Comment rendre la finance verte ?

Qu'est-ce que la finance verte ? Comment rendre son épargne éco-responsable ? Qu'est-ce qu'un fond vert ? Toutes les réponses à vos questions dans cet article.

Finance durable 🏦

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11

 minutes de lecture

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20/10/2021

Savez-vous que 5 000 euros déposés sur un compte courant au sein d’une grande banque polluerait en moyenne autant qu'un aller-retour Paris - New York* ? Et oui, notre épargne influe sur l’environnement. Alors est-il possible de concilier finance et écologie ? Le développement durable sera-t-il toujours relégué à l'arrière-plan dès lors que des flux financiers sont impliqués ? Que nenni, depuis l’avènement de la finance verte…

La finance verte recouvre le financement de projets et entreprises ayant des impacts positifs sur l’environnement et œuvrant pour une économie durable, juste et saine. Et bonne nouvelle, elle est tout à fait accessible aux particuliers et entreprises de toutes tailles ! 

Qu'est-ce que la finance verte ?

La finance verte, c’est peut-être l’une des solutions les plus prometteuses à la crise climatique. 

A l’heure où le secteur de la finance est de plus en plus décrié, la société américaine BlackRock, qui gère 7000 milliards de dollars d'investissements, a juré de promouvoir une finance plus respectueuse de l'environnement. Néanmoins, à l’image du plus gros acteur mondial en matière d'investissements et de gestion d'actifs, de plus en plus de fonds s’emparent de la problématique. La (relative) prise de conscience écologique qui traverse de grands pans de la société a dorénavant atteint aussi la finance, et c’est tant mieux. 

Greenly - Qu'est-ce que la finance verte ?

Définition de la finance verte

Concrètement, la finance verte dite aussi finance durable entend stimuler l’accélération de la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique via les financements verts

L’idée a été popularisée par l’économiste et banquier britannico-canadien Mark Joseph Carney, qui alerte sur les dérives du système. Nommé gouverneur de la Banque d'Angleterre en 2012, il prononce en 2015 devant les membre du Lloyd’s of London un discours référent lors duquel il dénonce l’aveuglement des banque face à la catastrophe climatique : 

“Nous n’avons pas besoin d’une armée d’actuaires pour nous dire que les conséquences catastrophiques du changement climatique se manifesteront bien après les horizons traditionnels de la plupart des acteurs, imposant un coût aux générations futures que les générations actuelles n’ont pas d’intérêt direct à régler. Cela est au-delà du cycle économique, du cycle politique, et de l’horizon des autorités technocratiques comme les banques centrales. (...) En d’autres termes, une fois que le changement climatique devient un sujet pour la stabilité financière, il peut être déjà trop tard.” 

L’une des solutions proposées par le secteur repose donc sur les financements verts. Ces derniers englobent les financement de :

  • projets et d’entreprises engagées dans une démarche écologique : reforestation, recyclage de matière première pour la fabrication de nouveaux produits, etc…  
  • projets et entreprises engagées dans une démarche sociale ou sociétale : promotion du commerce équitable et d'une répartition plus juste des richesses. 

Au niveau des épargnants, plusieurs solutions existent : livrets, comptes à terme (compte d'épargne où les sommes déposées sont bloquées pendant une certaine période), obligations et assurance-vie. 

Parmi les structures les plus répandues au service de la finance verte, les fonds verts…

La finance verte : un important levier d’action 

Le postulat de base, c’est que via leurs investissements, les banques façonnent la société et le monde dans lesquels nous vivons. Jusqu’à maintenant, le bilan carbone du secteur financier laissait plutôt à désirer… Selon un rapport publié en 2020 par Oxfam France, les banques orienteraient 70 % de leurs financements énergétiques vers les fossiles, responsables de 80 % des émissions de CO2 mondiales. Toujours selon l’ONG, le choix d’investissement et de financement des quatre grandes banques multinationales françaises ferait état d’un système obsolète reposant sur les énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz. Par leurs choix de financement, les banques françaises nous emmèneraient donc vers un monde à +4°C…

À noter : les conclusions du rapport de l’ONG ont été contestées à leur publication par Frédéric Oudéa, le patron du groupe Société générale et de la FBF : "C'est totalement faux. Ces sujets graves, qui nous concernent comme chef d'entreprise, comme banquier, comme parent, méritent un débat sérieux et des méthodes sérieuses."

À contre-courant de la tendance historique, la finance verte entend bien dépolluer le secteur. 

En accord avec les engagements de la loi de transition énergétique pour la croissance votée en 2015, la finance verte ou durable est se doit d'œuvrer pour  réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030. 

