Critères ESG : définitions et enjeux

Quels sont les différents critères ESG ? À quoi sert ce label ? Notre analyse pour déchiffrer les enjeux de la finance responsable et durable.

Finance durable 🏦

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8

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20/10/2021

Émissions de CO2, dialogue social, ou encore féminisation des conseils d’administration… Le célèbre sigle ESG désigne les critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance utilisés pour analyser et évaluer le degré de prise en compte des enjeux de développement durable dans la stratégie des entreprises. Il recouvre les volets susceptibles d’avoir un impact sur la société ou l'environnement utilisés pour mesurer la soutenabilité et la dimension éthique d’un investissement au sein d’une société… Et bonne nouvelle : ces investissements ne donnent pas lieu à une sous-performance par rapport à des investissements classiques ! 

Critères ESG

Quels sont les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance ? (ESG)

Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) permettent d’évaluer la contribution sociétale d'une entreprise vis-à-vis de leurs parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants et clients) et de l'environnement. Ils servent également à orienter et structurer l’analyse des performances financières des entreprises

Lorsqu’une démarche RSE d'entreprise est déployée, la performance financière sera toujours reliée à son impact environnemental et social.

Les 3 critères de l'ESG

Que recouvrent précisément les 3 critères de l’ESG ? 

  • Les critères environnementaux : ils mesurent l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur l’environnement par le biais des émissions de gaz à effet de serre (GES), et donc principalement de CO2, de consommation énergétique d’électricité, du recyclage des déchets et le respect de la biodiversité et de la prévention des risques (marées noires, contamination des nappes phréatiques, déjections toxiques...)
  • Les critères sociaux (ou sociétaux) : ils se réfèrent à l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur les parties prenantes (les collaborateurs, clients, fournisseurs, syndicats et communautés locales) vis-à-vis de certaines valeurs considérées comme devant être universelles : droits humains, normes internationales du travail etc… Cela concerne par exemple la qualité du dialogue social au sein des entreprises, le taux de représentation hommes/femmes, l’emploi des personnes handicapées ou issus de minorités, l’accès formation des salariés, la prévention des accidents et le respect du droit des employés, et ce tout au long de la chaîne de la supply chain, ce qui implique donc prestataires et sous-traitants.
  • Les critères de gouvernance : ces derniers sont souvent les moins bien connus… Ils portent sur la façon dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée, ce qui recouvre le rôle des actionnaires, la féminisation et l’indépendance des conseils d’administration et sa direction, la transparence de la rémunération des dirigeants et la lutte contre la corruption, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.
Les trois critères de l'ESG

C’est dans les années 90 que sont conduites les premières tentatives pour évaluer les entreprises et les titres financiers. C’est l’entrepreneur John Elkington qui en 1995 explique qu’une entreprise devait considérer les “trois P” (“personnes, planète, profit”) comme aussi importants les uns que les autres pour assurer la réussite de l’entreprise sur le long terme.  Ce concept revisité par le monde de la finance a donné lieu aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), qui constituent aujourd’hui la base de la majorité des processus d’investissement durable. 

Comment sont sélectionnés les actifs selon les critères ESG ?

La sélection des actifs selon les critères ESG varie d’une compagnie à une autre. En effet, chaque agence de notation (parmi les françaises les plus réputées : Vigeo, Ethifinance, Innovest et BMJ CoreRating…) ou société de gestion s’appuie sur sa propre méthodologie et son propre indicateur de mesure pour sélectionner les investissements ESG. Leur but n’est pas ici d'évaluer la capacité d’une entreprise à rembourser sa dette, mais la mesure du potentiel de l’entreprise à créer durablement de la valeur. 

💡 A noter : certaines agences de notation sont parfois spécialisées sur un de ces trois critères.
Néanmoins, certaines pratiques communes permettent de classer entreprises et fonds d’investissement dans leurs catégories respectives. 

