Quel est l'empreinte carbone du BTP ?

Quelle est l’empreinte carbone du BTP ? Comment calculer les émissions GES d'un chantier et des matériaux du bâtiment ? On vous répond ici !

Empreinte carbone 💭
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7/13/2021 19:32
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Entre la fabrication et l’acheminement des matériaux, la consommation de carburant sur le chantier et le recyclage de certains composants, le BTP s’impose comme le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France. Alors que l’économie d’énergie et de ressources est devenue vitale pour lutter contre le réchauffement climatique, l’industrie doit se mettre au diapason, et réaliser un bilan carbone pour inventorier ses différents postes d’émissions. Pour cela, plusieurs volets à examiner : chantiers, matériaux et bâtiments…

Comment calculer le bilan carbone du BTP ?

Pour calculer l’empreinte écologique relative à la construction d’un bâtiment, il faut se référer au bilan carbone BTP construction.

Méthode de calcul du bilan carbone

Selon l’ADEME, L'agence de la transition écologique française, trois approches permettent d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la construction des bâtiments :

  • Une approche par les surfaces construites à l'aide de ratios moyens
  • Une approche globale par les consommations énergétiques
  • Une approche plus détaillée par quantité de matériaux mis en oeuvre

A noter : le secteur du BTP est très gourmand en ce que l’on appelle couramment “énergie grise”. L’énergie grise est considérée comme une énergie cachée ou indirecte, par opposition à l’énergie en rapport avec l'utilisation du bâtiment, que le consommateur peut aisément quantifier, notamment via la réception de factures.

L’énergie grise liée à un chantier

Qu’est-ce-donc que l'énergie grise? Dans le cadre d’un chantier, il s’agit de la quantité d'énergie consommée lors du cycle de vie entier d’un matériau, depuis la production, l’extraction, la transformation, la fabrication, le transport et la mise en œuvre, jusqu’à l’entretien et recyclage. (Attention, l’énergie grise ne recouvre pas l’énergie liée à l’utilisation…).

C’est uniquement  en additionnant l'ensemble des énergies consommées sur l'ensemble du cycle de vie des matériaux utilisés que l’on peut réellement prendre la mesure de l’empreinte écologique d’un bâtiment. Malheureusement, trop peu de constructeurs prennent l’énergie grise en considération lorsque vient l’heure du bilan… Et pourtant ! Selon Ecoconso, la partie « grise » de l'énergie consommée par un bâtiment peut compter pour 50% sur 40 ans.

Évaluer sa dépendance aux énergies fossiles

Dans le cadre d’un chantier, la réalisation d’un bilan carbone permet entre autres d’évaluer la dépendance d’un projet aux énergies fossiles. Cela est clé dans la mesure où les entreprises de gros œuvre, celles en charge de la construction des fondations, du soubassement, de l'assainissement, de l'élévation des murs, de la toiture, de la charpente, et parfois des menuiseries extérieures, sont tout particulièrement exposées à la contrainte carbone... De manière générale, l’activité de ces entreprises induit entre 500 et 750 kg équivalent CO2 par euro de chiffre d’affaires…

Bilan carbone des matériaux de construction

La notion d’énergie grise est donc prépondérante pour comprendre l'impact environnemental lié à la construction d’un bâtiment.

L’énergie grise des matériaux

En permettant de mieux appréhender le bilan carbone des matériaux de construction, et facilite le choix de matériaux plus respectueux de la planète. En effet, plus un matériau est riche en énergie grise, plus il concourt à l'épuisement des ressources énergétiques et à la pollution atmosphérique.

Mesurée en kWh, l’énergie grise s’exprime dans le cadre d’un chantier en kWh (10 kWh = 1 litre de mazout) ou en MJ (1 kWh = 3,6 MJ), et peut être traduite en CO2.  

L’impact carbone des matériaux sur l'environnement

Penchons-nous ici sur l’énergie grise des matériaux et éléments de construction les plus communément utilisés sur les chantiers. (Ces informations sont issues de bases de données de référence sur les analyses de cycle de vie des produits.)