Dans le cadre de l’Accord de Paris, la l’Etat français entend soutenir le développement de ce nouveau type de finance afin de s’imposer en tant que leader et référence sur la scène internationale. 

Petit rappel : adopté en 2015 par presque 200 pays, l’Accord de Paris a fixé comme objectif commun le fait de :

  • contenir la hausse de température à 2°C 
  • atteindre zéro émission nette entre 2050 et 2100
La finance verte : un important levier d'actions

Les fonds verts : un outil au service de la finance verte

Les fonds verts sont parmi les mécanismes issus du secteur financier les plus efficaces pour endiguer le réchauffement climatique. Pour rendre leur lecture et classification plus aisée, deux labels ont été mis au point. Objectif : démocratiser les fonds verts tout en misant sur la transparence. 

Les premiers types de fonds sont les fonds labellisés Greenfin. Leur fonction est de doper la transition énergétique afin de ralentir au maximum le réchauffement de la planète. Le label recouvre non seulement une garantie de contribution effective au financement de la transition pour les investisseurs, mais il représente aussi un gage de crédibilité et de visibilité pour les fonds d’investissement verts.

Les critères du label s’articulent autour de 3 axes garant de la contribution réelle à la transition : 

Le label Greefin a été créé par le ministère de la Transition écologique et solidaire afin de mettre à l’honneur près de 55 fonds dont les encours avoisinent les 17 milliards d’euros. 

Parmi ces fonds labellisés Greenfin, les fonds verts ou environnementaux, qui investissent dans des entreprises dont le cœur de métier est l’environnement ou réalisant une part importante de leur chiffre d'affaires dans une activité dite “verte”. Cela peut par exemple inclure : 

  • les industries environnementales
  • les solutions en faveur de la transition énergétique et écologique
  • les énergies renouvelables
  • les Green Tech
  • certaines sociétés oeuvrant dans la santé ou le bien-être

Principalement investis dans des actions et obligations, ils se développent depuis le début des années 2000 sans que leur poids n’ait jusqu'à présent dépassé 1 % du marché européen des fonds d’investissement.

Il faut également compter avec les fonds d’actifs verts non cotés, développés plus récemment, qui eux investissent dans :

  • les infrastructures
  • le capital investissement
  • l’immobilier
  • les forêts… 
💡NB : Depuis la signature de l’Accord de Paris, les fonds d’actifs non cotés sont en plein boom.  D’après le site Novethic, ils seraient 223 en Europe, regroupant près de 57,6 milliards en Europe en janvier 2019. 

Parmi les fonds labellisés Greenfin, il y a aussi les green-bonds.

Le marché des green-bonds pour financer les énergies renouvelables

Les obligations vertes, dites « Green Bonds » en anglais sont elles aussi en pleine croissance. D’après Climat Bonds Initiative, elles compteraient même pour 168,5 milliards de dollars en 2019. Émises par des acteurs institutionnels à l’instar de la Banque mondiale de grandes entreprises, elles ont pour but de financer des projets dans : 

💡NB : La France a émis pour 13 milliards d’euros de Green Bonds au premier semestre 2019.

Les fonds labellisés ISR

L'appellation des fonds labellisés ISR signifie Investissement Socialement Responsable.

Cela regroupe les fonds qui ne sélectionnent pas uniquement des entreprises sur critères financiers, mais prennent également en compte des critères ESG. Ils permettent d’investir dans des organisations qui défendent non seulement des enjeux environnementaux mais aussi sociaux dans le but de favoriser le développement d'un modèle de société plus sain et pérenne. En décembre 2019, ces fonds représentaient près de 120 milliards d’euros d’encours. 

💡 NB : Les entreprises proposant à leurs collaborateurs un Perco (Plan d’épargne retraite collectif) ou un PEE (Plan d’épargne entreprise) sont dans l’obligation d'y intégrer au moins un fond ISR. Depuis janvier 2020 et en application de la loi Pacte, chaque contrat d’assurance-vie doit également intégrer un fonds de ce type, ainsi qu’un fond labellisé Greefin à compter de 2022. 
Les fonds labellisés verts

Comment les particuliers peuvent-ils accéder à la finance verte ?

Que les particuliers qui désirent accéder à la finance verte et mettre leur épargne au service du développement durable se rassurent ! Le secteur n’est pas l’apanage des organisations ou des plus aisés. Tout le monde peut y participer ! 

