Comment mettre en place une démarche RSE dans son entreprise ?

La RSE, qu'est-ce que c'est ? Principaux piliers, engagement des salariés ou bilan carbone, Greenly vous explique tout !

RSE 🌱

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6

 minutes de lecture

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20/10/2021

Que cela soit pour valoriser son image ou par réelle intention éthique, s’engager dans une démarche de RSE est un chemin incontournable pour toute organisation soucieuse de sa pérennité… et de sa popularité. Véritable atout stratégique pour les entreprises désireuses de séduire les consommateurs d'aujourd'hui, l’engagement RSE permet notamment de doper sa visibilité. Et pour cela, des structures dédiées peuvent même vous accompagner !

👉 On vous explique le pourquoi du comment.

Comment mettre en place une démarche RSE dans son entreprise ?

Qu'est-ce que la RSE ? 

S’engager dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est toujours un pari qui paye, explication.

RSE : définition

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) également appelée responsabilité sociale des entreprises est définie par la commission européenne comme l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes.

En simplifiant, la RSE c'est « la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable ».

Une entreprise qui pratique la RSE va donc chercher à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable.

Quels sont les trois piliers de la RSE ?

RSE c’est trois lettres. C’est aussi trois piliers.

  • 💰 Economique : mettre en place une tarification équitable, soutenir les fournisseurs locaux, être transparent auprès des investisseurs, satisfaire les consommateurs…
  • 🤝 Social : améliorer l’égalité des chances et la diversité, garantir la sécurité au travail, respecter les droits des travailleurs...
  • 🌱 Environnemental : consommer les énergies de manière responsable, gérer et limiter ses déchets, piloter et réduire ses émissions de gaz à effet de serre…

Qu'est-ce qu'une démarche RSE ?

Une démarche RSE est donc la mise en place d’une stratégie d’entreprise visant à améliorer les aspects présentés juste au-dessus. A chacun de déterminer alors en fonction de son entreprise, de son secteur et de son territoire, les actions à mener en priorité.

Pour établir cette hiérarchie, il est possible de se référer à une matrice de matérialité qui permettra de cerner les thématiques économiques, environnementales et sociales qui seront le plus susceptibles d’améliorer les performances et la durabilité de l’entreprise.

Matrice de matérialité et RSE

Un point souvent oublié par les chefs d’entreprise car pas directement rattaché à l’un des trois piliers est l’aspect concernant la gouvernance.

Il recouvre pourtant plusieurs volets indispensables, comme la concertation en matière de RSE avec les parties prenantes, depuis les actionnaires aux ONG, en passant par syndicats et les pouvoirs publics locaux, la lutte contre la corruption dans les pays d’implantation, ou encore le fait de ne pas opter pour une politique d'optimisation fiscale agressive, comme Uber en France par exemple… À méditer donc.

Les critères ESG, piliers de la RSE

Pour guider l’engagement RSE des entreprises, certains leviers d’actions ont été définis collectivement et regroupés sous le sigle ESG (pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Reconnus par la communauté financière internationale, les critères ESG permettent d’évaluer l’intégration du développement durable dans la stratégie des entreprises, ainsi que la prise en compte des enjeux de longue durée. 

  • Le S englobe le dialogue social, la prévention des accidents, la qualité de la chaîne de sous-traitante, la formation des salariés et l’emploi de personnes handicapées que l’on retrouve
  • Le G enveloppe la transparence de la rémunération des dirigeants, la part des femmes dans les conseils d’administration, l’indépendance de ce dernier ou encore la présence d’un comité de vérification des comptes.

Libre à chacune des entreprises d’actionner tel ou tel levier pour élaborer un plan d’action RSE sur-mesure et pertinent par rapport à son secteur, selon les contextes et les sensibilités de chacun. Attention toutefois : la RSE n’a bien entendu de sens que si elle s’inscrit dans une approche holistique. 

Loi Pacte et RSE

Pour appuyer cette démarche de placer au centre des préoccupations les enjeux de développement durable, le Parlement adopte en 2019 la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises).

✅ Cette loi “ambitionne de donner aux entreprises les moyens d’innover, de se transformer, de grandir et de créer des emplois”.

Elle est une pierre angulaire en matière de RSE : elle introduit la notion “d’entreprise à missions”. Par cette nouvelle nomenclature, une entreprise peut décider d’ajouter au simple fait de générer du profit pour ses actionnaires des “raisons d’êtres” ou “missions” dans le but d’amorcer à plus large échelle sa transition écologique. C’est par exemple le cas de Patagonia, du Slip Français, ou encore de Danone dont nous reparlerons en fin d’article.

Finalement on observe qu’en France, développement commence à rimer de plus en plus avec durable, avec des mises en place de plus en plus généralisées de démarches RSE et des lois qui vont dans ce sens. Mais dans quel but ? (sauver le monde c’est un peu trop large...)

Quel est le but de la RSE ?

D’accord une démarche RSE c’est bien pour la planète, mais est-ce que c’est aussi bien pour mon entreprise ?

Oui. Un grand oui.

Greenly - pourquoi faire de la RSE ?

🧐 Booster la visibilité de son entreprise

Oney et OpinionWay publient en février 2020 une étude faisant le point sur les aspirations et les comportements des consommateurs en France, Espagne, Portugal et Hongrie.

Les résultats sont sans appel : 9 sondés sur 10 attendent des marques qu’elles s’engagent et les aident à mieux consommer. L'étude précise :

"90 % des consommateurs européens se disent sensibles à la consommation raisonnée et ont le sentiment d’agir pour tendre vers cet objectif."

Pour cela, trois volets de la consommation sont mis en avant comme étant des leviers d’action prépondérants :

  • Le gaspillage alimentaire
  • La lutte contre l'obsolescence programmée des produits électriques et électroniques
  • Les modes de fabrication. En France, 51% des consommateurs consomment bio, local et trient leurs déchets, et 36 % achètent des produits recyclés… 

Ces chiffres dénotent bien l’installation d’une tendance de fond chez les consommateurs européens : ces derniers se positionnent de plus en plus comme "consommacteurs" en recherche de changements ; une mouvance exacerbée par la crise sanitaire internationale que nous traversons depuis février dernier.