Pour arriver à cette hiérarchisation des entreprises, il est possible d’opter pour deux approches : 

  • L’approche “best in class” : il s’agit d’identifier et sélectionner les entreprises les mieux notées au regard des critères ESG dans chaque secteur d’activité économique. Dans la mesure où l’approche “best in class” concerne la totalité des secteurs d’activité, le placement sera assurément très diversifié. 
  • L’approche “best in universe” : elle fonctionne comme la première, à une différence près... Le périmètre s'étend à l’ensemble des entreprises tous secteurs d’activité confondus, ce qui assure l’élimination des secteurs les moins vertueux de l’économie.

Aujourd’hui en France, les portefeuilles ESG attirent de plus de plus en plus : selon une étude menée en 2019, 61% des épargnants affirment accorder une place importante aux impacts environnementaux et sociaux lors de leurs décisions de placement (source : sondage Ifop pour le FIR et VigeoEiris). Parmi les sujets jugés prioritaires pour les sondés : la préservation de l’emploi, la pollution, et les droits humains…

Toutefois, avant de se lancer tous azimuts dans des investissements éthiques et durables, mieux vaut avoir certains éléments en tête pour éviter quelques erreurs classiques… 

Que faut-il savoir avant d'investir dans des portefeuilles ESG ? 

Avant d’investir vos précieux deniers, et pour ne pas risquer de revenir sur vos bonnes intentions faute d’une cruelle déception, il est recommandé de soigneusement peaufiner sa stratégie de placement ! Objectif : combiner performance financière et impact sociétal positif en évitant de tomber dans les pièges liés à la classification ESG… 

  • Soutenir une activité litigieuse : en effet, un actif peut respecter les critères ESG alors que l’activité qui lui est sous-jacente est litigieuse. 
Exemple : un titre élaboré autour de l’extraction d’or peut être identifié ESG grâce aux bons résultats obtenus en termes de conditions de travail avantageuses, et ce alors que l'industrie minière est considérée comme très néfaste pour l'environnement en fonction des technologies utilisées, générant pollution et destruction de la biodiversité.
  • Reléguer certains critères à l’arrière-plan : en fonction des pays d’où sont originaires les actifs, certains critères prennent le pas sur d’autres, au risque de fermer les yeux sur certains éléments problématiques. Aux Etats-Unis, mieux vaut miser sur la transparence que sur les actions environnementales pour obtenir le précieux sésame…
Exemple : De l’autre côté de l’Atlantique, la politique énergétique débridée basée sur l'exploitation des énergies fossiles n’interfère pas forcément avec une bonne notation...
  • Choisir sur la base de déclarations non fondées : démêler le vrai du faux quand il s’agit de développement durable et ne pas tomber dans le piège du greenwashing, voilà une tâche parfois bien difficile ! Souvent, les agences de notation n’ont d’ailleurs d’autres choix que de baser leurs évaluations sur les déclarations des compagnies… 

Et les fonds ISR ? 

Quel rapport entre les fonds ISR et ESG alors ? Les fonds ISR (pour Investissement Socialement Responsable) sont les fonds bénéficiant du label ISR, créé en 2016 et promu par le Ministère des Finances. L’objectif du label : faciliter la lecture des produits socialement responsables en Europe. 

A l’échelle internationale, les fournisseurs d’indice (FTSE Russell, MSCI…) produisent des indices boursiers en se basant sur les critères ESG, permettant alors aux fournisseurs de fonds indiciels (un fonds d'investissement visant à répliquer les performances d’un indice boursier) de proposer des supports d'investissements en fonction de ces mêmes supports. 

Les fonds ISR

Les investissements durables sont-ils forcément moins rentables ?

Les investisseurs les plus frileux ne peuvent que s’interroger : les investissements durables sont-ils moins rentables ? 

Et bien pas du tout… Car les entreprises ayant misé sur le développement durable ne sont pas moins performantes financièrement que les autres. Au contraire ! 

Des investissements à l'épreuve de la volatilité

Tout d’abord, les investissements sont moins volatils. 

