Comment est-ce qu’on en fait une et à quoi ça sert ? Cet article vous explique tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet.

Qu’est-ce qu’une ACV ? 

L’analyse de cycle de vie est une méthode d’évaluation qui sert à quantifier les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service. L’objectif est de tendre vers une écoconception, ou bien de faire une comparaison entre différents produits ou services pour choisir le plus performant et le moins impactant. 

Cette méthode est standardisée à l’échelle internationale et normée (ISO 14040-44). Elle permet d’avoir une approche globale pour appréhender tous les impacts potentiels sur l’environnement. 

L’ACV est intéressante pour : 

  • les instances publiques internationales, nationales et européennes ;
  • la communauté scientifique ;
  • les industriels.

Mais cette analyse peut être effectuée sur n’importe quel objet du quotidien. C’est un outil indispensable qui met en avant les facteurs de pollution et donc les solutions pour améliorer les performances environnementales.

L’AVC est-elle faite pour vous ? Oui, si vous avez envie ou besoin de : 

  • comparer l’impact environnemental de plusieurs produits avec la même fonction ;
  • fournir au législateur des données pour mettre en place des règlements environnementaux ; 
  • d’écoconcevoir des produits ; 
  • d’améliorer la performance environnementale d’un produit existant.

De l’extraction des matières premières à la gestion de la fin de vie, en passant par l’utilisation, l’ACV permet de mesurer l’empreinte de chaque étape. L’ACV a une approche globale multi-étapes et multi-critères.

L’approche “cycle de vie”

L’ACV va permettre d’analyser chaque étape de vie, “du berceau à la tombe”. Cela sert à dresser l’inventaire des flux associés à la fabrication et à la conception d’un produit ou service afin de quantifier les ressources naturelles exploitées et les externalités associées.

  1. La naissance du produit (production et distribution)

Les étapes associées à la naissance du produit sont souvent assez énergivores en termes d’énergie et de ressources. Elles recouvrent : 

  • l’extraction ou la production de matières premières ; 
  • le transport de ces matières ; 
  • la production des composants et leur transport ; 
  • l’assemblage de l’ensemble ;
  • l’emballage du produit fini et sa distribution. 

Les ressources consommées vont du carburant (pour le transport), à l’électricité (pour l’extraction ou la production) en passant par l’eau ou des substances chimiques - potentiellement dangereuses

L’impact se mesure de différentes manières : 

  • la pollution de l’air, de l’eau et des sols ; 
  • la destruction de l’écosystème et la biodiversité ; 
  • les émissions de CO2. 
Camion rouge devant un entrepôt et un grand ciel bleu
  1. La vie (utilisation) 

Une fois le produit acheté, il est utilisé de diverses manières ce qui produit un impact plus ou moins conséquent sur l’environnement. Les étapes sont moins nombreuses mais  peuvent consommer une quantité non négligeable de ressources (carburant, énergie, eau) : 

  • le transport ; 
  • le déballage ; 
  • la préparation et/ou l’usage ; 
  • l’entretien.
  1. La mort (valorisation ou élimination)

L’ACV d’un produit ne s’arrête pas à son utilisation ou sa production ; la gestion de sa fin de vie est primordiale. Qu’est-ce qu’on en fait quand on ne peut plus l’utiliser ? Le produit est-il simplement éliminé ou bien est-il revalorisé ? 

Cette dernière phase de “déchet” est souvent compliquée et la gestion approximative est source de problèmes environnementaux. Les décharges illégales ou les incinérations sauvages en sont la preuve. 

Les diverses étapes de cette fin de vie concernent : 

  • la collecte ; 
  • le transport ; 
  • la valorisation (recyclage) ; 
  • l’élimination. 

Les impacts environnementaux vont de la pollution de l’air, des sols et de l’eau aux émissions toxiques.

Faire une ACV par étapes permet de voir la pression que le produit exerce sur l’environnement, à chaque moment de sa vie. Cette approche permet d’optimiser certains facteurs très polluants et de voir des alternatives.

L’approche multi-critères 

L’ACV se base aussi sur plusieurs critères qui analysent les flux entrants et sortants. Un “flux” correspond à tout ce qui entre dans la fabrication d’un produit ou d’un service, et tout ce qui est rejeté en termes de pollution.

Cette collecte d’informations sur les flux est primordiale dans l’ACV. Ces flux sont quantifiés à chaque étape du cycle et peuvent être de différentes natures. Pour les flux entrants, cela peut correspondre à des ressources en eau, en pétrole, en gaz. Pour les flux sortants : des émissions gazeuses, du liquide rejeté, etc. La mesure de ces flux donne des indicateurs d’impacts potentiels sur l’environnement.

Les logiciels d’analyse produit

Pour avoir un bilan produit le plus efficace possible, plusieurs logiciels ACV existent. Ils permettent de calculer les impacts environnementaux potentiels avec transparence en s’appuyant sur des données d’inventaire. 

Attention, en fonction de votre activité, il faut vérifier que le logiciel ait accès aux bonnes bases de données. 