Et à une époque où la suspicion est de mise : avec les derniers scandales de greenwashing, un packaging vert est désormais plus douteux que rassurant, une démarche RSE claire et transparente est le meilleur moyen de rassurer le consommateur sur ce qu’il achète.

✊ Engagez les salariés de votre entreprise

Si les consommateurs représentent la face d’une pièce, les collaborateurs représentent l’autre, la face intérieure à l’entreprise. Engager ses collaborateurs, c’est créer un climat de confiance dans lequel ils pourront se projeter et s’impliquer car les objectifs derrière leur travail auront du sens.

Miser sur la RSE permet justement de stimuler cet engagement. S’appuyant sur une étude Kantar réalisée auprès de 1500 salariés, l'édition 2020 du baromètre de perception de la RSE publiée par le Medef met l’accent sur la prépondérance de la fonction vis-à-vis de l’engagement des collaborateurs.

Et devinez quoi ? L’engagement RSE contribue grandement à fidéliser les collaborateurs et ce en améliorant l’image de l’entreprise : 83 % des collaborateurs travaillant dans des entreprises dotées d'une fonction ou d'un service RSE estiment que leur organisation peut s'enorgueillir d’avoir “un impact positif” sur la société, contre 59 % des salariés issus de structures dépourvues de levier RSE.

On peut ajouter à cela que dans les entreprises où il existe une fonction ou service RSE, 83 % des employés soulignent “avoir plaisir à travailler” contre seulement 64 % dans les autres structures et que 79 % des salariés se voient toujours travailler pour leur entreprise dans trois ans contre 68% chez les autres… 

🚀Attirez les jeunes talents

La dernière face de notre pièce (oui c’est une pièce à trois faces), ce sont les candidats, et surtout les jeunes talents. Ces derniers accordent une attention particulière aux engagements environnementaux des entreprises et au sens qu’ils pourront retrouver dans leur travail. Selon une étude Jam, les 15-25 ans recherchent une entreprise qui s’engage pour eux comme pour la planète.

7 jeunes sur 10 pensent ainsi que les entreprises manquent encore d’un engagement profond et sincère en la matière. Quand on sait qu’à compétences et diplômes équivalents, les salaires sont en général les mêmes entre les concurrents, la réelle différence se fait sur les valeurs que véhiculent votre entreprise. Startup ou grand groupe, peu importe votre taille, une démarche RSE honnête et transparente vaut plus que n’importe quelle promesse d’embauche.

La RSE pour s'aligner sur les attentes des consommateurs

Les étapes clés pour mettre en place sa démarche RSE

A la lumière de ces arguments, plus de doutes possibles : je dois mettre en place une démarche RSE pour mon entreprise le plus vite possible, je fais comment ?

Première étape : identifier les parties prenantes

De manière générale, les parties prenantes d’une démarche RSE englobent toutes les entités interagissant avec l'entreprise et étant susceptibles d’être affectées par ses activités : 

  • Partie prenante interne (dirigeant, salarié, syndicat)
  • Partie prenante externe (élu, association, ONG, sous-traitant, fournisseur, client, actionnaire, média)

Dans le cercle plus restreint de l’entreprise, si la mise en place d’actions RSE en entreprise est l’affaire de tous, dans la mesure où chacun d’entres nous est libre d’approcher son RH ou N+1 avec des propositions, c’est en théorie le responsable RSE (ou directeur du développement durable et de la responsabilité sociale) qui est chargé de définir et coordonner les actions à implémenter en matière de développement durable.

Parmi ses missions, notons la détermination des enjeux prioritaires à aborder, le pilotage de la démarche RSE en lien avec les différents services de l'organisation (RH, production, sécurité…), la définition d'indicateurs de succès et des processus de contrôle, le développement d’actions de communication et de lobbying, la production de reportings sur les actions menées, et enfin le suivi des nouvelles politiques à adopter…

Deuxième étape : réaliser un audit

Une fois toutes les parties prenantes prêtes et motivées pour se lancer dans la transition de l’entreprise, il faut comprendre où cette dernière en est actuellement, pour pouvoir ensuite mettre en place les actions adaptées.

Un audit RSE permet justement de faire un état exhaustif des lieux sur tous les plans : analyse environnementale et sociale. Cela passe par une évaluation des fournisseurs, un reporting des déchets et des chantiers, etc. Un Bilan GES est aussi un bon point de départ : il permet d’identifier instantanément les postes d’émissions majeurs de l’entreprise, et donc les postes sur lesquels agir sur le plan environnemental.

Tout est reporté dans un tableau de critères à valider, souvent avec une première auto-évaluation puis le passage d’un intervenant extérieur.

Troisième étape : mettre en place sa communication RSE

Beaucoup d’entreprises choisissent aujourd’hui de s’engager sur la voie de la RSE et c’est une excellente chose. Mais parmi celles-ci, beaucoup oublient ou négligent encore de communiquer assez sur leurs engagements, alors qu’il y a toutes les raisons du monde pour le faire. Quelques étapes pour une communication RSE réussie :

  • 👔 Convaincre ses parties prenantes (identifiées juste au-dessus) et adapter sa communication à chaque cible : privilégier les chiffres et les faits pour les pouvoirs publics par exemple, l’empathie et l’humour pour les consommateurs (gare au greenwashing!)
  • 🔉 Bien pitcher son projet RSE : être clair sur sa vision, ses missions, et pourquoi pas bannir les termes déjà trop entendus comme justement RSE pour privilégier une approche plus informelle basée sur anecdotes et actions concrètes
  • 📖 Créer un brand book RSE : choisir son ton, ses couleurs, et si l’on a pu citer le greenwashing un peu plus haut, c’est ici qu’il est à prendre en compte de manière très sérieuse. Le vert peut par exemple se révéler un mauvais choix (chez Greenly, vous l’aurez compris, c’est faites ce qu’on dit mais pas ce qu’on fait :))
  • 🤳 Utiliser tous les formats et tous les canaux à disposition : ne pas se cantonner au rapport RSE, aller plus loin dans la transparence et la diffuser sur tous les réseaux (podcast, vidéo, infographie) ; pourquoi être timide lorsque l’on cherche à simplement présenter ses engagements pour un monde meilleur ?