En effet, les études démontrent que les entreprises qui s’alignent sur les critères ESG réussissent un tour de force : leur financement leur revient moins cher tout en étant moins soumis à la volatilité des cours. Conclusion : investir dans des portefeuilles majoritairement ESG réduirait l’exposition au risque tout en dopant les performances.

C’est aussi la conclusion à laquelle sont arrivées la Deutsche Bank et l’Université de Hambourg en compilant plus de 2200 études sorties après les années 70 : pour elles, il n’y aurait pas de corrélation négative entre le respect des critères ESG et la performance des portefeuilles, et ce dans 90% des cas. Au contraire, la corrélation serait positive, ce qui confirmerait l'intérêt financier des investissements ISR

Les critères ESG :  un outil au service d'un financement socialement responsable

L’envie de faire le bien aurait-elle traversé le monde de la finance ? Il semblerait que oui ! 65% des investisseurs intégreraient des composantes ESG avec comme envie principale celle d'avoir un impact positif sur la société… (source : enquête menée par l’EDHEC-Risk Institute sur 191 participants répartis dans 29 pays européen.) 
En fin de compte, les critères ESG servent, sans renoncer à la performance financière, à donner du sens aux investissements en finançant parfois des acteurs qui sont porteurs de solution et de réponse aux grands enjeux de société.

🇫🇷 A noter : la notion d’impact positif sur la société varie en fonction des pays… En effet, il existe en Europe et dans le monde différentes approches liées à la culture locale. A titre d’exemple, on aura tendance en France à privilégier l’aspect Social, en Suisse et en Allemagne l’Environnement, en Grande-Bretagne la Gouvernance, dans les pays scandinaves et aux Etats-Unis, les valeurs éthiques.

Quels impacts pour les PME et les grandes entreprises ?

Evidemment, cette nouvelle appétence sociétale pour le développement durable impacte évidemment PME et grandes entreprises… 

Les investisseurs réclament plus d'ESG

Chez les investisseurs, l'intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) attire de plus en plus : pour  78 % d’entre eux, le facteur ESG jouerait un rôle croissant ou prépondérant dans leur stratégie d’investissement (source : sondage mené par BNP Paribas auprès de 347 propriétaires et gestionnaires d’actifs en Europe, Asie et Amérique du Nord.) Dans la même perspective, le rapport précise que 65 % des sondés alignaient leur stratégie d’investissement avec les objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) : "De plus en plus de détenteurs et de gestionnaires d’actifs voient dans l’investissement responsable un moyen d’apporter une contribution positive aux ODD." 

Ainsi, les rendements sur le long terme apparaissent pour 52% des investisseurs comme la première motivation, suivis par la diminution des risques (pour 37 %).

A noter : d'importants freins demeurent pour les investisseurs, notamment le manque de données : 20% des investisseurs ont expliqué ne pas aligner leurs stratégies d'investissement avec les ODD par manque d’informations et de données fiables. 

Une meilleure intégration des risques ESG 

En outre, les investisseurs souhaiteraient également une meilleure intégration des critères ESG au sein de différents véhicules d’investissements, à l’instar des stratégies smart bêta ou multifactorielles (source : enquête menée par l’EDHEC-Risk Institute). 

Ils seraient également enclins à voir développer plus de solutions sur mesure. Afin de rallier plus d’investisseurs, chercheurs et fournisseurs de solutions devront donc à l’avenir miser sur l’intégration plus importante d’une composante ESG dans leurs produits s’ils désirent séduire une plus grande part d’investisseurs…

Ils sont 30 % à recourir à l'approche thématique, et seulement 25 % à pratiquer un screening négatif, c'est-à-dire à éliminer complètement certains secteurs d'activité.

Au cours des années, les enquêtes successives ont montré une large adoption des ETFs pour investir dans les principales classes d'actifs. En 2020, 92 % des personnes interrogées utilisaient les ETFs pour investir dans les actions et 97 % en étaient satisfaits, une situation assez stable depuis une dizaine d'années. L'utilisation des ETFs portant sur l'investissement ESG s'est développée plus récemment.

