Le bambou est-il vraiment écologique ?

Les objets en bambou sont à la mode. Mais sont-ils vraiment aussi écoresponsables qu’ils en ont l’air ? Réponses dans cet article !

Empreinte carbone 💭
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8/19/2021 17:54
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Aujourd'hui, il est clair que nous épuisons les ressources naturelles à un rythme plus que préoccupant

EDF affirme que « les réserves énergétiques de la planète ne sont pas inépuisables : au rythme de consommation actuel, le pétrole va arriver à épuisement d'ici à 54 ans, le gaz d'ici à 63 ans, le charbon d'ici à 112 ans et l'uranium d'ici à 100 ans ». 

La première partie du nouveau rapport du GIEC publiée dernièrement place également les préoccupations environnementales au cœur des débats sur la scène internationale : la crise climatique s’aggrave, et les activités humaines sont « sans équivoque » à l’origine du réchauffement. 

Pour lutter contre le réchauffement climatique, une plante fascinante s'est révélée être en possession de nombreux atouts vis à vis de l'écologie : le bambou. Il peut être cultivé dans le monde entier et il présente certains avantages par rapport au bois. L'un d'eux est sa rapidité de croissance. Le bambou est utilisé depuis des millénaires, notamment en Asie.

Que cela soit pour l'alimentation, pour un usage vestimentaire ou bien pour la construction de ponts, le bambou est un matériau étonnant !  Mais sa culture et sa transformation sont-elles vraiment sans conséquences ? Réponses dans cet article !

forêt de bambous

Le bambou, des vertus écologiques indéniables 

Le bambou absorbe le CO2

Le bambou permet de lutter efficacement contre l’effet de serre et de se rapprocher de l’idéal de neutralité carbone grâce à une absorption non négligeable des gazs responsables. Plusieurs études s’accordent à dire que l’absorption du gaz à effet de serre par une forêt de bambou serait 3 fois plus importante qu’un volume équivalent d’arbres ! Une bambouseraie est ainsi un puits de carbone intéressant dans une logique de réduction et de compensation de son empreinte


Dans un contexte d’augmentation du CO2 atmosphérique, la pousse du bambou est également favorisée, puisque les espèces de plantes à croissance rapide réagiraient plus facilement à une forte teneur en CO2 que les plantes à croissance plus lente.


Le bambou nécessite peu de ressources pour se développer 

Le petit surnom du bambou ? La « plante chameau », en raison de son faible besoin en eau, mais aussi en pesticides ou en engrais. Sa rapidité de pousse phénoménale et le peu d’intrants qu’elle nécessite font de cette plante une matière première écologique et bon marché, de plus en plus prisée par l’industrie textile, en particulier dans le domaine de la mode écoresponsable. 

Le bambou limite l’érosion des sols 

Le bambou restaure les sols en éliminant certaines toxines et en apportant carbone et oxygène. La culture du bambou s’inscrit donc dans une forme d’agriculture qui repose sur une idée de régénération des sols, à la manière de l’agroécologie. Au lieu d’épuiser les sols, on cherche à les nourrir et les équilibrer au travers du choix des cultures complémentaires. Elle est conseillée par de nombreux scientifiques et agriculteurs comme une voie d’avenir pour changer nos modes de production. Encore mieux que l’agriculture biologique ! 

Si le bambou est parfois jugée comme une plante envahissante (du fait de sa rapidité de pousse et de son faible besoin en apport pour se développer), elle dispose aussi d’un réseau racinaire impressionnant, permettant de retenir le sol et de lutter efficacement contre son érosion. 

L’érosion du sol étant considérée comme une menace de premier ordre pour la sécurité alimentaire mondiale, la culture du bambou semble aujourd’hui nécessaire dans les zones les plus à risque. 

Le bambou n’est pas toujours bon élève

Un bilan carbone mitigé 

Quels pays sont les plus gros producteurs de bambou

Essentiellement les pays d’Asie, mais aussi d’Amérique latine et d’Afrique ! L’exportation de la matière première ou des produits finis en bambou provenant de l’étranger nécessite un transport important, parfois par avion. L’énergie de certains pays comme la Chine est également très carbonée (centrales à charbon), ce qui vient encore alourdir le bilan carbone du matériau.

Un objet en plastique produit en France pourrait ainsi parfois être plus écologique qu’un objet produit en Asie en fonction des critères retenus.

Une plante invasive et responsable de déforestation 

La demande de bambou augmente constamment. Résultat, les petites exploitations certifiées écologiques ne peuvent y faire face à elles seules, et d’immenses espaces de production intensive voient le jour. 

deforestation

Le problème de cette pratique ? Ces plantations massives contribuent à la déforestation et sont une plaie pour la biodiversité, étant donné qu’elles viennent remplacer la végétation d’origine au détriment de la faune qui voit son habitat naturel modifié. 

