Tout connaître sur l'ACV (Analyse de Cycle de Vie) en 2021

Qu'est ce qu'une analyse de cycle de vie, aussi appelée ACV ? À quoi ça sert et pourquoi en faire une ? Greenly vous explique tout ce qu’il faut savoir !

Bilan carbone 📊
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8/9/2021 19:05
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Sommaire

L’Analyse de Cycle de Vie, aussi appelée ACV, est essentielle quand on cherche à comprendre l’impact d’un produit ou d’un service sur l’environnement.

Chaque produit ou service a son propre cycle de vie : on le conçoit, on le vend ou l'achète, on l’utilise puis on le jette ou on le revalorise. Lorsque l’on souhaite faire mesurer l'empreinte carbone de son entreprise, faire une analyse de cycle de vie (ACV) de certains produits ou services est essentiel. 

Mais comment faut-il procéder pour réaliser cette analyse ? Quels sont les critères à prendre en compte ? On vous explique tout dans cet article !

Deux ordinateurs et paires de mains vue du dessus

 

Qu’est-ce qu’une ACV ? 

ACV, définition

L’analyse de cycle de vie est une méthode d’évaluation qui sert à quantifier les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service, l’objectif étant de pouvoir tendre vers l'écoconception. L'ACV permet également d'obtenir une comparaison pertinente entre différents produits ou services du même type pour choisir le plus performant et le moins impactant.

L'ACV est ainsi un outil indispensable pour mettre en avant les facteurs de pollution et donc les solutions pour améliorer ses performances environnementales.

Cette méthode est standardisée à l’échelle internationale et normée (ISO 14040-44). Elle permet d’avoir une approche globale pour appréhender tous les impacts potentiels sur l’environnement. 

Homer simsons regarde un dictionnaire


L’ACV est intéressante pour : 

  • les instances publiques internationales, nationales et européennes ;
  • la communauté scientifique ;
  • les industriels.

L’AVC est-elle faite pour vous ? Oui, si vous avez envie ou besoin de : 

  • comparer l’impact environnemental de plusieurs produits avec la même fonction ;
  • fournir au législateur des données pour mettre en place des règlements environnementaux ; 
  • d’écoconcevoir des produits ; 
  • d’améliorer la performance environnementale d’un produit existant.

De l’extraction des matières premières à la gestion de la fin de vie, en passant par l’utilisation, l’ACV permet de mesurer l'impact environnemental de son produit avec une approche globale multi-étapes et multi-critères.

L’ACV et son approche cycle de vie

La méthodologie de l'ACV dresse l’inventaire des flux associés à la fabrication et à la conception d’un produit ou service afin de quantifier les ressources naturelles exploitées et les externalités associées, et ce « du berceau à la tombe ».

La naissance du produit (production et distribution)

Les étapes associées à la naissance du produit sont souvent consommatrices en termes d’énergie et de ressources. Elles recouvrent : 

  • l’extraction ou la production de matières premières ; 
  • le transport de ces matières ; 
  • la production des composants et leur transport ; 
  • l’assemblage de l’ensemble ;
  • l’emballage du produit fini et sa distribution. 

Les ressources consommées vont du carburant (pour le transport), à lélectricité (pour l’extraction ou la production) en passant par l’eau ou les substances chimiques - potentiellement dangereuses

L’impact se mesure de différentes manières : 

  • la pollution de l’air, de l’eau et des sols ; 
  • la destruction de l’écosystème et la biodiversité ; 
  • les émissions de CO2. 


Camion rouge devant un entrepôt et un grand ciel bleu

La vie (utilisation) 

Une fois le produit acheté, son utilisation a elle aussi un impact sur l'environnement. Les étapes sont moins nombreuses mais  peuvent consommer une quantité non négligeable de ressources (carburant, énergie, eau) : 


La mort (valorisation ou élimination)

L’ACV d’un produit ne s’arrête pas à son utilisation ou sa production ; la gestion de sa fin de vie est primordiale. Qu’est-ce qu’on en fait quand on ne peut plus l’utiliser ? Le produit est-il simplement éliminé ou bien est-il revalorisé ? 

