Compensation carbone : fausse bonne idée ou atout pour le climat ? 

La compensation carbone : réel impact ou greenwashing ? Greenly vous livre ses réflexions sur le sujet et vous aide à y voir plus clair pour réduire votre empreinte.

Empreinte carbone 💭

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8

 minutes de lecture

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16/11/2021


Depuis quelques années,  la compensation carbone est de plus en plus utilisée par les entreprises pour réduire leur empreinte environnementale. C’est notamment le cas des secteurs les plus polluants, comme l’aviation qui propose de planter des arbres pour compenser les longs trajets. Tout l’enjeu est d’arriver à la neutralité carbone promue par les Accords de Paris. 

De plus en plus décriée à cause de méthodologies opaques et d’incertitudes quant au carbone séquestré, la compensation carbone a de plus en plus mauvaise presse. 

Alors, greenwashing ou véritable atout de transition écologique ? Greenly vous livre quelques pistes de réflexions sur le sujet pour votre démarche RSE. Vous verrez comment la compensation carbone peut être utilisée avec efficience lorsqu’elle est perçue comme une contribution volontaire et non plus comme un acte de dédouanement. 

une femme tend l'oreille pour écouter


La compensation carbone, qu’est-ce que c’est ? 

Compensation carbone, origine du concept 

Pour le dire simplement, la compensation carbone c’est lorsqu’une entreprise finance un projet qui réduit ou séquestre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et dont elle n’est pas responsable. C’est-à-dire que le projet se trouve en dehors du périmètre de l’entreprise, puisque ce dernier se trouve souvent dans les pays en développement. 


Cette compensation volontaire se fait grâce à l’acquisition de “crédits carbone”. L’entreprise, le particulier ou la collectivité territoriale va acheter des crédits correspondant aux tonnes de CO2 qu’elle a séquestrées grâce au financement apporté au projet. Un crédit carbone équivaut à une tonne éq dCO2 séquestrée

D’où vient cette idée de compenser les émissions que l’on ne peut réduire

D’une part du marché de conformité de Kyoto. Lors du Protocole de Kyoto en 1997, deux mécanismes de compensation ont été votés pour réguler les émissions de gaz à effet de serre : 

  • le MDP : Mécanisme de Développement Propre
  • la MOC : Mise en Oeuvre Conjointe


Les projets de MDP sont mis en œuvre dans les pays en développement alors que pour les deuxièmes, cela se passe dans les États ayant ratifié le Protocole de Kyoto. 

Ce dernier permet aussi l’échange de crédits carbone, soit qui sont issus des quotas distribués aux entreprises soit ceux qui découlent de ces projets. 

Cet échange de crédits est impossible dans la compensation carbone, et l’unicité des crédits est un facteur important à prendre en compte pour voir si le projet financé a un impact réel dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

D’autre part, le marché de compensation volontaire se développe en parallèle au précédent. Mais ici, il n’y a aucune méthodologie de référence qui garantit la méthodologie utilisée pour calculer les émissions séquestrées. Mais certains projets disposent d’une certification de label volontaire, MDP/MOC ou encore d’un Label Bas-carbone, comme celui distribué en France. 


Avion blanc sur un fond bleu qui fait des trainées blanches derrière lui.

Des critères à respecter 

Pour être sûr que le projet finance bien des projets qui absorbent les émissions qui ne peuvent être réduites, il faut prendre en compte 3 facteurs principaux. Ce sont eux qui vont déterminer la fiabilité de l’initiative et sa transparence.

Parmi tous les projets qui visent à compenser les émissions, il en existe 3 types différents : 

  • dans le domaine forestier
  • dans les énergies renouvelables
  • dans l’utilisation rationnelle de l’énergie

Projet mesurable 

Tout d’abord, pour voir si un projet est efficient et a un impact réel, il faut voir si ce dernier est mesurable

Quelles sont les émissions qui auraient été émises si ce dernier n’avait pas été mis en place ? Pour cela, il faut se baser sur des émissions de référence qui servent de base de calcul. Attention aux opérateurs qui gonflent intentionnellement le calcul de référence pour augmenter l’achat de crédits carbone. 


En effet, le nombre de crédits reçus dépend du calcul suivant : on soustrait les émissions du projet des émissions de référence. C’est pour ça qu’il est il est nécessaire de regarder la méthodologie précise pour ce calcul et la manière dont les émissions GES sont mesurées.