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Émissions de CO2, dialogue social, ou encore féminisation des conseils d’administration… Le célèbre sigle ESG désigne les critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance utilisés pour analyser et évaluer le degré de prise en compte des enjeux de développement durable dans la stratégie des entreprises. Il recouvre les volets susceptibles d’avoir un impact sur la société ou l'environnement utilisés pour mesurer la soutenabilité et la dimension éthique d’un investissement au sein d’une société… Et bonne nouvelle : ces investissements ne donnent pas lieu à une sous-performance par rapport à des investissements classiques ! 

Critères ESG

Quels sont les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance ? (ESG)

Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) permettent d’évaluer la contribution sociétale d'une entreprise vis-à-vis de leurs parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants et clients) et de l'environnement. Ils servent également à orienter et structurer l’analyse des performances financières des entreprises

Lorsqu’une démarche RSE d'entreprise est déployée, la performance financière sera toujours reliée à son impact environnemental et social.

Les 3 critères de l'ESG

Que recouvrent précisément les 3 critères de l’ESG ? 

  • Les critères environnementaux : ils mesurent l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur l’environnement par le biais des émissions de gaz à effet de serre (GES), et donc principalement de CO2, de consommation énergétique d’électricité, du recyclage des déchets et le respect de la biodiversité et de la prévention des risques (marées noires, contamination des nappes phréatiques, déjections toxiques...)
  • Les critères sociaux (ou sociétaux) : ils se réfèrent à l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur les parties prenantes (les collaborateurs, clients, fournisseurs, syndicats et communautés locales) vis-à-vis de certaines valeurs considérées comme devant être universelles : droits humains, normes internationales du travail etc… Cela concerne par exemple la qualité du dialogue social au sein des entreprises, le taux de représentation hommes/femmes, l’emploi des personnes handicapées ou issus de minorités, l’accès formation des salariés, la prévention des accidents et le respect du droit des employés, et ce tout au long de la chaîne de la supply chain, ce qui implique donc prestataires et sous-traitants.
  • Les critères de gouvernance : ces derniers sont souvent les moins bien connus… Ils portent sur la façon dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée, ce qui recouvre le rôle des actionnaires, la féminisation et l’indépendance des conseils d’administration et sa direction, la transparence de la rémunération des dirigeants et la lutte contre la corruption, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.
Les trois critères de l'ESG

C’est dans les années 90 que sont conduites les premières tentatives pour évaluer les entreprises et les titres financiers. C’est l’entrepreneur John Elkington qui en 1995 explique qu’une entreprise devait considérer les “trois P” (“personnes, planète, profit”) comme aussi importants les uns que les autres pour assurer la réussite de l’entreprise sur le long terme.  Ce concept revisité par le monde de la finance a donné lieu aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), qui constituent aujourd’hui la base de la majorité des processus d’investissement durable. 

Comment sont sélectionnés les actifs selon les critères ESG ?

La sélection des actifs selon les critères ESG varie d’une compagnie à une autre. En effet, chaque agence de notation (parmi les françaises les plus réputées : Vigeo, Ethifinance, Innovest et BMJ CoreRating…) ou société de gestion s’appuie sur sa propre méthodologie et son propre indicateur de mesure pour sélectionner les investissements ESG. Leur but n’est pas ici d'évaluer la capacité d’une entreprise à rembourser sa dette, mais la mesure du potentiel de l’entreprise à créer durablement de la valeur. 

💡 A noter : certaines agences de notation sont parfois spécialisées sur un de ces trois critères.
Néanmoins, certaines pratiques communes permettent de classer entreprises et fonds d’investissement dans leurs catégories respectives. 