Cette dernière phase est souvent compliquée et une gestion approximative est source de problèmes environnementaux. Les décharges illégales ou les incinérations sauvages en sont la preuve. 


Les diverses étapes de cette fin de vie concernent : 

  • la collecte ; 
  • le transport jusqu'au lieu de fin de vie ; 
  • la valorisation (recyclage) ; 
  • l’élimination. 

Les impacts environnementaux vont de la pollution de l’air, des sols et de l’eau aux émissions toxiques.

Logo de recyclage en gros plan sur une poubelle.


L’approche multi-critères de l'ACV

Bon à savoir, l’ACV se base aussi sur plusieurs critères qui analysent les flux entrants et sortants.

Un flux correspond à tout ce qui intervient dans la fabrication d’un produit ou d’un service, et tout ce qui est rejeté en termes d'externalités négatives et de pollution.

Cette collecte d’informations sur les flux est primordiale dans l’ACV. Les flux sont quantifiés à chaque étape du cycle et peuvent être de différentes natures. Les flux entrants, peuvent par exemple correspondre à des ressources en eau, en pétrole, en gaz. Pour les flux sortants, il s'agira plutôt d'émissions gazeuses, de liquide rejeté, etc.

La mesure de ces flux donne in fine des indicateurs d’impacts potentiels sur l’environnement.

Les logiciels d’ACV

Pour avoir un bilan produit le plus efficace possible, plusieurs logiciels d'ACV existent. Ils permettent de calculer les impacts environnementaux potentiels avec transparence en s’appuyant sur des données d’inventaire. 

Homme tapant sur un ordinateur


Attention, en fonction de votre activité, il faut vérifier que le logiciel ait accès aux bonnes bases de données. C’est grâce à ces dernières que le logiciel découpe en flux l’intégralité d’un produit en deux catégories distinctes : ses composants et les énergies nécessaires à sa fabrication. 

Il permet surtout de travailler en équipe et de simplifier le processus. Sans logiciel, il est aussi possible de remplir un tableau manuellement à condition d'avoir accès aux bonnes données et de savoir soi-même les utiliser.

Outre votre bilan carbone, Greenly vous permet également de réaliser une ACV. Découvrez par exemple le travail réalisé par nos experts pour la marque de prêt-à-porter CABAÏA.


Quelles sont les étapes d’une ACV ? 

L’ACV se compose de 4 étapes majeures interdépendantes.

Définir les objectifs de l'ACV

Le plus important est d’encadrer les objectifs de l’étude. Est-ce que vous faites une ACV pour faire une comparaison entre différents produits, pour vous lancer dans une démarche d'écoconception ?  

Un chien tourne en rond autour d'une caisse


Il faut déterminer  :

  • les fonctions du projet étudié
  • l’unité fonctionnelle choisie
  • les frontières du système étudié et ses limites. 
  • la cible de l’étude : interne ou externe à l’entreprise. 


L’unité fonctionnelle est une unité de mesure qui permet d’effectuer les comparaisons finales. C’est elle qui sert à évaluer le service rendu par le produit.

 3 critères doivent être étudiés pour avoir une unité fonctionnelle pertinente : 

  • la durée de vie du produit ; 
  • la quantité et la fréquence d’utilisation ; 
  • la performance.

L’inventaire (ICV) des données sur le cycle de vie 

L’étape précédente permet de cadrer les limites de l’étude et ainsi de sélectionner les indicateurs à prendre en compte. Il en découle un inventaire du cycle de vie (ICV) qui mesure les flux de matières et d’énergies entrants et sortants, pour appréhender l’impact environnemental de chaque étape : c’est la phase de comptabilité analytique des flux.

2 types de flux sont collectés durant l’ICV : 

  • les facteurs d’activités : kilomètres parcourus, tonnes transportées, kWh consommés ; 
  • les facteurs d’émissions  : grammes de NOx rejeté dans l’air, grammes de PO4 dans l’eau.

Toutes ces données sont déduites des facteurs d’activités, des facteurs d’émissions et de diverses banques de données. Elles peuvent être complétées par des données génériques (ou secondaires) issues de calculs lorsque les données spécifiques ne sont pas accessibles. 