Pour cela, plusieurs possibilité, comme investir dans des organismes de placements collectif en valeurs mobilières (OPCVM), des sociétés d’investissement à capital variable (SICAV), des fonds communs de placement (FCP) ou des obligations vertes, au moyen d’un : 

  • compte titre ordinaire
  • Plan d’Épargne en Actions (PEA), si le fond ISR y est éligible 
  • contrat d’assurance-vie
  • épargne salariale ou de retraite collective, si elles sont proposées 
  • plan épargne retraite 

Mais le plus simple, c’est encore de rejoindre une néo banque verte...

Les néo banques vertes 

Vous souhaitez placer votre argent dans une néo-banque verte mais vous ne savez pas laquelle choisir ? On va vous donner quelques idées… 

Tout d’abord, c’est quoi une néo banque verte ? Dans le sillage des banques éthiques, les néo banques vertes entendent redessiner les contours des produits bancaires et démontrer que des produits verts peuvent tout à fait fonctionner commercialement en soutenant des projets non nuisibles à l’environnement. Ou comment l’épargne des acteurs se transforment en épargne verte… 

Quelques exemples de neo banques vertes : 

  • Green-Got : créée en 2020 et comptant près de 4000 clients, Green-Got offre à ses clients tous les services d’une néo-banque, avec en plus une empreinte "verte". En effet, l’organisation veut contribuer à réduire l’empreinte carbone en proposant à ses clients d'investir leurs fonds dans des obligations vertes. Comme tout établissement financier, l’argent disponible sur le compte courant d’un client est placé par la banque afin de le faire fructifier sans jamais investir dans les énergies fossiles, comme la plupart des banques. En outre, la néo-banque propose à ses clients de bénéficier du système de l’arrondi pour financer la plantation d’arbres, tout comme le système de parrainage, mis au service de la planète.  
  • Hélios : la banque s’engage à ne pas financer les secteurs qui menacent notre environnement, la biodiversité ou les Hommes, à savoir le charbon, l’extraction pétrolière mais également les armements, l’élevage intensif, ou encore les pesticides chimiques. L'ensemble des sommes investies sont alloués à des projets concrets alignés avec la transition vers une économie plus bas carbone, comme l’agriculture durable, le traitement des déchets ou encore la conservation des écosystèmes naturels.
  • Goodvest : l'organisation propose l’élaboration d’un portefeuille sur mesure en fonction de votre situation, objectifs et valeurs via des fonds gérés par des sociétés de gestion pionnières dans l’investissement responsable. 

Quand l'épargne devient responsable

Mettre son épargne au vert, cela signifie devenir un acteur financier au service de la lutte contre le réchauffement climatique

Dans cette perspective, l’application Rift a vu le jour afin de sensibiliser à l'impact social et environnemental des fonds déposés dans une banque. Le principe est simple : informer le grand public sur la manière dont son argent est utilisé par les banques. Pour cela, l'utilisateur n’a qu’à se créer un compte, indiquer les sommes dont il dispose, dans quel établissement, et sur quel type de produits. Un premier pas pour mieux cerner l’impact de nos finances… 

Mettre son épargne au vert

En somme, il s’agit de miser sur des projets et actions dits “bas carbone”, c'est-à-dire pauvres en émissions de carbone et autres de gaz à effet de serre. Pour bien les identifier, le Label bas-carbone, créé par le ministère de la Transition écologique, propose des perspectives de financement à des projets locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, il contribue à accompagner la transition écologique à l’échelon territorial. 

En 2019, les entreprises européennes ont consacré 124 milliards d’euros à des nouveaux investissements bas carbone (source : étude publiée par l’organisation à but non lucratif Carbone Disclosure Project), dont près de la moitié en recherche et développement. En tête de liste des secteurs ayant absorbés la plus grosse part de ces investissements : 

  • les technologies liées aux véhicules électriques (43 milliards d'euros)
  • les investissements dans les énergies renouvelables (16 milliards d'euros)
  • les infrastructures de réseaux énergétiques (15 milliards d'euros)
  • les programmes de maîtrise de la demande pour l’énergie intelligente (8 milliards d’euros) 

Il est aussi possible de participer à cette transition écologique, en investissant son épargne de façon responsable. C’est la mission que s’est fixée Goodvest. Ce nouvel acteur souhaite allier investissement responsable, recherche de rendement et transparence, afin de commencer à financer le monde de demain.

Pour ce faire, ils construisent pour vous les premiers portefeuilles alignés avec une trajectoire estimée maximum de 2° de réchauffement climatique, en procédant à une exclusion stricte des secteurs néfastes comme les énergies fossiles ou l’armement. Cette solution 100% digitale permet notamment à l’épargnant d’accéder à tout moment à ses investissements, leurs empreintes carbones et leurs compositions, afin d’en finir avec l’opacité du secteur ultra-polluant de l’épargne.