Quatrième étape : former ses salariés aux enjeux RSE pour concrétiser votre démarche

Pour accompagner la communication RSE, la formation interne apparaît comme nécessaire. La méconnaissance du sujet en interne freine en effet l'absorption des pratiques RSE pour 39% des collaborateurs selon une étude menée par l'Observatoire Salarié et Entreprise Responsable (janvier 2020).

D’ailleurs, près de la moitié des salariés peinerait à proposer une définition précise de ce qu’est la RSE ! En outre, beaucoup d’entre eux seraient tenus à l’écart des initiatives : seuls 8% des collaborateurs sont invités à intégrer la RSE à leur pratique métier.

Mais la statistique que l’on doit retenir de l’étude est plutôt celle-ci : 70% des salariés sont prêts à s’investir davantage ! Plus aucune raison donc de ne pas passer le pas : il est nécessaire de former ses collaborateurs si l’on veut que sa démarche RSE soit pérenne et ces derniers sont plus que volontaires. 

Pas forcément besoin de retourner à l’école pour se former à la RSE, mais citons tout de même deux exemples de formations RSE certifiantes : 

  • La formation ISO 26 000
  • La formation HEC

Comment se faire accompagner dans sa démarche RSE ?

Les entreprises qui le souhaitent peuvent se faire accompagner dans leur démarche RSE par de nombreuses structures parmi lesquelles : des cabinets de conseil spécialisés, une organisation patronale, une fédération professionnelle, la Chambre de Commerce et d’Industrie, l’ADEME, ou des réseaux d’entreprises spécialisées. 

Se faire accompagne dans sa démarche RSE

Définir le coût de votre démarche RSE

Mettre en place une politique RSE cohérente exige du temps et de l’argent, et le coût global de la démarche est difficile à estimer du fait de l’aspect transversal de la RSE. Mais ce qu’il est important de comprendre est que faire l’impasse sur la démarche aurait finalement un coût bien supérieur à celui de l'investissement de départ. Par exemple, la réduction de la consommation des énergies et ressources a logiquement pour effet de réduire les coûts pour l’entreprise, tout en étant bénéfique pour l’environnement. L’entreprise renforce ici sa rentabilité.

Toutefois, des coûts peuvent être chiffrés : la création de l’emploi du responsable RSE, le Bilan  Carbone, la création d’une campagne de communication et d’une charte graphique, etc. Parmi ces coûts, on peut aussi citer l’appel à un cabinet de conseil RSE.

Les cabinets de conseil RSE

Pour mettre en place une stratégie RSE, une excellente idée peut être de faire appel à des cabinets de conseil spécialisés comme : 

Le but de ces cabinets est de proposer un accompagnement complet et personnalisé de chaque client

Pour citer Greenflex : “[Notre rôle] est de faciliter l’intégration de la responsabilité sociétale et du management des relations parties prenantes dans la stratégie des organisations et de définir un positionnement développement durable différenciant et créateur de valeur”.

Un cabinet c’est alors comme un mentor RSE : il conseille, aiguille et pointe du doigt là où des efforts sont encore à fournir. Certains de ces cabinets comme Carbone 4 sont experts dans la démarche du Bilan Carbone, pierre angulaire d’une stratégie RSE.

Il existe aussi de nombreux experts indépendants qui pourront vous accompagner efficacement dans la mise en place d'une telle démarche. Pour ne citer qu'un exemple, l'agence IMPACTS vous propose conseils et formations sur cette thématique.

Le bilan carbone : le point de départ d'une démarche RSE

Parmi les actions RSE à mettre en place, la réalisation d’un bilan carbone permet aux entreprises d’évaluer la quantité et l'origine de l’ensemble de leurs émissions de GES. Pour se mettre au vert, c’est une première étape clé qui permet de dresser un diagnostic puis d’apporter des solutions pour limiter son impact sur la planète. De nombreuses structures proposent la réalisation de bilan carbone, les deux principales solutions étant d’un côté de faire appel à un cabinet spécialisé ou bien de l’autre d’opter pour un logiciel de bilan carbone d’entreprise comme Greenly.

Opter pour un cabinet d’experts c’est faire le choix d’un accompagnement complet sur l’ensemble de la démarche RSE, mais c’est un investissement coûteux en termes de temps et d’argent (en fonction des cabinets, les tarifs peuvent varier de plusieurs dizaines de milliers d’euros...). C’est justement partant de ce constat que les logiciels ont commencé à apparaître et à révolutionner le marché du Bilan Carbone. Le but étant de rendre ce dernier plus simple, plus rapide et moins cher. A voir maintenant quelle option est la plus adaptée à votre structure.

Cruciale pour s’aligner sur les critères ESG, la réalisation d’un bilan carbone est maintenant obligatoire, et ce depuis l’adoption de la loi pour la Transition Écologique et la Croissance Verte de 2015. Plusieurs acteurs sont concernés par ce premier pas vers le développement d’une stratégie bas carbone, notamment les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DROM).

Qui est charge de la RSE dans l'entreprise ?

5 exemples de démarches RSE par des entreprises

Des petites aux grandes entreprises, chacune doit s’engager pour construire un monde plus durable. Deux exemples de grands groupes qui ont choisi de mettre en place une stratégie RSE, et trois startups représentatives du mouvement pour la planète.

Grands groupes et RSE

La RSE chez Danone

Danone, le géant français de l’agro-alimentaire, un chiffre d’affaires de 21 milliards de dollars est un exemple de grand groupe engagé dans sa démarche RSE depuis de nombreuses années. Antoine Riboud, le fondateur, apparaît en 1972 comme le premier promoteur du développement durable : « Conduisons nos entreprises autant avec le cœur qu’avec la tête et n’oublions pas que si les ressources d’énergie de la terre ont des limites, celles de l’homme sont infinies s’il se sent motivé ». 