C’est grâce à ces dernières que le logiciel découpe en flux l’intégralité d’un produit en 2 catégories distinctes : ses composants et les énergies nécessaires à sa fabrication. 

Il permet surtout de travailler en équipe et de simplifier le processus. Sans logiciel, il est possible de remplir un tableau manuellement si l’on a accès aux bonnes bases de données.

Greenly vous permet notamment de réaliser des ACV lors de votre bilan carbone.


Logo de recyclage en gros plan sur une poubelle.

Quelles sont les étapes d’une ACV ? 

L’ACV se compose de 4 étapes majeures, toutes distinctes et en même temps interdépendantes. Les retours sont nécessaires tout au long de la démarche, pour avancer en gardant de vue ses objectifs. 

Définir les objectifs du champ de l’étude 

Le plus important est d’encadrer les objectifs de l’étude. Est-ce que vous faites une ACV pour faire une comparaison, une écoconception ou bien une déclaration environnementale ?  

Il faut déterminer  :

  • les fonctions du projet étudié
  • l’unité fonctionnelle choisie
  • les frontières du système étudié et ses limites. 
  • la cible de l’étude : interne ou externe à l’entreprise. 

L’unité fonctionnelle est une unité de mesure qui permet d’effectuer les comparaisons finales. C’est elle qui sert à évaluer le service rendu par le produit.

 3 critères doivent être étudiés pour avoir une unité fonctionnelle pertinente : 

  • la durée de vie du produit ; 
  • la quantité et la fréquence d’utilisation ; 
  • la performance.

L’inventaire (ICV) des données sur le cycle de vie 

L’étape précédente permet de cadrer les limites de l’étude et donc de sélectionner les indicateurs à prendre en compte. Il en découle un inventaire du cycle de vie (ICV) qui mesure les flux de matières et d’énergies entrants et sortants, pour appréhender l’impact environnemental de chaque étape ; c’est l’étape de comptabilité analytique des flux.

2 types de flux sont collectés durant l’ICV : 

  • les facteurs d’activités : les kilomètres parcourus, les tonnes transportées, les kWh consommés ; 
  • les facteurs d’émissions  : gramme de NOx rejeté dans l’air, gramme de PO4 dans l’eau.

Toutes ces données sont déduites des facteurs d’activités, des facteurs d’émissions et de diverses banques de données. Elles peuvent être complétées par des données génériques (ou secondaires) issues de calculs lorsque les données spécifiques ne sont pas accessibles. 

De nombreuses erreurs peuvent survenir lors de cette étape, d’où la facilité d’avoir un logiciel d’analyse du produit. Certaines procédures de contrôle peuvent être mises en place pour une meilleure vérification.

L’évaluation des impacts environnementaux sur l’ensemble des cycles de vie 

Vient ensuite l’étape de l’évaluation des impacts et dommages potentiels. Cela dépend des flux de matières et d’énergie recensés, des indicateurs de calcul et de caractérisation choisis. Ces flux identifiés se déclinent ensuite en 2 catégories : les midpoints et les endpoints

Les midpoints 

Les midpoints de l’ACV ce sont les indicateurs d’impacts potentiels. C’est la catégorie à impacts “problématiques” qui retranscrit les postes les plus polluants, avec le plus d’impact sur l’environnement. Il s’agit de la consommation ou l’émission de substances toxiques ramenées à une unité commune. 

Ces risques peuvent se porter sur la santé humaine, sur l’écosystème, etc.

Par exemple, l’impact environnemental de l’acidification des sols qu’engendre un produit ou un service est mesuré en équivalent SO2 (dioxyde de soufre).

Les endpoints

Les endpoints concernent la catégorie d’impacts orientée vers les dommages. Ils mettent le doigt sur les dégâts finaux causés par les consommations ou les émissions de certaines substances. On parle ici de dommages potentiels

Par exemple, pour revenir sur l’acidification des sols mentionnée au-dessus, en endpoint ce point sera mesuré et quantifié en termes de perte de biodiversité sur une surface donnée. On mesure l’impact en PDF (Potentially Disappeared Fraction of Species). 

Poubelle débordant de cartons à recycler devant un mur blanc.

L’interprétation des résultats et mise en place d’axes d’amélioration

La dernière étape consiste à interpréter l’ensemble du processus afin de voir les endroits où il est possible de proposer des alternatives moins polluantes pour s’orienter vers une écoconception.

L’entièreté de la démarche est itérative et nécessite des validations régulières pour avancer vers ses objectifs. Il est possible que certaines données soient inaccessibles et qu’il faille donc modifier le champ d’étude défini en étape 1. 

Pourquoi faire un ACV ? 

L’identification des enjeux environnementaux 

L’ACV permet de voir les processus les plus polluants pour y remédier et devient un réel outil de stratégie environnementale. En plus de faire baisser votre bilan carbone, une fois les problèmes remédiés, l’ACV s’inscrit dans une réelle démarche d’amélioration continue.

L’Analyse de Cycle de Vie présente une vision globale des impacts générés qui peut se décliner selon différentes simulations. 