Mettre la comptabilité de son entreprise au vert

Mais il n’y a pas que l’épargne et les finances des particuliers qui influent sur la pollution, il y a aussi la comptabilité des TPE et PME…La comptabilité de son entreprise compte aussi pour beaucoup ! 

Mettre la comptabilité de son entreprise au vert

Mesurer les émissions des dépenses de ses collaborateurs-

L’une des pistes est de mesurer les émissions des dépenses de ses collaborateurs. Pour cela, vous pouvez vous appuyer sur deux applications de comptabilité, comme iPaidThat et Pennylane

Alors, que peuvent-elles faire pour vous ? 

  • iPaidThat : collecte automatiquement vos factures fournisseurs et les compare avec votre banque pour ne rien oublier et suivre votre trésorerie en temps réel.
  • Pennylane : la plateforme récupère automatiquement vos différents flux financiers et permet la tenue de votre comptabilité au fil de l'eau.

Une fois chacune des dépenses cartographiée, le logiciel Greenly permet de réduire drastiquement le temps et les coûts liés à votre engagement climat en mesurant précisément et en temps réel les émissions derrière chaque dépense afin de calculer votre bilan carbone et de vous proposer des solutions adaptées. 

🎯Objectif : la tant convoitée (et vitale!) neutralité carbone…

La nécessité du bilan carbone

Le bilan carbone, kézako ? Il s’agit d’un outil de comptabilisation des émissions de GES (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, ozone, méthane…) générées par la fabrication d’un produit ou l’exercice d’une activité. Conçu pour renseigner sur les effets néfastes exercés par l’homme sur son environnement, il permet aux entreprises de mettre en place des plans d’actions pour réduire ces émissions, tout en réalisant d’importantes économies et en profitant de nombreux bénéfices… 

Les banques et l’empreinte carbone de leurs clients

Dorénavant, les banques seront bientôt tenues de publier l’évaluation de l’empreinte carbone de leurs clients… 

Fin 2019, le Règlement SFDR (pour Sustainable Finance Disclosure Regulation) a été adopté par l’Union Européenne. Il concerne la « publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers » et tous les acteurs (banques, assurances, sociétés de gestion, conseillers financiers…) proposant des services financiers au sein de l’UE.

Le règlement SFDR divise les produits en trois catégories :

  • Sans objectif de durabilité
  • Avec des caractéristiques environnementales ou sociales (article 8)

A ce jour, tous les produits catégorisés articles 8 et 9 font l’objet de publications d’informations spécifiques encadrées par le SFDR. Tous les produits doivent en outre définir l’intégration des risques ESG et l’évaluation des impacts sur la rentabilité ainsi que la prise en compte des principales incidences négatives (article 7). 

Les banques et l’empreinte carbone de leurs clients

Bon à savoir : le Réglement SFDR a été conçu dans le sillon du TCFD (pour Task force on climate disclosure), un groupe de travail né lors de la COP21 en 2015. Sa mission : promouvoir la transparence financière liée aux risques climat tout en assainissant les marchés, et surtout souligner les risques financiers liés au changement climatique afin qu’investisseurs, emprunteurs, assureurs et actionnaires puissent prendre des décisions plus éclairées. 

Composé de 32 professionnels et présidé par l’ancien maire de New York Micheal Bloomberg, la TFCD a élaboré en 2016 un rapport faisant état de recommandations articulées autour de 4 grandes lignes directrices : 

  • la gouvernance
  • la stratégie
  • la gestion des risques 
  • les indicateurs et objectifs

Le rapport précise que ces éléments doivent être intégrés dans le  rapport financier des entreprises et non dans un rapport extra-financier.

Publié en 2017, le rapport insiste sur 2 points clés : 

  • Le changement climatique coûtera à l’économie 2 300 milliards de dollars
  • Le reporting est un outil vital pour diminuer le risque car il permet aux parties prenantes d’en évaluer le coût financier 

*Source : l’application Rift. Lorsqu’un particulier dépose de l’argent en banque, les sommes ne sont jamais dormantes. Elles sont investies par la banque dépositaire et servent en grande majorité à financer les énergies fossiles, responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES). Lorsqu’on déclare que 5 000 euros déposés sur un compte courant au sein d’une grande banque polluerait en moyenne autant qu'un aller-retour Paris - New York, cela signifie que les émissions de GES générées par l’investissement de cette somme sont équivalentes à celles émise par un long courrier. 