En interne, l’entreprise fonde sa politique de respect des droits humains sur le référentiel GRI 3.0 (Global Reporting Initiative). Ainsi, Danone montre par des exemples et mesures concrets comment elle applique ces indicateurs (en 2009 sa Charte Alimentation, Nutrition et Santé). Le choix de l’utilisation du référentiel GRI montre la force d’initiative de Danone en matière de RSE, puisque ces indicateurs relèvent davantage d’une application volontaire des normes que du strict respect de la loi. 

En externe, des agences de notation extra-financières auditent la performance RSE ; par exemple, l’agence Vigeo s’est fondée sur la norme ISO 26000 pour évaluer Danone et il en ressort que ses résultats sont très bons, proches du maximum. Danone semble donc non seulement respecter la loi en ce qui concerne le développement durable, mais aussi être force d’initiative quant aux normes recommandées mais non obligatoires.

Matrice de matérialité de Danone

Mais tout va sûrement changer pour Danone. Le 14 mars 2021, le conseil d’administration a en effet évincé son PDG Emmanuel Faber. Ce dernier a pris au cours de sa direction de grandes décisions en termes de RSE, au prix d’une perte de profits, et c’est justement ce qui n’a pas plus aux actionnaires, qui ne cachent pas leur volonté de refaire passer les bénéfices sur le devant de la scène. A suivre de très près donc, et peut-être pas pour le mieux...

La RSE chez Bouygues

Un autre exemple de grand groupe français impliqué dans la problématique du développement durable est Bouygues. Pour citer Philippe Bonnave, PDG de Bouygues Construction : “Nous voulons créer une culture carbone”.Aidés par le cabinet Carbone 4, les cinq métiers du groupe ont ainsi pu en décembre 2020 annoncer de nouvelles stratégies climat, alignées avec les Accords de Paris. Il s’agit d’une nouvelle stratégie bas carbone (objectif 2030) initiée en 2020 dans laquelle vont s’impliquer les PDG de chaque métier du groupe.

Parmi ces cinq métiers, Colas et Bouygues Construction ont ainsi annoncé une réduction de 30 % (40 % pour Bouygues Construction) sur les Scopes 1 et 2 (émissions directes et indirectes liées aux consommations énergétiques) et de 30 % sur le Scope 3a (les autres émissions indirectes en amont, comme les matériaux des fournisseurs mis en oeuvre). Pour sa part, la troisième filiale du secteur BTP, Bouygues Immobilier, annonce une réduction de 32 % sur l’ensemble des Scopes.

Matrice de matérialité Bouygues

Toutefois il est bon de toujours garder à l’esprit que des grands groupes comme Danone et Bouygues sont encore loin d’avoir un impact durable sur la planète. En 2016, WWF épinglait les 25 entreprises françaises les plus polluantes... et on y retrouve les deux groupes.

WWF révèle les 25 entreprises les plus polluantes

Startups et RSE

La RSE chez Shine

La néobanque pour les freelances lancée en 2017 fait de la responsabilité sociétale l’un de ses objectifs premiers. Pour bâtir une “banque responsable”, elle a mis en oeuvre des mesures pour les salariés, pour l’environnement et pour ses clients freelances.

Pour Nicolas Reboud le CEO, la politique RSE de Shine poursuit plusieurs axes : d’abord, “essayer d’avoir les conditions de travail les plus progressistes et les plus saines possibles” ; ensuite, “avoir un impact environnemental le plus faible possible” et enfin “un impact social le plus bénéfique possible”. On retrouve nos fameux trois piliers. Des objectifs traduits par plusieurs mesures concrètes.

Par exemple en interne, Shine a modifié tous les contrats de ses salariés pour supprimer la clause d’exclusivité et y inclure un jour par mois dédié au freelancing : garantir de la liberté et des conditions de travail saines à ses collaborateurs pour finalement mieux les retenir, c'est un exemple de démarche RSE qui fonctionne.

La RSE chez Loop

Dernière initiative en date du géant du recyclage TerraCycle, Loop a été lancée à Paris et New York en mai 2020, puis Londres en octobre. Biscuits Milka dans des boîtes en alu, dentifrice Signal solide à croquer, Coca-Cola dans des bouteilles en verre ou encore stylos Bic et Febreze rechargeables... Au total, c'est plus d'une ­centaine de marques dans des emballages consignés qui sont vendus au travers de Loop. "Nous avons choisi la livraison à domicile afin que l'expérience soit fluide et facilite l'adoption. À partir de cinq loops', soit des boucles de réemploi, nos produits ont moins d'impact que les mêmes vendus dans leur version classique en e-commerce", explique Laure Cucuron, CEO de TerraCycle Europe.

Loop est désormais sous la tutelle de Carrefour, des stands sont disponibles dans la plupart de leurs supermarchés et il est possible de faire ses courses en ligne en choisissant l'option Loop. On peut ainsi créer des emplois et tendre vers le zéro-déchet.

La RSE chez TooGoodToGo

La mission de TooGoodToGo fait déjà partie du paysage RSE : lutter contre le gaspillage alimentaire en récupérant les invendus des commerçants locaux, mis en ensuite à disposition à moindre prix sur leur appli.

On retrouve directement tous les axes de la RSE :

  • Environnemental : la fabrication des produits et leur transport sont très consommateurs en ressources naturelles (dont beaucoup d’eau), en énergie, et donc fortement émetteurs carbone.
  • Économique : entre 12 et 20 milliards d’euros sont jetés à la poubelle en France chaque année. Les chiffres parlents d'eux-même.
  • Social : en France, une personne sur dix ne peut pas se nourrir convenablement. Lutter contre le gaspillage c'est donc potentiellement permettre à ces personnes d'avoir accès à moindre coût à de la nourriture, et contribuer à effacer ce souci éthique qui est que nous gaspillons alors que certains meurent de faim...