-Les métaux : acier 60 000 kWh/m³, cuivre 140 000 kWh/m³, zinc 180 000 kWh/m³, aluminium 190 000 kWh/m³ ;

-Les canalisations : tuyau en grès 3 200 kWh/m³, tuyau fibrociment 4 000 kWh/m³, tuyau PVC 27 000 kWh/m³ ;

- Les murs porteurs : béton poreux (cellulaire) 200 kWh/m³, béton 500 kWh/m³, brique silico-calcaire de parement 500 kWh/m³, brique terre cuite perforée 700 kWh/m³, brique ciment 700 kWh/m³, brique terre cuite pleine 1 200 kWh/m³;

-Les enduits : enduit argile ou terre crue 30 kWh/m³, enduit à la chaux 450 kWh/m³, enduit plâtre 750 kWh/m³, enduit ciment 1 100 kWh/m³, enduit synthétique 3 300 kWh/m³;

-L'isolation thermique : fibres de lin 30 kWh/m³, fibres de chanvre 40 kWh/m³, cellulose de bois 50 kWh/m³…

Attention : ces données sont bien sûr susceptibles de varier en fonction des technologies de production ou des lieux de fabrication.

Le bilan carbone du béton

Qui dit chantier dit utilisation massive de béton armé, un matériau qui résiste à la compression et à la traction.

Son énergie grise est évaluée à 1 850 kWh/m³, mais quel est donc le bilan carbone du béton armé ? Cela dépend de son dosage en ciment ! Selon la plateforme Infociments, il peut varier entre 285 kg éq. CO2/m3 et 400 kg éq. CO2/m3.

Quid du bilan carbone du ciment, ce liant hydraulique qui durcit sous l’action de l’eau ? A elle seule, l'industrie cimentière française produirait 2,9 % des émissions de dioxyde de carbone du pays, 6% à l’échelle mondiale… “Pour une tonne de ciment, 656 kilos de CO2 sont émis", précise Fabrice Copin, directeur délégué à l'Association technique de l'industrie des liants hydrauliques (ATILH).

Comment calculer le bilan carbone d'un bâtiment

Pour calculer le bilan carbone d’un bâtiment, il faut distinguer plusieurs types d’émissions, les émissions directes et indirectes.

Les émissions CO2 directes et indirectes

Les premières sont celles liées aux consommations énergétiques lors de la phase d’usage du bâtiment, qui représentent selon l’ADEME  26% des émissions nationales (Scope 1 et 2). Par rapport à ce type d'émissions, les bâtiments (tertiaires et résidentiels) représentent 45% de la consommation énergétique nationale, ce qui en fait le premier consommateur d’énergie du pays. Dans cette consommation, la part d’énergie fossile est de 50% pour le tertiaire, 40% pour le résidentiel.

Les secondes émissions sont les émissions indirectes (Scope 3). Elles avoisinent 30 MtCO2e et représentent 7% des émissions nationales.

A ce jour, il est estimé que la phase de construction représente près de 60% de l’empreinte carbone d’un bâtiment neuf

L'objectif neutralité carbone

Afin d’atteindre l'objectif de neutralité carbone fixé par la France pour 2050, le secteur du bâtiment peut jouer sur plusieurs leviers, comme la rénovation du bâti existant et la sobriété des usages pour réduire les consommations énergétiques, ainsi que la décarbonation des consommations résiduelles… Pour valoriser les chantiers ayant d'ambitieux objectifs en termes de réduction de leurs émissions, le label Chantier Zér0 Carbone délivré par l’association RQE permet de devenir neutre en carbone via des actions de séquestration des émissions restantes.

C’est sans compter sur les nouveaux types d’habitations aux bilans carbone prometteurs, comme les tiny houses, les maisons conteneurs, ou encore les kerterre, une petite maison écologique accessible à moins de 2000 euros.

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