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10/20/2021 2:34
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Savez-vous que 5 000 euros déposés sur un compte courant au sein d’une grande banque polluerait en moyenne autant qu'un aller-retour Paris - New York* ? Et oui, notre épargne influe sur l’environnement. Alors est-il possible de concilier finance et écologie ? Le développement durable sera-t-il toujours relégué à l'arrière-plan dès lors que des flux financiers sont impliqués ? Que nenni, depuis l’avènement de la finance verte…

La finance verte recouvre le financement de projets et entreprises ayant des impacts positifs sur l’environnement et œuvrant pour une économie durable, juste et saine. Et bonne nouvelle, elle est tout à fait accessible aux particuliers et entreprises de toutes tailles ! 

Qu'est-ce que la finance verte ?

La finance verte, c’est peut-être l’une des solutions les plus prometteuses à la crise climatique. 

A l’heure où le secteur de la finance est de plus en plus décrié, la société américaine BlackRock, qui gère 7000 milliards de dollars d'investissements, a juré de promouvoir une finance plus respectueuse de l'environnement. Néanmoins, à l’image du plus gros acteur mondial en matière d'investissements et de gestion d'actifs, de plus en plus de fonds s’emparent de la problématique. La (relative) prise de conscience écologique qui traverse de grands pans de la société a dorénavant atteint aussi la finance, et c’est tant mieux. 

Greenly - Qu'est-ce que la finance verte ?

Définition de la finance verte

Concrètement, la finance verte dite aussi finance durable entend stimuler l’accélération de la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique via les financements verts

L’idée a été popularisée par l’économiste et banquier britannico-canadien Mark Joseph Carney, qui alerte sur les dérives du système. Nommé gouverneur de la Banque d'Angleterre en 2012, il prononce en 2015 devant les membre du Lloyd’s of London un discours référent lors duquel il dénonce l’aveuglement des banque face à la catastrophe climatique : 

“Nous n’avons pas besoin d’une armée d’actuaires pour nous dire que les conséquences catastrophiques du changement climatique se manifesteront bien après les horizons traditionnels de la plupart des acteurs, imposant un coût aux générations futures que les générations actuelles n’ont pas d’intérêt direct à régler. Cela est au-delà du cycle économique, du cycle politique, et de l’horizon des autorités technocratiques comme les banques centrales. (...) En d’autres termes, une fois que le changement climatique devient un sujet pour la stabilité financière, il peut être déjà trop tard.” 

L’une des solutions proposées par le secteur repose donc sur les financements verts. Ces derniers englobent les financement de :

  • projets et d’entreprises engagées dans une démarche écologique : reforestation, recyclage de matière première pour la fabrication de nouveaux produits, etc…  
  • projets et entreprises engagées dans une démarche sociale ou sociétale : promotion du commerce équitable et d'une répartition plus juste des richesses. 

Au niveau des épargnants, plusieurs solutions existent : livrets, comptes à terme (compte d'épargne où les sommes déposées sont bloquées pendant une certaine période), obligations et assurance-vie. 

Parmi les structures les plus répandues au service de la finance verte, les fonds verts…

La finance verte : un important levier d’action 

Le postulat de base, c’est que via leurs investissements, les banques façonnent la société et le monde dans lesquels nous vivons. Jusqu’à maintenant, le bilan carbone du secteur financier laissait plutôt à désirer… Selon un rapport publié en 2020 par Oxfam France, les banques orienteraient 70 % de leurs financements énergétiques vers les fossiles, responsables de 80 % des émissions de CO2 mondiales. Toujours selon l’ONG, le choix d’investissement et de financement des quatre grandes banques multinationales françaises ferait état d’un système obsolète reposant sur les énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz. Par leurs choix de financement, les banques françaises nous emmèneraient donc vers un monde à +4°C…

À noter : les conclusions du rapport de l’ONG ont été contestées à leur publication par Frédéric Oudéa, le patron du groupe Société générale et de la FBF : "C'est totalement faux. Ces sujets graves, qui nous concernent comme chef d'entreprise, comme banquier, comme parent, méritent un débat sérieux et des méthodes sérieuses."

À contre-courant de la tendance historique, la finance verte entend bien dépolluer le secteur. 

En accord avec les engagements de la loi de transition énergétique pour la croissance votée en 2015, la finance verte ou durable est se doit d'œuvrer pour  réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030. 