Pour mesurer les émissions séquestrées, il y a la notion de permanence qui est importante à prendre en compte. Si les émissions compensées le sont seulement pour un certain temps, la compensation est inutile

C’est pour cette raison que les projets forestiers labellisés MOC/MDP sont rares. À cause du réchauffement climatique, des feux de forêts, une partie du carbone séquestré est relâché dans l’atmosphère, ce qui est totalement contraire à l’objectif du projet de compensation carbone. 

un homme dit que c'est la crise en montrant un globe terrestre en feu


Projet additionnel 

Un projet de compensation carbone efficace doit être additionnel. Qu’est-ce que ça veut dire ? Tout simplement que le projet n’aurait pu voir le jour sans le financement issu de la vente des crédits carbone. 

Cet argent lui permet de dépasser certains problèmes : 

  • institutionnels
  • sociaux
  • financiers
  • culturels


Les projets MDP veillent à ce que ce soit le cas à chaque fois, et non une simple opportunité business. 

L’ADEME pointe du doigt que certaines estimations soulignent qu’entre 20% et 70 % des projets MDP ne sont pas additionnels mais business-as-usual. Les revenus provenant de la vente de crédits carbone sont minimes. 

Projet transparent et garantissant l’unicité de ses crédits 

Comment voir si un projet est fiable et transparent ? 

Tout d’abord, il faut s’assurer que les crédits carbone vendus sont uniques. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent être dupliqués et vendus à deux entreprises différentes, sans quoi la neutralité carbone est inexistante. 

un homme dit "you know it" avec un clin d'oeil


L’opérateur tient un registre international avec les éléments suivants : 

  • le numéro attribué au crédit ; 
  • le nom du projet
  • le nombre total de crédits qui découlent du projet ; 
  • chaque personne qui participe au projet et la date de son inscription
  • le nombre de crédits attribués à chaque personne et à quelle date. 


Pour vérifier la transparence du projet et que cette dernière utilise une méthodologie précise, rien de mieux que de regarder les labels et certifications car aucun référent particulier n’est obligatoire. 

Vous pouvez regarder si le projet correspond à un MOC/MD, dans ce cas il aura une certification Kyoto. D’autres labels comme le Gold Standard (GS), le Voluntary Carbon Standard (VCS) sont des labels de compensation de carbone à part entière. En France, il existe le label Bas-carbone, créé en 2019 par le gouvernement. 


Vue du haut d'entreprises qui émettent de la fumée et des émissions de gaz à effet de serre diverses.

Réduire ou compenser, comment choisir ?  

La question n’est pas de savoir quoi choisir, mais comment allier les deux pour répondre au mieux aux enjeux climatiques actuels. Réduire sans compenser ses émissions GES c’est faire le travail à moitié tandis que compenser sans réduire, c’est simplement faire du greenwashing. 


Quand compensation rime avec Greenwashing 

Bien avant de chercher à compenser ses émissions GES, il faut chercher à les réduire. Sans cela, c’est du greenwashing et une simple approche déculpabilisante. C’est le cas des nombreuses entreprises qui proposent de planter des arbres à tout va, renforçant l’idée que nos achats n’ont pas de conséquences puisque les émissions liées sont compensées. 


Pour rappel, un arbre ne capte pas du CO2 de la même manière toute sa vie. Déjà, c’est une pratique de plus en plus décriée au vu des feux de forêts qui brûlent et détruisent de nombreux projets de compensation carbone chaque année. Mais surtout, il faut de nombreuses années avant que cette compensation soit effective. 

Par moyenne, en fonction de l’espèce, un arbre peut absorber 25 kilos de CO2 par an ! Ça peut paraître beaucoup mais quand on voit les émissions générées au niveau mondial et les aléas climatiques qui détruisent ces puits de carbone, on se rend compte que l’urgence est de réduire avant tout. 

une vieille femme hurle "liar"


L’ONU Environnement le souligne très bien en insistant que la compensation peut être “un moyen de passer inaperçus” pour les pollueurs et tomber dans une forme de “complaisance”.

 Il ne faut pas oublier qu’elle doit servir à compenser les émissions dites “incompressibles”, et donc inévitables.


La neutralité carbone, au sens où l’entreprise atteint les 0 émission GES grâce à la compensation, est en réalité impossible. On ne peut annuler l’empreinte des entreprises, mais cette dernière doit amener à se poser des questions sur les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique. 