Développer des produits écoconçus 

Identifier les points forts et les facteurs polluants de votre produit ou service permet d’y remédier et d’orienter des choix vers l’écoconception. L’AVC est un réel outil d’aide à la décision pour conduire une politique écoresponsable pour tendre vers des critères d’écolabellisation.  

Changer l’emballage, le procédé d’extraction des matières premières, améliorer le transport ou la revalorisation à la fin de vie du produit met en avant l’attention portée à l’environnement.

Comparer l’impact environnemental de vos produits 

À service rendu égal, l’impact environnemental sert de plus en plus souvent à départager deux produits ou services. L’ACV met en avant certains choix plus polluants que d’autres, ce qui permet de les éviter pour préserver les ressources. Cette considération élargie permet d’avoir une réelle compréhension de tous les impacts qui peuvent découler de petites choses, comme des gros objets.

Communiquer sur vos engagements 

Mener à terme un ACV sur un de vos produits ou services est un bon moyen d’avoir conscience des impacts environnementaux réels qu’ils engendrent. C’est notamment ce que recherchent de plus en plus les client·es : de la transparence. 

Faire une ACV est un bon moyen d’avoir des chiffres factuels sur votre impact, votre empreinte carbone et vos émissions CO2. Communiquez-les afin d’être dans une démarche d’amélioration continue. Tout cela s’inscrit dans votre stratégie environnementale et une démarche RSE.

L’ACV du secteur textile selon Greenly 

Vous êtes dans le domaine vestimentaire et vous avez envie d’en connaître plus sur la méthodologie de Greenly pour faire l’ACV d’un de vos produits ? Voici quelques explications. 

De nombreuses normes méthodologiques sectorielles sont actuellement en cours de développement. En ce qui concerne l’habillement, celle rédigé par l’ADEME et l’AFNOR en 2016 constitue un point de référence. Elle définit les règles à suivre et les valeurs génériques à utiliser lors de la modélisation de l’ACV d’un produit de ce secteur.

🌿 Analyse des matières premières

Récolte de données physiques sur la composition 

Après récolte des données sur la composition des produits,un récapitulatif des compositions en matières premières (en gramme par matériau) de  chaque produit est établi.

Empreinte carbone des matériaux 

Les émissions qui découlent de toute la chaîne de production des fibres textiles (en kgCO2e/kg) sont issues de bases de données ACV standard. Elles sont complétées, si besoin, par des résultats issus de la littérature scientifique.

Conversion en kgCO2e 

On multiplie ensuite le poids de chaque matériau qui compose le produit par leur empreinte carbone pour arriver à l’empreinte carbone  associée à la production des matières premières.

🏭 Fabrication du produit 

Fabrication de l’étoffe 

La fabrication de l’étoffe induit notamment une consommation importante d’électricité tout au long des étapes qui la composent - filage, tissage ou tricotage. L’empreinte environnementale associée dépend de nombreuses variables : processus utilisés, type de matière, titrage des fils.

Ennoblissement 

L'ennoblissement recouvre toutes les étapes de traitement qui permettent d’atteindre une certaine qualité de l’étoffe. Là encore, les externalités environnementales dépendent grandement des techniques spécifiques employées : teinture (sur fil ou sur étoffe), impressions, apprêt chimique ou mécanique.  

Confection 

La confection englobe les étapes finales de la fabrication du produit : découpage, repassage, couture.

Comme pour les étapes précédentes,l’empreinte carbone est notamment liée à la consommation d’électricité et l’intensité carbone de cette dernière dépend de l’emplacement géographique de l’usine.

🚍 Transport 

Le transport est modélisé à plusieurs niveaux correspondant aux différentes étapes de l’analyse de cycle de vie. Il englobe notamment l’acheminement des matières premières, les trajets entre les usines et les entrepôts de stockage et la distribution au client.

L’empreinte carbone est calculée pour chaque moyen de transport en multipliant la distance parcourue (donnée en km) par le poids de la marchandise transportée et un facteur d’émissions propre au véhicule considéré (en kgCO2e/t.km).

🎽 Usage

La prise en compte de l’impact généré par l’usage du produit par le consommateur est cruciale dans le cadre de la mesure d’impact dans le secteur du textile. De nombreuses études ont montré que cette phase pouvait être prépondérante dans l’empreinte finale du produit. La négliger fausserait donc le calcul, notamment dans l’optique de la comparaison entre plusieurs produits.

Les émissions proviennent notamment de la consommation électrique des machines lors du lavage et du séchage des habits. Les résultats varient donc selon le lieu de vente, suivant l’intensité carbone du pays en question. En France, l’électricité peu carbonée a tendance à faire apparaître une contribution relativement plus faible de cette phase comparée à d’autres pays.d

Fin de vie 

La fin de vie des produits textiles peut être à l’origine d’une quantité plus ou moins importante d’émissions selon la méthode de traitement (enfouissement, incinération, réemploi, effilochage, chiffon d’essuyage). 

Le destin d’un produit n’étant en général pas connu par avance, un scénario de référence établie par l’ADEME est utlisé.

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