Dans le cadre de l’Accord de Paris, la l’Etat français entend soutenir le développement de ce nouveau type de finance afin de s’imposer en tant que leader et référence sur la scène internationale. 

Petit rappel : adopté en 2015 par presque 200 pays, l’Accord de Paris a fixé comme objectif commun le fait de :

  • contenir la hausse de température à 2°C 
  • atteindre zéro émission nette entre 2050 et 2100
La finance verte : un important levier d'actions

Les fonds verts : un outil au service de la finance verte

Les fonds verts sont parmi les mécanismes issus du secteur financier les plus efficaces pour endiguer le réchauffement climatique. Pour rendre leur lecture et classification plus aisée, deux labels ont été mis au point. Objectif : démocratiser les fonds verts tout en misant sur la transparence. 

Les premiers types de fonds sont les fonds labellisés Greenfin. Leur fonction est de doper la transition énergétique afin de ralentir au maximum le réchauffement de la planète. Le label recouvre non seulement une garantie de contribution effective au financement de la transition pour les investisseurs, mais il représente aussi un gage de crédibilité et de visibilité pour les fonds d’investissement verts.

Les critères du label s’articulent autour de 3 axes garant de la contribution réelle à la transition : 

Le label Greefin a été créé par le ministère de la Transition écologique et solidaire afin de mettre à l’honneur près de 55 fonds dont les encours avoisinent les 17 milliards d’euros. 

Parmi ces fonds labellisés Greenfin, les fonds verts ou environnementaux, qui investissent dans des entreprises dont le cœur de métier est l’environnement ou réalisant une part importante de leur chiffre d'affaires dans une activité dite “verte”. Cela peut par exemple inclure : 

  • les industries environnementales
  • les solutions en faveur de la transition énergétique et écologique
  • les énergies renouvelables
  • les Green Tech
  • certaines sociétés oeuvrant dans la santé ou le bien-être

Principalement investis dans des actions et obligations, ils se développent depuis le début des années 2000 sans que leur poids n’ait jusqu'à présent dépassé 1 % du marché européen des fonds d’investissement.

Il faut également compter avec les fonds d’actifs verts non cotés, développés plus récemment, qui eux investissent dans :

  • les infrastructures
  • le capital investissement
  • l’immobilier
  • les forêts… 
💡NB : Depuis la signature de l’Accord de Paris, les fonds d’actifs non cotés sont en plein boom.  D’après le site Novethic, ils seraient 223 en Europe, regroupant près de 57,6 milliards en Europe en janvier 2019. 

Parmi les fonds labellisés Greenfin, il y a aussi les green-bonds.

Le marché des green-bonds pour financer les énergies renouvelables

Les obligations vertes, dites « Green Bonds » en anglais sont elles aussi en pleine croissance. D’après Climat Bonds Initiative, elles compteraient même pour 168,5 milliards de dollars en 2019. Émises par des acteurs institutionnels à l’instar de la Banque mondiale de grandes entreprises, elles ont pour but de financer des projets dans : 

💡NB : La France a émis pour 13 milliards d’euros de Green Bonds au premier semestre 2019.

Les fonds labellisés ISR

L'appellation des fonds labellisés ISR signifie Investissement Socialement Responsable.

Cela regroupe les fonds qui ne sélectionnent pas uniquement des entreprises sur critères financiers, mais prennent également en compte des critères ESG. Ils permettent d’investir dans des organisations qui défendent non seulement des enjeux environnementaux mais aussi sociaux dans le but de favoriser le développement d'un modèle de société plus sain et pérenne. En décembre 2019, ces fonds représentaient près de 120 milliards d’euros d’encours. 

💡 NB : Les entreprises proposant à leurs collaborateurs un Perco (Plan d’épargne retraite collectif) ou un PEE (Plan d’épargne entreprise) sont dans l’obligation d'y intégrer au moins un fond ISR. Depuis janvier 2020 et en application de la loi Pacte, chaque contrat d’assurance-vie doit également intégrer un fonds de ce type, ainsi qu’un fond labellisé Greefin à compter de 2022. 
Les fonds labellisés verts

Comment les particuliers peuvent-ils accéder à la finance verte ?

Que les particuliers qui désirent accéder à la finance verte et mettre leur épargne au service du développement durable se rassurent ! Le secteur n’est pas l’apanage des organisations ou des plus aisés. Tout le monde peut y participer ! 