La séquence éviter, réduire, compenser

Introduite en 1976 dans le droit français, la séquence éviter, réduire, compenser (ERC) vise avant tout à protéger la nature d’un point de vue législatif. Consolidée en 2016, les entreprises se doivent de suivre certains préceptes pour être certains que leur impact sur l’environnement est moindre. 


Avant de compenser donc, il convient d’éviter certains actes très polluants ou à défaut, chercher à les réduire. C’est pour cela qu’il faut prendre en compte les problématiques environnementales dès la conception du projet pour faire diminuer son impact avec le plus d’efficacité. Les ACV ou Analyses de Cycle de Vie permettent d'identifier les meilleurs alternatives pour son produit tout au long de son cycle de vie !

La séquence ERC est simple : 

  • l’entreprise évalue ses émissions ou calcule celles produites si elle ne se tourne pas vers des solutions écologiques ; 
  • les postes les plus polluants sont remis en question et modifiés pour avoir moins d’impact environnemental ; 
  • les émissions qui ne peuvent être réduites ou évitées sont compensées. 


Personne qui tient une motte de terre dans les mains avec un plant d'arbre dedans.

Comment bien compenser ses émissions


Le bilan carbone, première étape vers la neutralité carbone

Un des premiers réflexes à avoir avant de calculer le budget nécessaire pour l’achat de crédits carbone, c’est de faire un bilan carbone de son entreprise.

Le calcul de son empreinte carbone est obligatoire dans certains cas : 

  • les entreprises de +500 personnes ;
  • les établissements publics de +250 personnes
  • les collectivités de +50 000 habitants
  • les services de l’État. 
Le Bilan Carbone© est une méthodologie développée par l’ADEME avec Jean-Marc Jancovici et réalisé par un organisme agrée. Ce calcul est utile s’il y a un objectif mesurable derrière et des KPI bien définis. L’analyse de l’empreinte carbone d’une entreprise n’est pas une fin en soi mais bien un moyen de tendre vers la réduction de son impact. 

 

Identifier les acteurs de la compensation carbone

Vous avez réalisé les étapes précédentes et cherchez maintenant à compenser les émissions incompressibles ? Parfait ! Vers qui se tourner  pour financer des projets positifs et qui ont un réel impact dans la lutte contre le changement climatique ? 

un paresseux sourit


Les acteurs du marché de la compensation carbone sont nombreux : 

  • opérateur ou porteur de projet ; 
  • consultant et expert
  • courtier… 


Leur rôle et leurs compétences diffèrent mais sont complémentaires au sein des projets écologiques.  Il est important de passer par un opérateur pour acheter des crédits carbone si l’on débute là-dedans et qu’on ne sait pas quel crédit exactement on souhaite acquérir. 


Choisir un projet certifié dans lequel investir 

Mais alors dans quoi investir pour avoir un réel impact ? Les projets de compensation pullulent sans pour autant tous utiliser une méthodologie fiable et transparente. C’est pour cela qu’il est important de bien choisir les acteurs avec qui l’on souhaite travailler. 

Certains courtiers sont peu scrupuleux et se font de très grosses marges sur la revente des crédits carbone. 


En 2016, la tonne éq CO2 coûtait 3,37 € en France. Cela peu sembler bien peu et c’est pour cela que Jonathan Guyot, auteur de Compensation carbone et treewashing, insiste que le prix devrait monter à minimum 30€ pour garantir l’efficacité et la qualité de la compensation. 


La neutralité carbone, objectif de nombreuses entreprises, est aujourd’hui un concept à revoir. C’est pour ça que Carbone 4 préfère parler de “Net Zero Initiative” à la place et de contribution volontaire plutôt que de compensation.

L’enjeu n’est plus d’arriver à une supposée neutralité carbone au sein de son entreprise, mais de participer à quelque chose de mondial. C’est notamment ce que propose la Net Zero Initiative qui devient un référentiel pour une neutralité carbone collective

Le point le plus important de ce référentiel ? La finance carbone ne peut “annuler” les émissions opérationnelles de l’entreprise. Pour contribuer à l’augmentation des puits carbone, l’entreprise doit développer les absorptions chez elle et dans sa chaîne de valeur ou bien elle peut financer des projets d’absorption hors de sa chaîne de valeur. 

homer simpson est content


Vous avez envie de contribuer de manière effective à la lutte contre le réchauffement climatique ? Envoyez-nous un message pour que l’on discute du calcul de votre empreinte carbone, ou des initiatives que vous pouvez financer. 