Une femme dit qu'elle va faire des erreurs


De nombreuses erreurs peuvent survenir lors de cette étape, d’où l'importance d’avoir accès à un logiciel d’analyse du produit ou de faire appel à un expert. Certaines procédures de contrôle peuvent être mises en place pour une meilleure vérification.

L’évaluation des impacts environnementaux sur l’ensemble des cycles de vie 

Vient ensuite l’étape de l’évaluation des impacts et dommages potentiels. Cela dépend des flux de matières et d’énergie recensés, des indicateurs de calcul et de caractérisation choisis.

Ces flux identifiés se déclinent ensuite en 2 catégories : les midpoints et les endpoints

Les midpoints 

Les midpoints de l’ACV sont les indicateurs d’impacts potentiels. Il s'agit la catégorie à impacts problématiques, qui retranscrit les postes les plus polluants et avec le plus d’impact sur l’environnement. La consommation ou l’émission de substances toxiques est ici ramenée à une unité commune. 

Un homme boit du pétrole

Ces risques peuvent notamment porter sur la santé humaine, sur l’écosystème, etc.


Un exemple ? L’impact environnemental de l’acidification des sols qu’engendre un produit ou un service est mesuré en équivalent SO2 (dioxyde de soufre).

Les endpoints

Les endpoints concernent la catégorie d’impacts orientée vers les dommages. Ils mettent l'accent sur les dégâts finaux causés par les consommations ou les émissions de certaines substances. On parle ici de dommages potentiels

Pour reprendre l'exemple de l’acidification des sols mentionnée ci-dessus, en endpoint ce point sera mesuré et quantifié en termes de perte de biodiversité sur une surface donnée. On mesure l’impact en PDF (Potentially Disappeared Fraction of Species). 

Poubelle débordant de cartons à recycler devant un mur blanc.

L’interprétation des résultats de l'ACV

La dernière étape consiste à interpréter l’ensemble du processus afin de voir les endroits où il est possible de proposer des alternatives moins polluantes.

L’entièreté de la démarche est itérative et nécessite des validations régulières pour avancer vers ses objectifs. Il est possible que certaines données soient inaccessibles et qu’il faille donc modifier le champ d’étude défini en étape 1. 

Pourquoi faire une ACV ? 

L’identification des enjeux environnementaux 

L’ACV permet de repérer les processus les plus polluants et devient un réel outil de stratégie environnementale afin d'y remédier. En plus de permettre l'amélioration de votre bilan carbone à un instant T, l’ACV vous inscrit dans une réelle démarche d’amélioration continue.

dessin animé de la la terre qui explose


Développer des produits écoconçus 

Identifier les points forts et les facteurs polluants de votre produit ou service permet d’y remédier et d’orienter vos choix vers l’écoconception. L’AVC est un réel outil d’aide à la décision pour conduire une politique écoresponsable et tendre vers des critères d’écolabellisation.  

Changer l’emballage, le procédé d’extraction des matières premières, améliorer le transport ou la revalorisation à la fin de vie du produit met en avant l’attention portée à l’environnement par votre entreprise.

un homme dit I love it

Comparer l’impact environnemental de vos produits 

À service rendu égal, l’impact environnemental sert souvent à départager deux produits ou services. L’ACV met en évidence des hypothèses et situations plus polluantes que d’autres, ce qui permet de les éviter pour préserver les ressources. Cette considération élargie permet d’avoir une réelle compréhension de tous les impacts que peuvent avoir vos produits afin de faire vos choix de façon éclairée.

une femme a une idée

Communiquer sur vos engagements 

Mener à terme une ACV pour vos produits ou services est un bon moyen d’avoir conscience et de communiquer sur les impacts environnementaux réels qu’ils engendrent. C’est notamment ce que recherchent de plus en plus vos client·es et vos différentes parties prenantes : de la transparence et de la responsabilité. 

L'ACV vous permettra d'avoir des informations et chiffres factuels sur votre impact à utiliser dans votre rapport RSE. Bien loin du greenwashing, tout cela s’inscrit dans votre stratégie environnementale, qui est désormais un indispensable pour la réputation de votre entreprise.

