Fast Fashion : comment réconcilier l’industrie textile et l’environnement ?

Quelles sont les conséquences de l’industrie textile sur l’environnement ? Greenly vous révèle tout sur le phénomène de la fast fashion.

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7/16/2021 15:18
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Aujourd’hui, les conséquences du dérèglement climatique sont malheureusement de plus en plus visibles. Alors que les canicules, incendies ou inondations se multiplient, plusieurs entreprises prennent enfin conscience de leur impact sur l’environnement. 

C’est notamment le cas de l’une des industries les plus polluantes de la planète : le secteur de la mode. Les collections de vêtements se renouvellent de plus en plus rapidement et les prix sont compétitifs afin d’attirer la clientèle. Ce phénomène de la mode jetable a un nom : la fast fashion. 

t-shirts

La fast fashion, qu’est-ce que c’est ? 

La fast fashion (ou « mode éphémère ») est un véritable fléau aussi bien pour l’environnement que pour la société. Ce phénomène s’illustre par la surconsommation de vêtements et le renouvellement rapide des collections.

Fast fashion, définition

Les faits sont là : plus de 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde soit 60 % d’habits de plus qu’il y a 15 ans, déplore l’ADEME.

C’est ce qu’on appelle la fast fashion. Afin d’augmenter leur chiffre d’affaires, les marques produisent toujours plus de vêtements et renouvellent très rapidement leurs collections en jouant sur les tendances et la nouveauté.

Bien que le choix soit très diversifié en rayon, la fabrication et le cycle de vie d’un habit ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et la société. Cette surproduction donne ainsi lieu à des dérèglements climatiques de plus en plus préoccupants.

clothes

Des scandales pour les Droits de l’Homme au coeur de l’actualité 

Même si l’industrie de la mode génère 1 million d'emplois dans le monde, les conditions de travail sont loin d’être idéales. Le rythme effréné de production, la rémunération des ouvriers et les mauvaises conditions de travail sont aberrantes.

Un exemple parlant démontre le peu d’intérêt qu’ont parfois les employeurs envers la sécurité des ouvriers. Souvenez-vous : en 2013, survenait au Bangladesh un dramatique accident, avec l’effondrement de l’usine de production du Rana Plaza et le décès de 1200 personnes. 

Citons également le travail forcé du peuple des Ouïghours en Chine, actuellement au cœur d’un scandale d’envergure. En effet, de grandes marques de l’industrie textile sont impliquées dans cette affaire (Nike, Puma, Adidas ou encore Lacoste).

La main-d'œuvre de la fast fashion est également fréquemment surexploitée. À vouloir faire des économies à tout prix, les marques bafouent les droits de l’Homme en faisant appel à des sites de production délocalisés au Bangladesh ou au Pakistan où des rémunérations très faibles sont pratiquées pour les travailleurs. 

factory


D’après le site de la marque Blaune, le prix d’un t-shirt produit en Inde et vendu 29 euros se décompose comme suit :

  • 17 euros reviennent au magasin ;
  • 3,61 euros représentent le bénéfice de la marque ;
  • 3,40 euros pour payer les matières premières ;
  • 2,19 euros pour le transport ;
  • 1,20 euros pour les différents intermédiaires ;
  • 1,15 euros pour les bénéfices de l’usine indienne ;
  • 27 centimes pour des frais généraux ;
  • 18 centimes qui représentent le salaire du travailleur.

Quels sont les impacts de la fast fashion sur l’environnement ?

Les conséquences de la fast fashion sur l’environnement sont nombreuses et extrêmement nocives autant pour la biodiversité que pour les humains. Il est temps de prendre conscience de notre empreinte écologique grâce au cycle de vie d’un vêtement, comme le montre cette vidéo du Monde :


Une industrie textile gourmande en eau et en pesticides

Première fibre textile consommée au monde (très demandée pour sa qualité et son pouvoir absorbant), la culture du coton est la plus polluante de la planète, affirme Weebio

Afin de protéger cette ressource des dangers extérieurs, un quart des pesticides utilisés dans le monde est destiné à cette culture qui requiert également 4 % des fertilisants à l’azote et au phosphore dans le monde. Les pesticides contiennent des dérivés de l’arsenic qui mettent la santé des travailleurs en danger et polluent les sols, les eaux et la biodiversité.