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Que cela soit pour valoriser son image ou par réelle intention éthique, s’engager dans une démarche de RSE est un chemin incontournable pour toute organisation soucieuse de sa pérennité… et de sa popularité. Véritable atout stratégique pour les entreprises désireuses de séduire les consommateurs d'aujourd'hui, l’engagement RSE permet notamment de doper sa visibilité. Et pour cela, des structures dédiées peuvent même vous accompagner !

👉 On vous explique le pourquoi du comment.

Comment mettre en place une démarche RSE dans son entreprise ?

Qu'est-ce que la RSE ? 

S’engager dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est toujours un pari qui paye, explication.

RSE : définition

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) également appelée responsabilité sociale des entreprises est définie par la commission européenne comme l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes.

En simplifiant, la RSE c'est « la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable ».

Une entreprise qui pratique la RSE va donc chercher à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable.

Quels sont les trois piliers de la RSE ?

RSE c’est trois lettres. C’est aussi trois piliers.

  • 💰 Economique : mettre en place une tarification équitable, soutenir les fournisseurs locaux, être transparent auprès des investisseurs, satisfaire les consommateurs…
  • 🤝 Social : améliorer l’égalité des chances et la diversité, garantir la sécurité au travail, respecter les droits des travailleurs...
  • 🌱 Environnemental : consommer les énergies de manière responsable, gérer et limiter ses déchets, piloter et réduire ses émissions de gaz à effet de serre…

Qu'est-ce qu'une démarche RSE ?

Une démarche RSE est donc la mise en place d’une stratégie d’entreprise visant à améliorer les aspects présentés juste au-dessus. A chacun de déterminer alors en fonction de son entreprise, de son secteur et de son territoire, les actions à mener en priorité.

Pour établir cette hiérarchie, il est possible de se référer à une matrice de matérialité qui permettra de cerner les thématiques économiques, environnementales et sociales qui seront le plus susceptibles d’améliorer les performances et la durabilité de l’entreprise.

Matrice de matérialité et RSE

Un point souvent oublié par les chefs d’entreprise car pas directement rattaché à l’un des trois piliers est l’aspect concernant la gouvernance.

Il recouvre pourtant plusieurs volets indispensables, comme la concertation en matière de RSE avec les parties prenantes, depuis les actionnaires aux ONG, en passant par syndicats et les pouvoirs publics locaux, la lutte contre la corruption dans les pays d’implantation, ou encore le fait de ne pas opter pour une politique d'optimisation fiscale agressive, comme Uber en France par exemple… À méditer donc.

Les critères ESG, piliers de la RSE

Pour guider l’engagement RSE des entreprises, certains leviers d’actions ont été définis collectivement et regroupés sous le sigle ESG (pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Reconnus par la communauté financière internationale, les critères ESG permettent d’évaluer l’intégration du développement durable dans la stratégie des entreprises, ainsi que la prise en compte des enjeux de longue durée. 

  • Le S englobe le dialogue social, la prévention des accidents, la qualité de la chaîne de sous-traitante, la formation des salariés et l’emploi de personnes handicapées que l’on retrouve
  • Le G enveloppe la transparence de la rémunération des dirigeants, la part des femmes dans les conseils d’administration, l’indépendance de ce dernier ou encore la présence d’un comité de vérification des comptes.

Libre à chacune des entreprises d’actionner tel ou tel levier pour élaborer un plan d’action RSE sur-mesure et pertinent par rapport à son secteur, selon les contextes et les sensibilités de chacun. Attention toutefois : la RSE n’a bien entendu de sens que si elle s’inscrit dans une approche holistique. 

Loi Pacte et RSE

Pour appuyer cette démarche de placer au centre des préoccupations les enjeux de développement durable, le Parlement adopte en 2019 la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises).

✅ Cette loi “ambitionne de donner aux entreprises les moyens d’innover, de se transformer, de grandir et de créer des emplois”.

Elle est une pierre angulaire en matière de RSE : elle introduit la notion “d’entreprise à missions”. Par cette nouvelle nomenclature, une entreprise peut décider d’ajouter au simple fait de générer du profit pour ses actionnaires des “raisons d’êtres” ou “missions” dans le but d’amorcer à plus large échelle sa transition écologique. C’est par exemple le cas de Patagonia, du Slip Français, ou encore de Danone dont nous reparlerons en fin d’article.

Finalement on observe qu’en France, développement commence à rimer de plus en plus avec durable, avec des mises en place de plus en plus généralisées de démarches RSE et des lois qui vont dans ce sens. Mais dans quel but ? (sauver le monde c’est un peu trop large...)

Quel est le but de la RSE ?

D’accord une démarche RSE c’est bien pour la planète, mais est-ce que c’est aussi bien pour mon entreprise ?

Oui. Un grand oui.

Greenly - pourquoi faire de la RSE ?

🧐 Booster la visibilité de son entreprise

Oney et OpinionWay publient en février 2020 une étude faisant le point sur les aspirations et les comportements des consommateurs en France, Espagne, Portugal et Hongrie.

Les résultats sont sans appel : 9 sondés sur 10 attendent des marques qu’elles s’engagent et les aident à mieux consommer. L'étude précise :

"90 % des consommateurs européens se disent sensibles à la consommation raisonnée et ont le sentiment d’agir pour tendre vers cet objectif."

Pour cela, trois volets de la consommation sont mis en avant comme étant des leviers d’action prépondérants :

  • Le gaspillage alimentaire
  • La lutte contre l'obsolescence programmée des produits électriques et électroniques
  • Les modes de fabrication. En France, 51% des consommateurs consomment bio, local et trient leurs déchets, et 36 % achètent des produits recyclés… 

Ces chiffres dénotent bien l’installation d’une tendance de fond chez les consommateurs européens : ces derniers se positionnent de plus en plus comme "consommacteurs" en recherche de changements ; une mouvance exacerbée par la crise sanitaire internationale que nous traversons depuis février dernier.