Pour arriver à cette hiérarchisation des entreprises, il est possible d’opter pour deux approches : 

  • L’approche “best in class” : il s’agit d’identifier et sélectionner les entreprises les mieux notées au regard des critères ESG dans chaque secteur d’activité économique. Dans la mesure où l’approche “best in class” concerne la totalité des secteurs d’activité, le placement sera assurément très diversifié. 
  • L’approche “best in universe” : elle fonctionne comme la première, à une différence près... Le périmètre s'étend à l’ensemble des entreprises tous secteurs d’activité confondus, ce qui assure l’élimination des secteurs les moins vertueux de l’économie.

Aujourd’hui en France, les portefeuilles ESG attirent de plus de plus en plus : selon une étude menée en 2019, 61% des épargnants affirment accorder une place importante aux impacts environnementaux et sociaux lors de leurs décisions de placement (source : sondage Ifop pour le FIR et VigeoEiris). Parmi les sujets jugés prioritaires pour les sondés : la préservation de l’emploi, la pollution, et les droits humains…

Toutefois, avant de se lancer tous azimuts dans des investissements éthiques et durables, mieux vaut avoir certains éléments en tête pour éviter quelques erreurs classiques… 

Que faut-il savoir avant d'investir dans des portefeuilles ESG ? 

Avant d’investir vos précieux deniers, et pour ne pas risquer de revenir sur vos bonnes intentions faute d’une cruelle déception, il est recommandé de soigneusement peaufiner sa stratégie de placement ! Objectif : combiner performance financière et impact sociétal positif en évitant de tomber dans les pièges liés à la classification ESG… 

  • Soutenir une activité litigieuse : en effet, un actif peut respecter les critères ESG alors que l’activité qui lui est sous-jacente est litigieuse. 
Exemple : un titre élaboré autour de l’extraction d’or peut être identifié ESG grâce aux bons résultats obtenus en termes de conditions de travail avantageuses, et ce alors que l'industrie minière est considérée comme très néfaste pour l'environnement en fonction des technologies utilisées, générant pollution et destruction de la biodiversité.
  • Reléguer certains critères à l’arrière-plan : en fonction des pays d’où sont originaires les actifs, certains critères prennent le pas sur d’autres, au risque de fermer les yeux sur certains éléments problématiques. Aux Etats-Unis, mieux vaut miser sur la transparence que sur les actions environnementales pour obtenir le précieux sésame…
Exemple : De l’autre côté de l’Atlantique, la politique énergétique débridée basée sur l'exploitation des énergies fossiles n’interfère pas forcément avec une bonne notation...
  • Choisir sur la base de déclarations non fondées : démêler le vrai du faux quand il s’agit de développement durable et ne pas tomber dans le piège du greenwashing, voilà une tâche parfois bien difficile ! Souvent, les agences de notation n’ont d’ailleurs d’autres choix que de baser leurs évaluations sur les déclarations des compagnies… 

Et les fonds ISR ? 

Quel rapport entre les fonds ISR et ESG alors ? Les fonds ISR (pour Investissement Socialement Responsable) sont les fonds bénéficiant du label ISR, créé en 2016 et promu par le Ministère des Finances. L’objectif du label : faciliter la lecture des produits socialement responsables en Europe. 

A l’échelle internationale, les fournisseurs d’indice (FTSE Russell, MSCI…) produisent des indices boursiers en se basant sur les critères ESG, permettant alors aux fournisseurs de fonds indiciels (un fonds d'investissement visant à répliquer les performances d’un indice boursier) de proposer des supports d'investissements en fonction de ces mêmes supports. 

Les fonds ISR

Les investissements durables sont-ils forcément moins rentables ?

Les investisseurs les plus frileux ne peuvent que s’interroger : les investissements durables sont-ils moins rentables ? 

Et bien pas du tout… Car les entreprises ayant misé sur le développement durable ne sont pas moins performantes financièrement que les autres. Au contraire ! 

Des investissements à l'épreuve de la volatilité

Tout d’abord, les investissements sont moins volatils. 