Ce n’est pas tout ! Cette matière nécessite une exposition de 120 jours de soleil par an et une forte quantité d’eau. Une étude menée par l’UNESCO dévoile que 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kg de coton, dont 33 % d’eau potable. Afin d’illustrer ce propos, sachez qu’un t-shirt représente 2 700 litres, soit l’équivalent de 70 douches.

cotton field

4 % de l’eau potable disponible dans le monde est ainsi utilisée pour produire nos vêtements, ce qui fait du secteur du textile le troisième plus grand consommateur d’eau après la culture de blé et de riz !

Sans surprise, l'utilisation de cette grande quantité d’eau a des conséquences visibles sur l’environnement. L’exemple le plus parlant reste l'assèchement catastrophique de la mer d’Aral en Ouzbékistan. 20 à 60 km3 d’eau ont été détournés à partir de 1960 sur décision de l’URSS, pour arroser les champs de coton et de blé. Résultat, la diminution de la surface et la hausse du taux de salinité ont causé la mort de millions de poissons et par conséquent, le déménagement forcé des populations alentour qui ne pouvaient plus se nourrir.

Enfin, une fois entre les mains du consommateur, le vêtement sera lavé de multiples fois. Le lavage en machine représente 12 % de l’eau consommée chaque année par les foyers français, soit 14 000 L d’eau par an.

La fast fashion responsable de pollution plastique 

L’industrie textile exploite également des ressources non renouvelables pour produire des fibres synthétiques (dont le polyester). Aussi improbable que cela puisse paraître, 70 % de ces fibres proviennent du pétrole. En définitive, 70 millions de barils de pétrole sont nécessaires pour produire 40 millions de tonnes de polyester chaque année. 

Par ailleurs, l’extraction du pétrole donne lieu à une empreinte carbone 2,5 fois plus élevée que celle d’un t-shirt en coton. Le problème ne s’arrête pas là. 

oil plateform


À chaque lavage, les vêtements en matière synthétiques libèrent des microfibres plastiques tellement petites qu’elles ne sont pas filtrées par les stations d’épuration. Chaque année, pas moins de 500 000 tonnes de particules plastiques sont ainsi relâchées dans les océans du monde, ce qui équivaut à 50 milliards de bouteilles en plastique.

Plastic pollution

L’industrie textile pollue les sols et les cours d’eau

Pour donner de la couleur à nos habits, il est impératif de passer par le processus de la teinture. Depuis 2007 en Europe, la réglementation REACH permet de limiter l’utilisation des constituants chimiques. Malheureusement, les pays en voie de développement n’ont aucun encadrement à ce niveau. 

4 principales substances toxiques sont ainsi utilisées :

  1. Des éthoxylates de nonylphénol (NPE) qui permettent de fixer les couleurs ;
  2. Des colorants azoïques ;
  3. Des phtalates ;
  4. Du formaldéhyde (cancérigène) pour les vêtements qui ne nécessitent pas de repassage.

teintures


Toutes ces substances sont très toxiques pour les ouvriers, les consommateurs et l'écosystème. Lors du rinçage, une partie de la teinture est rejetée dans les eaux usées. Une pollution estimée entre 17 et 20 % par la Banque Mondiale.


Une production intensive de déchets  

Entre les invendus, les pièces peu portées ou rapidement usées, le gâchis planétaire causé par la fast fashion est estimé à 4 millions de tonnes de textiles par an et ce, rien qu’en Europe, dévoile l’ADEME. Et le recyclage n’est pas encore un réflexe ! 80 % des habits sont simplement jetés à la poubelle et seuls 20 % des vêtements sont recyclés. 

Malgré tout, des initiatives naissent partout en France. Les marques échangent des habits usagés contre des bons de réduction et des associations les reprennent gratuitement pour leur offrir une seconde vie. Cela a permis de trier 210 000 tonnes de textiles et chaussures en 2016.

L’empreinte carbone élevée de la fast fashion 

Selon une infographie de l’ADEME, l’industrie de la mode émettrait 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre. Ces émissions sont supérieures aux vols internationaux et au trafic maritime réunis. Cela représente 2% des émissions globales de gaz à effet de serre et pourrait atteindre 26% en 2050 si notre comportement reste identique.

t-shirt


En plus de toutes les émissions émises durant le processus de fabrication, le transport n’est pas en reste (avions et camions). Fabriqués à l’autre bout du monde (majoritairement en Asie), 87% des vêtements vendus en France doivent ensuite être rapidement acheminés vers les boutiques. Autrement dit, un jean peut parcourir jusqu'à 65 000 km, révèle l’ADEME.

Face à ces conséquences de la fast fashion, il est plus que jamais nécessaire de tendre vers la neutralité carbone.

Comment réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile ? 

Fort heureusement, il existe des alternatives écologiques pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile. Voici quelques actions concrètes.