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Depuis quelques années,  la compensation carbone est de plus en plus utilisée par les entreprises pour réduire leur empreinte environnementale. C’est notamment le cas des secteurs les plus polluants, comme l’aviation qui propose de planter des arbres pour compenser les longs trajets. Tout l’enjeu est d’arriver à la neutralité carbone promue par les Accords de Paris. 

De plus en plus décriée à cause de méthodologies opaques et d’incertitudes quant au carbone séquestré, la compensation carbone a de plus en plus mauvaise presse. 

Alors, greenwashing ou véritable atout de transition écologique ? Greenly vous livre quelques pistes de réflexions sur le sujet pour votre démarche RSE. Vous verrez comment la compensation carbone peut être utilisée avec efficience lorsqu’elle est perçue comme une contribution volontaire et non plus comme un acte de dédouanement. 

une femme tend l'oreille pour écouter


La compensation carbone, qu’est-ce que c’est ? 

Compensation carbone, origine du concept 

Pour le dire simplement, la compensation carbone c’est lorsqu’une entreprise finance un projet qui réduit ou séquestre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et dont elle n’est pas responsable. C’est-à-dire que le projet se trouve en dehors du périmètre de l’entreprise, puisque ce dernier se trouve souvent dans les pays en développement. 


Cette compensation volontaire se fait grâce à l’acquisition de “crédits carbone”. L’entreprise, le particulier ou la collectivité territoriale va acheter des crédits correspondant aux tonnes de CO2 qu’elle a séquestrées grâce au financement apporté au projet. Un crédit carbone équivaut à une tonne éq dCO2 séquestrée

D’où vient cette idée de compenser les émissions que l’on ne peut réduire

D’une part du marché de conformité de Kyoto. Lors du Protocole de Kyoto en 1997, deux mécanismes de compensation ont été votés pour réguler les émissions de gaz à effet de serre : 

  • le MDP : Mécanisme de Développement Propre
  • la MOC : Mise en Oeuvre Conjointe


Les projets de MDP sont mis en œuvre dans les pays en développement alors que pour les deuxièmes, cela se passe dans les États ayant ratifié le Protocole de Kyoto. 

Ce dernier permet aussi l’échange de crédits carbone, soit qui sont issus des quotas distribués aux entreprises soit ceux qui découlent de ces projets. 

Cet échange de crédits est impossible dans la compensation carbone, et l’unicité des crédits est un facteur important à prendre en compte pour voir si le projet financé a un impact réel dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

D’autre part, le marché de compensation volontaire se développe en parallèle au précédent. Mais ici, il n’y a aucune méthodologie de référence qui garantit la méthodologie utilisée pour calculer les émissions séquestrées. Mais certains projets disposent d’une certification de label volontaire, MDP/MOC ou encore d’un Label Bas-carbone, comme celui distribué en France. 


Avion blanc sur un fond bleu qui fait des trainées blanches derrière lui.

Des critères à respecter 

Pour être sûr que le projet finance bien des projets qui absorbent les émissions qui ne peuvent être réduites, il faut prendre en compte 3 facteurs principaux. Ce sont eux qui vont déterminer la fiabilité de l’initiative et sa transparence.

Parmi tous les projets qui visent à compenser les émissions, il en existe 3 types différents : 

  • dans le domaine forestier
  • dans les énergies renouvelables
  • dans l’utilisation rationnelle de l’énergie

Projet mesurable 

Tout d’abord, pour voir si un projet est efficient et a un impact réel, il faut voir si ce dernier est mesurable

Quelles sont les émissions qui auraient été émises si ce dernier n’avait pas été mis en place ? Pour cela, il faut se baser sur des émissions de référence qui servent de base de calcul. Attention aux opérateurs qui gonflent intentionnellement le calcul de référence pour augmenter l’achat de crédits carbone. 


En effet, le nombre de crédits reçus dépend du calcul suivant : on soustrait les émissions du projet des émissions de référence. C’est pour ça qu’il est il est nécessaire de regarder la méthodologie précise pour ce calcul et la manière dont les émissions GES sont mesurées.