L'exemple de l’ACV du secteur textile par Greenly 

Vous êtes dans le domaine du textile et vous avez envie d’en connaître plus sur la méthodologie de Greenly pour faire l’ACV d’un de vos produits ? Voici quelques explications. 

un homme dit qu'il n'a pas besoin d'une autre chemise


De nombreuses normes méthodologiques sectorielles sont actuellement en cours de développement. En ce qui concerne l’habillement, celle rédigé par l’ADEME et l’AFNOR en 2016 constitue un point de référence. Elle définit les règles à suivre et les valeurs génériques à utiliser lors de la modélisation de l’ACV d’un produit de ce secteur.

Un exemple d'application ? Découvrez le travail réalisé par Greenly pour la marque de prêt-à-porter CABAÏA.

🌿 Analyse des matières premières

Récolte de données physiques sur la composition 

Après récolte des données sur la composition des produits, un récapitulatif des compositions en matières premières (en gramme par matériau) de  chaque produit est établi.

Empreinte carbone des matériaux 

Les émissions qui découlent de toute la chaîne de production des fibres textiles (en kgCO2e/kg) sont issues de bases de données ACV standard. Elles sont complétées, si besoin, par des résultats issus de la littérature scientifique.


Conversion en kgCO2e 

On multiplie ensuite le poids de chaque matériau qui compose le produit par leur empreinte carbone pour arriver à l’empreinte carbone  associée à la production des matières premières.

🏭 Fabrication du produit 

Fabrication de l’étoffe 

La fabrication de l’étoffe induit notamment une consommation importante d’électricité tout au long des étapes qui la composent - filage, tissage ou tricotage. L’empreinte environnementale associée dépend de nombreuses variables : processus utilisés, type de matière, titrage des fils.

Ennoblissement 

L'ennoblissement recouvre toutes les étapes de traitement qui permettent d’atteindre une certaine qualité de l’étoffe. Là encore, les externalités environnementales dépendent grandement des techniques spécifiques employées : teinture (sur fil ou sur étoffe), impressions, apprêt chimique ou mécanique.  

Un chat fait de la couture

Confection 

La confection englobe les étapes finales de la fabrication du produit : découpage, repassage, couture.

Comme pour les étapes précédentes, l’empreinte carbone est notamment liée à la consommation d’électricité, et l’intensité carbone de cette dernière dépend de l’emplacement géographique de l’usine.

🚍 Transport 

Le transport est modélisé à plusieurs niveaux correspondant aux différentes étapes de l’analyse de cycle de vie. Il englobe notamment l’acheminement des matières premières, les trajets entre les usines et les entrepôts de stockage et la distribution au client.

L’empreinte carbone est calculée pour chaque moyen de transport en multipliant la distance parcourue (donnée en km) par le poids de la marchandise transportée et un facteur d’émissions propre au véhicule considéré (en kgCO2e/t.km).

Un petit camion jaune est conduit par un enfant

🎽 Usage

La prise en compte de l’impact généré par l’usage du produit par le consommateur est cruciale dans le cadre de la mesure d’impact dans le secteur du textile. De nombreuses études ont montré que cette phase pouvait être prépondérante dans l’empreinte finale du produit. La négliger fausserait donc le calcul, notamment dans l’optique de la comparaison entre plusieurs produits.

Les émissions proviennent notamment de la consommation électrique des machines lors du lavage et du séchage des habits. Les résultats varient donc selon le lieu de vente, suivant l’intensité carbone du pays en question. En France, l’électricité peu carbonée a tendance à faire apparaître une contribution relativement plus faible de cette phase comparée à d’autres pays.

♻️ Fin de vie 

La fin de vie des produits textiles peut être à l’origine d’une quantité plus ou moins importante d’émissions selon la méthode de traitement (enfouissement, incinération, réemploi, effilochage, chiffon d’essuyage). 

Le destin d’un produit n’étant en général pas connu par avance, un scénario de référence établie par l’ADEME est utilisé.

Obama est heureux

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