Le bilan carbone pour évaluer l’impact environnemental du textile 

Afin d’agir de manière durable et de devenir neutre en carbone, il convient de réaliser un bilan carbone de l’entreprise. Cette démarche volontaire permet de mesurer les émissions de chaque poste d’une entreprise pour mieux les réduire. 

data


Ainsi, le bilan carbone permet de concentrer ses efforts dans l’amélioration du transport, dans la diminution de la consommation d’eau ou d’électricité pour faciliter la transition énergétique des entreprises. Pourquoi ne pas utiliser la solution Greenly qui permet de suivre facilement vos émissions ? Vous pouvez découvrir l’exemple de CABAÏA, entreprise textile cliente de Greenly qui s’engage pour la réduction des impacts environnementaux de ses produits.

Mettre les enjeux écologiques au cœur de votre fonctionnement a plusieurs avantages :

  • Améliorer votre image de marque ;
  • Booster votre productivité ;
  • Faire grimper votre chiffre d’affaires ;
  • Maximiser l’implication de votre équipe envers une cause qui a du sens.

L’ACV pour connaître évaluer l’impact précis d’un produit 

En plus du bilan carbone de l'entreprise, il est recommandé d’effectuer une analyse de cycle de vie (autrement appelé ACV) afin de comprendre l’impact d’un produit précis sur l’environnement tout au long de sa vie. Cet outil de stratégie environnementale intervient sur la pollution de l'air, la destruction de la biodiversité et les émissions de CO2.

Ce calcul permet d’améliorer les performances environnementales à chaque étape de production et d’usage du produit, soit « du berceau à la tombe » et ainsi créer des produits respectueux de l’environnement.

Dans l’industrie textile, l’ACV est un moyen d’identifier plusieurs scénarios possibles pour chaque vêtement et mettre en place des stratégies sur les points suivants :

  • L’utilisation de matières premières recyclées et de qualité ;
  • La préservation des ressources ;
  • Le choix d’un pays de production à l'énergie majoritairement décarbonée ;
  • Le choix et la limitation des transports en privilégiant dès que possible le Made In France ; 
  • Des méthodes de fabrication sans produits chimiques ;
  • Une meilleure gestion des déchets (le recyclage du produit en fin de vie).

Connaître l’empreinte carbone du produit s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue.

Bon à savoir : L’engagement des marques de mode sur les enjeux du développement durable est un critère de plus en plus important pour les consommateurs !  

La slow fashion comme alternative 

Alors comment s’habiller de manière écoresponsable ? Cette vidéo de Brut. fait le point. 


Sachant qu’un Français achète 9,2 kilos de textiles par an, il convient de se diriger vers la mode éthique pour consommer moins, mais mieux. Cette initiative contraire à la fast fashion porte le nom de slow fashion

La slow fashion, quésako ? Ce concept vient bousculer notre manière habituelle de consommer des vêtements, en privilégiant désormais des tissus durables et éco conçus. Il s’agit ainsi de privilégier les fibres recyclées (notamment le coton biologique, chanvre ou le lin), les pièces de qualité et intemporelles. 

En tant qu’acheteur, il convient de vous poser les bonnes questions. Alors que vos vêtements s’empilent, pourquoi souhaitez-vous acheter de nouvelles pièces ? Connaissez-vous réellement la provenance de vos vêtements ? 

Pour trouver les marques les plus engagées et éviter le Greenwashing, fiez-vous aux labels de vos habits, notamment Slow we are, l’Écolabel européen, Ecocert Textile ou Demeter. Ces labels garantissent une fabrication plus responsable, issue de matériaux renouvelables ou recyclés et des conditions de travail respectueuses de l’humain et de l’environnement.

vintage shop


Une autre piste pour identifier les marques désireuses de changement ? Retrouvez les 150 signataires de la tribune publiée en juillet 2021 dans dans Le Monde. Leur revendication ? Lutter contre la concurrence déloyale imposée aux entreprises de l’habillement engagées, en instaurant une contribution environnementale pour toutes les marques polluantes. Selon eux, leurs efforts seront sans effet sur le climat si les autres marques ne sont pas impliquées. 

Une dernière alternative intéressante pour lutter contre la fast fashion : Les friperies, comme The Place to frip ou labelemmaüs qui permettent d’acheter des vêtements de seconde main en boutique et en ligne. Ces alternatives permettent de donner une seconde vie à des vêtements, de faire des économies et de limiter l’impact environnemental et social en achetant des produits de qualité. 
girl is dancing


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