Pour mesurer les émissions séquestrées, il y a la notion de permanence qui est importante à prendre en compte. Si les émissions compensées le sont seulement pour un certain temps, la compensation est inutile

C’est pour cette raison que les projets forestiers labellisés MOC/MDP sont rares. À cause du réchauffement climatique, des feux de forêts, une partie du carbone séquestré est relâché dans l’atmosphère, ce qui est totalement contraire à l’objectif du projet de compensation carbone. 

un homme dit que c'est la crise en montrant un globe terrestre en feu


Projet additionnel 

Un projet de compensation carbone efficace doit être additionnel. Qu’est-ce que ça veut dire ? Tout simplement que le projet n’aurait pu voir le jour sans le financement issu de la vente des crédits carbone. 

Cet argent lui permet de dépasser certains problèmes : 

  • institutionnels
  • sociaux
  • financiers
  • culturels


Les projets MDP veillent à ce que ce soit le cas à chaque fois, et non une simple opportunité business. 

L’ADEME pointe du doigt que certaines estimations soulignent qu’entre 20% et 70 % des projets MDP ne sont pas additionnels mais business-as-usual. Les revenus provenant de la vente de crédits carbone sont minimes. 

Projet transparent et garantissant l’unicité de ses crédits 

Comment voir si un projet est fiable et transparent ? 

Tout d’abord, il faut s’assurer que les crédits carbone vendus sont uniques. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent être dupliqués et vendus à deux entreprises différentes, sans quoi la neutralité carbone est inexistante. 

un homme dit "you know it" avec un clin d'oeil


L’opérateur tient un registre international avec les éléments suivants : 

  • le numéro attribué au crédit ; 
  • le nom du projet
  • le nombre total de crédits qui découlent du projet ; 
  • chaque personne qui participe au projet et la date de son inscription
  • le nombre de crédits attribués à chaque personne et à quelle date. 


Pour vérifier la transparence du projet et que cette dernière utilise une méthodologie précise, rien de mieux que de regarder les labels et certifications car aucun référent particulier n’est obligatoire. 

Vous pouvez regarder si le projet correspond à un MOC/MD, dans ce cas il aura une certification Kyoto. D’autres labels comme le Gold Standard (GS), le Voluntary Carbon Standard (VCS) sont des labels de compensation de carbone à part entière. En France, il existe le label Bas-carbone, créé en 2019 par le gouvernement. 


Vue du haut d'entreprises qui émettent de la fumée et des émissions de gaz à effet de serre diverses.

Réduire ou compenser, comment choisir ?  

La question n’est pas de savoir quoi choisir, mais comment allier les deux pour répondre au mieux aux enjeux climatiques actuels. Réduire sans compenser ses émissions GES c’est faire le travail à moitié tandis que compenser sans réduire, c’est simplement faire du greenwashing. 


Quand compensation rime avec Greenwashing 

Bien avant de chercher à compenser ses émissions GES, il faut chercher à les réduire. Sans cela, c’est du greenwashing et une simple approche déculpabilisante. C’est le cas des nombreuses entreprises qui proposent de planter des arbres à tout va, renforçant l’idée que nos achats n’ont pas de conséquences puisque les émissions liées sont compensées. 


Pour rappel, un arbre ne capte pas du CO2 de la même manière toute sa vie. Déjà, c’est une pratique de plus en plus décriée au vu des feux de forêts qui brûlent et détruisent de nombreux projets de compensation carbone chaque année. Mais surtout, il faut de nombreuses années avant que cette compensation soit effective. 

Par moyenne, en fonction de l’espèce, un arbre peut absorber 25 kilos de CO2 par an ! Ça peut paraître beaucoup mais quand on voit les émissions générées au niveau mondial et les aléas climatiques qui détruisent ces puits de carbone, on se rend compte que l’urgence est de réduire avant tout. 

une vieille femme hurle "liar"


L’ONU Environnement le souligne très bien en insistant que la compensation peut être “un moyen de passer inaperçus” pour les pollueurs et tomber dans une forme de “complaisance”.

 Il ne faut pas oublier qu’elle doit servir à compenser les émissions dites “incompressibles”, et donc inévitables.


La neutralité carbone, au sens où l’entreprise atteint les 0 émission GES grâce à la compensation, est en réalité impossible. On ne peut annuler l’empreinte des entreprises, mais cette dernière doit amener à se poser des questions sur les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique. 