Et à une époque où la suspicion est de mise : avec les derniers scandales de greenwashing, un packaging vert est désormais plus douteux que rassurant, une démarche RSE claire et transparente est le meilleur moyen de rassurer le consommateur sur ce qu’il achète.

✊ Engagez les salariés de votre entreprise

Si les consommateurs représentent la face d’une pièce, les collaborateurs représentent l’autre, la face intérieure à l’entreprise. Engager ses collaborateurs, c’est créer un climat de confiance dans lequel ils pourront se projeter et s’impliquer car les objectifs derrière leur travail auront du sens.

Miser sur la RSE permet justement de stimuler cet engagement. S’appuyant sur une étude Kantar réalisée auprès de 1500 salariés, l'édition 2020 du baromètre de perception de la RSE publiée par le Medef met l’accent sur la prépondérance de la fonction vis-à-vis de l’engagement des collaborateurs.

Et devinez quoi ? L’engagement RSE contribue grandement à fidéliser les collaborateurs et ce en améliorant l’image de l’entreprise : 83 % des collaborateurs travaillant dans des entreprises dotées d'une fonction ou d'un service RSE estiment que leur organisation peut s'enorgueillir d’avoir “un impact positif” sur la société, contre 59 % des salariés issus de structures dépourvues de levier RSE.

On peut ajouter à cela que dans les entreprises où il existe une fonction ou service RSE, 83 % des employés soulignent “avoir plaisir à travailler” contre seulement 64 % dans les autres structures et que 79 % des salariés se voient toujours travailler pour leur entreprise dans trois ans contre 68% chez les autres… 

🚀Attirez les jeunes talents

La dernière face de notre pièce (oui c’est une pièce à trois faces), ce sont les candidats, et surtout les jeunes talents. Ces derniers accordent une attention particulière aux engagements environnementaux des entreprises et au sens qu’ils pourront retrouver dans leur travail. Selon une étude Jam, les 15-25 ans recherchent une entreprise qui s’engage pour eux comme pour la planète.

7 jeunes sur 10 pensent ainsi que les entreprises manquent encore d’un engagement profond et sincère en la matière. Quand on sait qu’à compétences et diplômes équivalents, les salaires sont en général les mêmes entre les concurrents, la réelle différence se fait sur les valeurs que véhiculent votre entreprise. Startup ou grand groupe, peu importe votre taille, une démarche RSE honnête et transparente vaut plus que n’importe quelle promesse d’embauche.

La RSE pour s'aligner sur les attentes des consommateurs

Les étapes clés pour mettre en place sa démarche RSE

A la lumière de ces arguments, plus de doutes possibles : je dois mettre en place une démarche RSE pour mon entreprise le plus vite possible, je fais comment ?

Première étape : identifier les parties prenantes

De manière générale, les parties prenantes d’une démarche RSE englobent toutes les entités interagissant avec l'entreprise et étant susceptibles d’être affectées par ses activités : 

  • Partie prenante interne (dirigeant, salarié, syndicat)
  • Partie prenante externe (élu, association, ONG, sous-traitant, fournisseur, client, actionnaire, média)

Dans le cercle plus restreint de l’entreprise, si la mise en place d’actions RSE en entreprise est l’affaire de tous, dans la mesure où chacun d’entres nous est libre d’approcher son RH ou N+1 avec des propositions, c’est en théorie le responsable RSE (ou directeur du développement durable et de la responsabilité sociale) qui est chargé de définir et coordonner les actions à implémenter en matière de développement durable.

Parmi ses missions, notons la détermination des enjeux prioritaires à aborder, le pilotage de la démarche RSE en lien avec les différents services de l'organisation (RH, production, sécurité…), la définition d'indicateurs de succès et des processus de contrôle, le développement d’actions de communication et de lobbying, la production de reportings sur les actions menées, et enfin le suivi des nouvelles politiques à adopter…

Deuxième étape : réaliser un audit

Une fois toutes les parties prenantes prêtes et motivées pour se lancer dans la transition de l’entreprise, il faut comprendre où cette dernière en est actuellement, pour pouvoir ensuite mettre en place les actions adaptées.

Un audit RSE permet justement de faire un état exhaustif des lieux sur tous les plans : analyse environnementale et sociale. Cela passe par une évaluation des fournisseurs, un reporting des déchets et des chantiers, etc. Un Bilan GES est aussi un bon point de départ : il permet d’identifier instantanément les postes d’émissions majeurs de l’entreprise, et donc les postes sur lesquels agir sur le plan environnemental.

Tout est reporté dans un tableau de critères à valider, souvent avec une première auto-évaluation puis le passage d’un intervenant extérieur.

Troisième étape : mettre en place sa communication RSE

Beaucoup d’entreprises choisissent aujourd’hui de s’engager sur la voie de la RSE et c’est une excellente chose. Mais parmi celles-ci, beaucoup oublient ou négligent encore de communiquer assez sur leurs engagements, alors qu’il y a toutes les raisons du monde pour le faire. Quelques étapes pour une communication RSE réussie :

  • 👔 Convaincre ses parties prenantes (identifiées juste au-dessus) et adapter sa communication à chaque cible : privilégier les chiffres et les faits pour les pouvoirs publics par exemple, l’empathie et l’humour pour les consommateurs (gare au greenwashing!)
  • 🔉 Bien pitcher son projet RSE : être clair sur sa vision, ses missions, et pourquoi pas bannir les termes déjà trop entendus comme justement RSE pour privilégier une approche plus informelle basée sur anecdotes et actions concrètes
  • 📖 Créer un brand book RSE : choisir son ton, ses couleurs, et si l’on a pu citer le greenwashing un peu plus haut, c’est ici qu’il est à prendre en compte de manière très sérieuse. Le vert peut par exemple se révéler un mauvais choix (chez Greenly, vous l’aurez compris, c’est faites ce qu’on dit mais pas ce qu’on fait :))
  • 🤳 Utiliser tous les formats et tous les canaux à disposition : ne pas se cantonner au rapport RSE, aller plus loin dans la transparence et la diffuser sur tous les réseaux (podcast, vidéo, infographie) ; pourquoi être timide lorsque l’on cherche à simplement présenter ses engagements pour un monde meilleur ?