En effet, les études démontrent que les entreprises qui s’alignent sur les critères ESG réussissent un tour de force : leur financement leur revient moins cher tout en étant moins soumis à la volatilité des cours. Conclusion : investir dans des portefeuilles majoritairement ESG réduirait l’exposition au risque tout en dopant les performances.

C’est aussi la conclusion à laquelle sont arrivées la Deutsche Bank et l’Université de Hambourg en compilant plus de 2200 études sorties après les années 70 : pour elles, il n’y aurait pas de corrélation négative entre le respect des critères ESG et la performance des portefeuilles, et ce dans 90% des cas. Au contraire, la corrélation serait positive, ce qui confirmerait l'intérêt financier des investissements ISR

Les critères ESG :  un outil au service d'un financement socialement responsable

L’envie de faire le bien aurait-elle traversé le monde de la finance ? Il semblerait que oui ! 65% des investisseurs intégreraient des composantes ESG avec comme envie principale celle d'avoir un impact positif sur la société… (source : enquête menée par l’EDHEC-Risk Institute sur 191 participants répartis dans 29 pays européen.) 
En fin de compte, les critères ESG servent, sans renoncer à la performance financière, à donner du sens aux investissements en finançant parfois des acteurs qui sont porteurs de solution et de réponse aux grands enjeux de société.

🇫🇷 A noter : la notion d’impact positif sur la société varie en fonction des pays… En effet, il existe en Europe et dans le monde différentes approches liées à la culture locale. A titre d’exemple, on aura tendance en France à privilégier l’aspect Social, en Suisse et en Allemagne l’Environnement, en Grande-Bretagne la Gouvernance, dans les pays scandinaves et aux Etats-Unis, les valeurs éthiques.

Quels impacts pour les PME et les grandes entreprises ?

Evidemment, cette nouvelle appétence sociétale pour le développement durable impacte évidemment PME et grandes entreprises… 

Les investisseurs réclament plus d'ESG

Chez les investisseurs, l'intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) attire de plus en plus : pour  78 % d’entre eux, le facteur ESG jouerait un rôle croissant ou prépondérant dans leur stratégie d’investissement (source : sondage mené par BNP Paribas auprès de 347 propriétaires et gestionnaires d’actifs en Europe, Asie et Amérique du Nord.) Dans la même perspective, le rapport précise que 65 % des sondés alignaient leur stratégie d’investissement avec les objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) : "De plus en plus de détenteurs et de gestionnaires d’actifs voient dans l’investissement responsable un moyen d’apporter une contribution positive aux ODD." 

Ainsi, les rendements sur le long terme apparaissent pour 52% des investisseurs comme la première motivation, suivis par la diminution des risques (pour 37 %).

A noter : d'importants freins demeurent pour les investisseurs, notamment le manque de données : 20% des investisseurs ont expliqué ne pas aligner leurs stratégies d'investissement avec les ODD par manque d’informations et de données fiables. 

Une meilleure intégration des risques ESG 

En outre, les investisseurs souhaiteraient également une meilleure intégration des critères ESG au sein de différents véhicules d’investissements, à l’instar des stratégies smart bêta ou multifactorielles (source : enquête menée par l’EDHEC-Risk Institute). 

Ils seraient également enclins à voir développer plus de solutions sur mesure. Afin de rallier plus d’investisseurs, chercheurs et fournisseurs de solutions devront donc à l’avenir miser sur l’intégration plus importante d’une composante ESG dans leurs produits s’ils désirent séduire une plus grande part d’investisseurs…

Ils sont 30 % à recourir à l'approche thématique, et seulement 25 % à pratiquer un screening négatif, c'est-à-dire à éliminer complètement certains secteurs d'activité.

Au cours des années, les enquêtes successives ont montré une large adoption des ETFs pour investir dans les principales classes d'actifs. En 2020, 92 % des personnes interrogées utilisaient les ETFs pour investir dans les actions et 97 % en étaient satisfaits, une situation assez stable depuis une dizaine d'années. L'utilisation des ETFs portant sur l'investissement ESG s'est développée plus récemment.

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