La séquence éviter, réduire, compenser

Introduite en 1976 dans le droit français, la séquence éviter, réduire, compenser (ERC) vise avant tout à protéger la nature d’un point de vue législatif. Consolidée en 2016, les entreprises se doivent de suivre certains préceptes pour être certains que leur impact sur l’environnement est moindre. 


Avant de compenser donc, il convient d’éviter certains actes très polluants ou à défaut, chercher à les réduire. C’est pour cela qu’il faut prendre en compte les problématiques environnementales dès la conception du projet pour faire diminuer son impact avec le plus d’efficacité. Les ACV ou Analyses de Cycle de Vie permettent d'identifier les meilleurs alternatives pour son produit tout au long de son cycle de vie !

La séquence ERC est simple : 

  • l’entreprise évalue ses émissions ou calcule celles produites si elle ne se tourne pas vers des solutions écologiques ; 
  • les postes les plus polluants sont remis en question et modifiés pour avoir moins d’impact environnemental ; 
  • les émissions qui ne peuvent être réduites ou évitées sont compensées. 


Personne qui tient une motte de terre dans les mains avec un plant d'arbre dedans.

Comment bien compenser ses émissions


Le bilan carbone, première étape vers la neutralité carbone

Un des premiers réflexes à avoir avant de calculer le budget nécessaire pour l’achat de crédits carbone, c’est de faire un bilan carbone de son entreprise.

Le calcul de son empreinte carbone est obligatoire dans certains cas : 

  • les entreprises de +500 personnes ;
  • les établissements publics de +250 personnes
  • les collectivités de +50 000 habitants
  • les services de l’État. 
Le Bilan Carbone© est une méthodologie développée par l’ADEME avec Jean-Marc Jancovici et réalisé par un organisme agrée. Ce calcul est utile s’il y a un objectif mesurable derrière et des KPI bien définis. L’analyse de l’empreinte carbone d’une entreprise n’est pas une fin en soi mais bien un moyen de tendre vers la réduction de son impact. 

 

Identifier les acteurs de la compensation carbone

Vous avez réalisé les étapes précédentes et cherchez maintenant à compenser les émissions incompressibles ? Parfait ! Vers qui se tourner  pour financer des projets positifs et qui ont un réel impact dans la lutte contre le changement climatique ? 

un paresseux sourit


Les acteurs du marché de la compensation carbone sont nombreux : 

  • opérateur ou porteur de projet ; 
  • consultant et expert
  • courtier… 


Leur rôle et leurs compétences diffèrent mais sont complémentaires au sein des projets écologiques.  Il est important de passer par un opérateur pour acheter des crédits carbone si l’on débute là-dedans et qu’on ne sait pas quel crédit exactement on souhaite acquérir. 


Choisir un projet certifié dans lequel investir 

Mais alors dans quoi investir pour avoir un réel impact ? Les projets de compensation pullulent sans pour autant tous utiliser une méthodologie fiable et transparente. C’est pour cela qu’il est important de bien choisir les acteurs avec qui l’on souhaite travailler. 

Certains courtiers sont peu scrupuleux et se font de très grosses marges sur la revente des crédits carbone. 


En 2016, la tonne éq CO2 coûtait 3,37 € en France. Cela peu sembler bien peu et c’est pour cela que Jonathan Guyot, auteur de Compensation carbone et treewashing, insiste que le prix devrait monter à minimum 30€ pour garantir l’efficacité et la qualité de la compensation. 


La neutralité carbone, objectif de nombreuses entreprises, est aujourd’hui un concept à revoir. C’est pour ça que Carbone 4 préfère parler de “Net Zero Initiative” à la place et de contribution volontaire plutôt que de compensation.

L’enjeu n’est plus d’arriver à une supposée neutralité carbone au sein de son entreprise, mais de participer à quelque chose de mondial. C’est notamment ce que propose la Net Zero Initiative qui devient un référentiel pour une neutralité carbone collective

Le point le plus important de ce référentiel ? La finance carbone ne peut “annuler” les émissions opérationnelles de l’entreprise. Pour contribuer à l’augmentation des puits carbone, l’entreprise doit développer les absorptions chez elle et dans sa chaîne de valeur ou bien elle peut financer des projets d’absorption hors de sa chaîne de valeur. 

homer simpson est content


Vous avez envie de contribuer de manière effective à la lutte contre le réchauffement climatique ? Envoyez-nous un message pour que l’on discute du calcul de votre empreinte carbone, ou des initiatives que vous pouvez financer. 

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