Quatrième étape : former ses salariés aux enjeux RSE pour concrétiser votre démarche

Pour accompagner la communication RSE, la formation interne apparaît comme nécessaire. La méconnaissance du sujet en interne freine en effet l'absorption des pratiques RSE pour 39% des collaborateurs selon une étude menée par l'Observatoire Salarié et Entreprise Responsable (janvier 2020).

D’ailleurs, près de la moitié des salariés peinerait à proposer une définition précise de ce qu’est la RSE ! En outre, beaucoup d’entre eux seraient tenus à l’écart des initiatives : seuls 8% des collaborateurs sont invités à intégrer la RSE à leur pratique métier.

Mais la statistique que l’on doit retenir de l’étude est plutôt celle-ci : 70% des salariés sont prêts à s’investir davantage ! Plus aucune raison donc de ne pas passer le pas : il est nécessaire de former ses collaborateurs si l’on veut que sa démarche RSE soit pérenne et ces derniers sont plus que volontaires. 

Pas forcément besoin de retourner à l’école pour se former à la RSE, mais citons tout de même deux exemples de formations RSE certifiantes : 

  • La formation ISO 26 000
  • La formation HEC

Comment se faire accompagner dans sa démarche RSE ?

Les entreprises qui le souhaitent peuvent se faire accompagner dans leur démarche RSE par de nombreuses structures parmi lesquelles : des cabinets de conseil spécialisés, une organisation patronale, une fédération professionnelle, la Chambre de Commerce et d’Industrie, l’ADEME, ou des réseaux d’entreprises spécialisées. 

Se faire accompagne dans sa démarche RSE

Définir le coût de votre démarche RSE

Mettre en place une politique RSE cohérente exige du temps et de l’argent, et le coût global de la démarche est difficile à estimer du fait de l’aspect transversal de la RSE. Mais ce qu’il est important de comprendre est que faire l’impasse sur la démarche aurait finalement un coût bien supérieur à celui de l'investissement de départ. Par exemple, la réduction de la consommation des énergies et ressources a logiquement pour effet de réduire les coûts pour l’entreprise, tout en étant bénéfique pour l’environnement. L’entreprise renforce ici sa rentabilité.

Toutefois, des coûts peuvent être chiffrés : la création de l’emploi du responsable RSE, le Bilan  Carbone, la création d’une campagne de communication et d’une charte graphique, etc. Parmi ces coûts, on peut aussi citer l’appel à un cabinet de conseil RSE.

Les cabinets de conseil RSE

Pour mettre en place une stratégie RSE, une excellente idée peut être de faire appel à des cabinets de conseil spécialisés comme : 

Le but de ces cabinets est de proposer un accompagnement complet et personnalisé de chaque client

Pour citer Greenflex : “[Notre rôle] est de faciliter l’intégration de la responsabilité sociétale et du management des relations parties prenantes dans la stratégie des organisations et de définir un positionnement développement durable différenciant et créateur de valeur”.

Un cabinet c’est alors comme un mentor RSE : il conseille, aiguille et pointe du doigt là où des efforts sont encore à fournir. Certains de ces cabinets comme Carbone 4 sont experts dans la démarche du Bilan Carbone, pierre angulaire d’une stratégie RSE.

Il existe aussi de nombreux experts indépendants qui pourront vous accompagner efficacement dans la mise en place d'une telle démarche. Pour ne citer qu'un exemple, l'agence IMPACTS vous propose conseils et formations sur cette thématique.

Le bilan carbone : le point de départ d'une démarche RSE

Parmi les actions RSE à mettre en place, la réalisation d’un bilan carbone permet aux entreprises d’évaluer la quantité et l'origine de l’ensemble de leurs émissions de GES. Pour se mettre au vert, c’est une première étape clé qui permet de dresser un diagnostic puis d’apporter des solutions pour limiter son impact sur la planète. De nombreuses structures proposent la réalisation de bilan carbone, les deux principales solutions étant d’un côté de faire appel à un cabinet spécialisé ou bien de l’autre d’opter pour un logiciel de bilan carbone d’entreprise comme Greenly.

Opter pour un cabinet d’experts c’est faire le choix d’un accompagnement complet sur l’ensemble de la démarche RSE, mais c’est un investissement coûteux en termes de temps et d’argent (en fonction des cabinets, les tarifs peuvent varier de plusieurs dizaines de milliers d’euros...). C’est justement partant de ce constat que les logiciels ont commencé à apparaître et à révolutionner le marché du Bilan Carbone. Le but étant de rendre ce dernier plus simple, plus rapide et moins cher. A voir maintenant quelle option est la plus adaptée à votre structure.

Cruciale pour s’aligner sur les critères ESG, la réalisation d’un bilan carbone est maintenant obligatoire, et ce depuis l’adoption de la loi pour la Transition Écologique et la Croissance Verte de 2015. Plusieurs acteurs sont concernés par ce premier pas vers le développement d’une stratégie bas carbone, notamment les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DROM).

Qui est charge de la RSE dans l'entreprise ?

5 exemples de démarches RSE par des entreprises

Des petites aux grandes entreprises, chacune doit s’engager pour construire un monde plus durable. Deux exemples de grands groupes qui ont choisi de mettre en place une stratégie RSE, et trois startups représentatives du mouvement pour la planète.

Grands groupes et RSE

La RSE chez Danone

Danone, le géant français de l’agro-alimentaire, un chiffre d’affaires de 21 milliards de dollars est un exemple de grand groupe engagé dans sa démarche RSE depuis de nombreuses années. Antoine Riboud, le fondateur, apparaît en 1972 comme le premier promoteur du développement durable : « Conduisons nos entreprises autant avec le cœur qu’avec la tête et n’oublions pas que si les ressources d’énergie de la terre ont des limites, celles de l’homme sont infinies s’il se sent motivé ». 