Pour cela, plusieurs possibilité, comme investir dans des organismes de placements collectif en valeurs mobilières (OPCVM), des sociétés d’investissement à capital variable (SICAV), des fonds communs de placement (FCP) ou des obligations vertes, au moyen d’un : 

  • compte titre ordinaire
  • Plan d’Épargne en Actions (PEA), si le fond ISR y est éligible 
  • contrat d’assurance-vie
  • épargne salariale ou de retraite collective, si elles sont proposées 
  • plan épargne retraite 

Mais le plus simple, c’est encore de rejoindre une néo banque verte...

Les néo banques vertes 

Vous souhaitez placer votre argent dans une néo-banque verte mais vous ne savez pas laquelle choisir ? On va vous donner quelques idées… 

Tout d’abord, c’est quoi une néo banque verte ? Dans le sillage des banques éthiques, les néo banques vertes entendent redessiner les contours des produits bancaires et démontrer que des produits verts peuvent tout à fait fonctionner commercialement en soutenant des projets non nuisibles à l’environnement. Ou comment l’épargne des acteurs se transforment en épargne verte… 

Quelques exemples de neo banques vertes : 

  • Green-Got : créée en 2020 et comptant près de 4000 clients, Green-Got offre à ses clients tous les services d’une néo-banque, avec en plus une empreinte "verte". En effet, l’organisation veut contribuer à réduire l’empreinte carbone en proposant à ses clients d'investir leurs fonds dans des obligations vertes. Comme tout établissement financier, l’argent disponible sur le compte courant d’un client est placé par la banque afin de le faire fructifier sans jamais investir dans les énergies fossiles, comme la plupart des banques. En outre, la néo-banque propose à ses clients de bénéficier du système de l’arrondi pour financer la plantation d’arbres, tout comme le système de parrainage, mis au service de la planète.  
  • Hélios : la banque s’engage à ne pas financer les secteurs qui menacent notre environnement, la biodiversité ou les Hommes, à savoir le charbon, l’extraction pétrolière mais également les armements, l’élevage intensif, ou encore les pesticides chimiques. L'ensemble des sommes investies sont alloués à des projets concrets alignés avec la transition vers une économie plus bas carbone, comme l’agriculture durable, le traitement des déchets ou encore la conservation des écosystèmes naturels.
  • Goodvest : l'organisation propose l’élaboration d’un portefeuille sur mesure en fonction de votre situation, objectifs et valeurs via des fonds gérés par des sociétés de gestion pionnières dans l’investissement responsable. 

Quand l'épargne devient responsable

Mettre son épargne au vert, cela signifie devenir un acteur financier au service de la lutte contre le réchauffement climatique

Dans cette perspective, l’application Rift a vu le jour afin de sensibiliser à l'impact social et environnemental des fonds déposés dans une banque. Le principe est simple : informer le grand public sur la manière dont son argent est utilisé par les banques. Pour cela, l'utilisateur n’a qu’à se créer un compte, indiquer les sommes dont il dispose, dans quel établissement, et sur quel type de produits. Un premier pas pour mieux cerner l’impact de nos finances… 

Mettre son épargne au vert

En somme, il s’agit de miser sur des projets et actions dits “bas carbone”, c'est-à-dire pauvres en émissions de carbone et autres de gaz à effet de serre. Pour bien les identifier, le Label bas-carbone, créé par le ministère de la Transition écologique, propose des perspectives de financement à des projets locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, il contribue à accompagner la transition écologique à l’échelon territorial. 

En 2019, les entreprises européennes ont consacré 124 milliards d’euros à des nouveaux investissements bas carbone (source : étude publiée par l’organisation à but non lucratif Carbone Disclosure Project), dont près de la moitié en recherche et développement. En tête de liste des secteurs ayant absorbés la plus grosse part de ces investissements : 

  • les technologies liées aux véhicules électriques (43 milliards d'euros)
  • les investissements dans les énergies renouvelables (16 milliards d'euros)
  • les infrastructures de réseaux énergétiques (15 milliards d'euros)
  • les programmes de maîtrise de la demande pour l’énergie intelligente (8 milliards d’euros) 

Il est aussi possible de participer à cette transition écologique, en investissant son épargne de façon responsable. C’est la mission que s’est fixée Goodvest. Ce nouvel acteur souhaite allier investissement responsable, recherche de rendement et transparence, afin de commencer à financer le monde de demain.

Pour ce faire, ils construisent pour vous les premiers portefeuilles alignés avec une trajectoire estimée maximum de 2° de réchauffement climatique, en procédant à une exclusion stricte des secteurs néfastes comme les énergies fossiles ou l’armement. Cette solution 100% digitale permet notamment à l’épargnant d’accéder à tout moment à ses investissements, leurs empreintes carbones et leurs compositions, afin d’en finir avec l’opacité du secteur ultra-polluant de l’épargne.