En interne, l’entreprise fonde sa politique de respect des droits humains sur le référentiel GRI 3.0 (Global Reporting Initiative). Ainsi, Danone montre par des exemples et mesures concrets comment elle applique ces indicateurs (en 2009 sa Charte Alimentation, Nutrition et Santé). Le choix de l’utilisation du référentiel GRI montre la force d’initiative de Danone en matière de RSE, puisque ces indicateurs relèvent davantage d’une application volontaire des normes que du strict respect de la loi. 

En externe, des agences de notation extra-financières auditent la performance RSE ; par exemple, l’agence Vigeo s’est fondée sur la norme ISO 26000 pour évaluer Danone et il en ressort que ses résultats sont très bons, proches du maximum. Danone semble donc non seulement respecter la loi en ce qui concerne le développement durable, mais aussi être force d’initiative quant aux normes recommandées mais non obligatoires.

Matrice de matérialité de Danone

Mais tout va sûrement changer pour Danone. Le 14 mars 2021, le conseil d’administration a en effet évincé son PDG Emmanuel Faber. Ce dernier a pris au cours de sa direction de grandes décisions en termes de RSE, au prix d’une perte de profits, et c’est justement ce qui n’a pas plus aux actionnaires, qui ne cachent pas leur volonté de refaire passer les bénéfices sur le devant de la scène. A suivre de très près donc, et peut-être pas pour le mieux...

La RSE chez Bouygues

Un autre exemple de grand groupe français impliqué dans la problématique du développement durable est Bouygues. Pour citer Philippe Bonnave, PDG de Bouygues Construction : “Nous voulons créer une culture carbone”.Aidés par le cabinet Carbone 4, les cinq métiers du groupe ont ainsi pu en décembre 2020 annoncer de nouvelles stratégies climat, alignées avec les Accords de Paris. Il s’agit d’une nouvelle stratégie bas carbone (objectif 2030) initiée en 2020 dans laquelle vont s’impliquer les PDG de chaque métier du groupe.

Parmi ces cinq métiers, Colas et Bouygues Construction ont ainsi annoncé une réduction de 30 % (40 % pour Bouygues Construction) sur les Scopes 1 et 2 (émissions directes et indirectes liées aux consommations énergétiques) et de 30 % sur le Scope 3a (les autres émissions indirectes en amont, comme les matériaux des fournisseurs mis en oeuvre). Pour sa part, la troisième filiale du secteur BTP, Bouygues Immobilier, annonce une réduction de 32 % sur l’ensemble des Scopes.

Matrice de matérialité Bouygues

Toutefois il est bon de toujours garder à l’esprit que des grands groupes comme Danone et Bouygues sont encore loin d’avoir un impact durable sur la planète. En 2016, WWF épinglait les 25 entreprises françaises les plus polluantes... et on y retrouve les deux groupes.

WWF révèle les 25 entreprises les plus polluantes

Startups et RSE

La RSE chez Shine

La néobanque pour les freelances lancée en 2017 fait de la responsabilité sociétale l’un de ses objectifs premiers. Pour bâtir une “banque responsable”, elle a mis en oeuvre des mesures pour les salariés, pour l’environnement et pour ses clients freelances.

Pour Nicolas Reboud le CEO, la politique RSE de Shine poursuit plusieurs axes : d’abord, “essayer d’avoir les conditions de travail les plus progressistes et les plus saines possibles” ; ensuite, “avoir un impact environnemental le plus faible possible” et enfin “un impact social le plus bénéfique possible”. On retrouve nos fameux trois piliers. Des objectifs traduits par plusieurs mesures concrètes.

Par exemple en interne, Shine a modifié tous les contrats de ses salariés pour supprimer la clause d’exclusivité et y inclure un jour par mois dédié au freelancing : garantir de la liberté et des conditions de travail saines à ses collaborateurs pour finalement mieux les retenir, c'est un exemple de démarche RSE qui fonctionne.

La RSE chez Loop

Dernière initiative en date du géant du recyclage TerraCycle, Loop a été lancée à Paris et New York en mai 2020, puis Londres en octobre. Biscuits Milka dans des boîtes en alu, dentifrice Signal solide à croquer, Coca-Cola dans des bouteilles en verre ou encore stylos Bic et Febreze rechargeables... Au total, c'est plus d'une ­centaine de marques dans des emballages consignés qui sont vendus au travers de Loop. "Nous avons choisi la livraison à domicile afin que l'expérience soit fluide et facilite l'adoption. À partir de cinq loops', soit des boucles de réemploi, nos produits ont moins d'impact que les mêmes vendus dans leur version classique en e-commerce", explique Laure Cucuron, CEO de TerraCycle Europe.

Loop est désormais sous la tutelle de Carrefour, des stands sont disponibles dans la plupart de leurs supermarchés et il est possible de faire ses courses en ligne en choisissant l'option Loop. On peut ainsi créer des emplois et tendre vers le zéro-déchet.

La RSE chez TooGoodToGo

La mission de TooGoodToGo fait déjà partie du paysage RSE : lutter contre le gaspillage alimentaire en récupérant les invendus des commerçants locaux, mis en ensuite à disposition à moindre prix sur leur appli.

On retrouve directement tous les axes de la RSE :

  • Environnemental : la fabrication des produits et leur transport sont très consommateurs en ressources naturelles (dont beaucoup d’eau), en énergie, et donc fortement émetteurs carbone.
  • Économique : entre 12 et 20 milliards d’euros sont jetés à la poubelle en France chaque année. Les chiffres parlents d'eux-même.
  • Social : en France, une personne sur dix ne peut pas se nourrir convenablement. Lutter contre le gaspillage c'est donc potentiellement permettre à ces personnes d'avoir accès à moindre coût à de la nourriture, et contribuer à effacer ce souci éthique qui est que nous gaspillons alors que certains meurent de faim...

🚀 Pour aller plus loin :

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