Mettre la comptabilité de son entreprise au vert

Mais il n’y a pas que l’épargne et les finances des particuliers qui influent sur la pollution, il y a aussi la comptabilité des TPE et PME…La comptabilité de son entreprise compte aussi pour beaucoup ! 

Mettre la comptabilité de son entreprise au vert

Mesurer les émissions des dépenses de ses collaborateurs-

L’une des pistes est de mesurer les émissions des dépenses de ses collaborateurs. Pour cela, vous pouvez vous appuyer sur deux applications de comptabilité, comme iPaidThat et Pennylane

Alors, que peuvent-elles faire pour vous ? 

  • iPaidThat : collecte automatiquement vos factures fournisseurs et les compare avec votre banque pour ne rien oublier et suivre votre trésorerie en temps réel.
  • Pennylane : la plateforme récupère automatiquement vos différents flux financiers et permet la tenue de votre comptabilité au fil de l'eau.

Une fois chacune des dépenses cartographiée, le logiciel Greenly permet de réduire drastiquement le temps et les coûts liés à votre engagement climat en mesurant précisément et en temps réel les émissions derrière chaque dépense afin de calculer votre bilan carbone et de vous proposer des solutions adaptées. 

🎯Objectif : la tant convoitée (et vitale!) neutralité carbone…

La nécessité du bilan carbone

Le bilan carbone, kézako ? Il s’agit d’un outil de comptabilisation des émissions de GES (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, ozone, méthane…) générées par la fabrication d’un produit ou l’exercice d’une activité. Conçu pour renseigner sur les effets néfastes exercés par l’homme sur son environnement, il permet aux entreprises de mettre en place des plans d’actions pour réduire ces émissions, tout en réalisant d’importantes économies et en profitant de nombreux bénéfices… 

Les banques et l’empreinte carbone de leurs clients

Dorénavant, les banques seront bientôt tenues de publier l’évaluation de l’empreinte carbone de leurs clients… 

Fin 2019, le Règlement SFDR (pour Sustainable Finance Disclosure Regulation) a été adopté par l’Union Européenne. Il concerne la « publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers » et tous les acteurs (banques, assurances, sociétés de gestion, conseillers financiers…) proposant des services financiers au sein de l’UE.

Le règlement SFDR divise les produits en trois catégories :

  • Sans objectif de durabilité
  • Avec des caractéristiques environnementales ou sociales (article 8)

A ce jour, tous les produits catégorisés articles 8 et 9 font l’objet de publications d’informations spécifiques encadrées par le SFDR. Tous les produits doivent en outre définir l’intégration des risques ESG et l’évaluation des impacts sur la rentabilité ainsi que la prise en compte des principales incidences négatives (article 7). 

Les banques et l’empreinte carbone de leurs clients

Bon à savoir : le Réglement SFDR a été conçu dans le sillon du TCFD (pour Task force on climate disclosure), un groupe de travail né lors de la COP21 en 2015. Sa mission : promouvoir la transparence financière liée aux risques climat tout en assainissant les marchés, et surtout souligner les risques financiers liés au changement climatique afin qu’investisseurs, emprunteurs, assureurs et actionnaires puissent prendre des décisions plus éclairées. 

Composé de 32 professionnels et présidé par l’ancien maire de New York Micheal Bloomberg, la TFCD a élaboré en 2016 un rapport faisant état de recommandations articulées autour de 4 grandes lignes directrices : 

  • la gouvernance
  • la stratégie
  • la gestion des risques 
  • les indicateurs et objectifs

Le rapport précise que ces éléments doivent être intégrés dans le  rapport financier des entreprises et non dans un rapport extra-financier.

Publié en 2017, le rapport insiste sur 2 points clés : 

  • Le changement climatique coûtera à l’économie 2 300 milliards de dollars
  • Le reporting est un outil vital pour diminuer le risque car il permet aux parties prenantes d’en évaluer le coût financier 

*Source : l’application Rift. Lorsqu’un particulier dépose de l’argent en banque, les sommes ne sont jamais dormantes. Elles sont investies par la banque dépositaire et servent en grande majorité à financer les énergies fossiles, responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES). Lorsqu’on déclare que 5 000 euros déposés sur un compte courant au sein d’une grande banque polluerait en moyenne autant qu'un aller-retour Paris - New York, cela signifie que les émissions de GES générées par l’investissement de cette somme sont équivalentes à celles émise par un long courrier. 

🚀 Pour aller plus loin :

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