Le piège de la viscose de bambou 

Enfin, l'industrie du textile fait un usage croissant de la fibre de bambou, mais celle-ci est très rarement une fibre naturelle. Les secteur de l’habillement a plus souvent recours à de la viscose de bambou, qui n'est pas des composants les plus naturels, car elle est modifiée et obtenue par des méthodes de vapeur ou d’ébullition. Très polluante, sa production nécessite aussi différents acides et intrants chimiques néfastes pour l’environnement. 

Comment bien choisir son objet en bambou ? 

une femme dit qu'elle ne peut pas supporter la pression

Le bambou, pour quels usages ? 

Comme matériau de construction 

Le bambou se présente sous toutes les formes imaginables et peut être décliné de manière à proposer de nombreuses alternatives écologiques, notamment dans le secteur du BTP pour des constructions durables

Sa solidité est exceptionnelle car la fibre de bambou est jusqu’à 8 fois plus résistante que la fibre de bois et reste légèrement plus résistante que le fer (3kg/mm² de plus). C’est la raison pour laquelle le bambou est énormément utilisé en Asie pour la construction de maisons et de ponts. Jamy nous l'explique à 17 minutes 40 dans cette vidéo de C'est pas sorcier !

Son usage permet ainsi de réduire significativement l'empreinte carbone du BTP. Outre ses avantages écologiques évoqués précédemment, la bambou a l’avantage d’être un matériau facilement recyclable. De quoi donner une seconde vie à vos anciennes constructions en un claquement de doigts ! 

Pour ses ustensiles du quotidien

Les ustensiles de cuisine en bambou sont désormais partout sur le marché européen ! Il s’agit d’une alternative intéressante aux métaux et aux plastiques, à condition de bien les choisir et d’en connaître la provenance. 

Récemment, la brosse à dents en bambou a aussi fait son entrée sur le marché, offrant une alternative zéro déchet à adopter dans notre salle de bain. 

brosse à dents en bambou

Qui n’a pas non plus entendu parler de la célèbre paille en bambou, qui vient faire la guerre à la pollution plastique des pailles à usage unique ? Si le geste est avant tout symbolique en termes d’impact réel, il a le mérite de sensibiliser et de faire réfléchir le plus grand nombre. On dit merci le bambou ! 

Dans l’industrie textile 

Hygiène et confort sont les deux promesses des vêtements en fibre de bambou. Attention toutefois au processus de transformation du bambou en tissu souvent peu vertueux, avec la problématique du viscose évoquée plus haut. D’autres fibres naturelles semblent peut-être plus appropriées, comme par exemple le lin. 

fils de tissu

3 astuces pour bien choisir son objet en bambou 

1. Se renseigner sur son origine 

Vérifiez vos étiquettes et ne prenez pas les affirmations d'une entreprise pour argent comptant lorsque vous essayez de trouver des tissus ou objets durables. Évitez les entreprises qui pratiquent le Greenwashing

Nombreuses sont les entreprises qui exagèrent le caractère durable de leurs produits pour attirer les clients consciencieux. S'agit-il d'éco-blanchiment ? À vous de juger. Dans tous les cas, essayez d'opter pour des entreprises ayant des labels qui garantissent des conditions minimums !

un panda mange du bambou


2. Rester méfiants face au prix 

Celui-ci peut parfois vous orienter dans la mauvaise direction. Le textile ou les produits trop bon marchés sont souvent à éviter ! Privilégiez plutôt les entreprises qui proposent des produits qui se vendent peut-être un peu plus chers, mais où la qualité est présente. 

Souvenez-vous des plantations industrielles évoquées plus haut : en payant le prix d’un objet provenant d’une petite exploitation écoresponsable, vous faites réellement un geste positif pour l’environnement. 

forêt de bambou

Enfin, si un objet en bambou représente tout de même un investissement pour vous, le choix d’un produit de qualité peut faire la différence sur le long terme et vous éviter des dépenses inutiles pour le remplacer. À garder en tête au moment de passer à l’acte ! 


Veiller à la composition finale de l’objet 

Pour les objets du quotidien, soyez vigilants à leur composition. Les cas de couverts, sets d’assiettes, etc. contenant en réalité de la mélamine-formaldéhyde (potentiellement toxique lorsqu’elle est de mauvaise qualité) ne sont pas si rares. Veillez ainsi à choisir des couverts fabriqués à 100% en bambou

Pour les matériaux de construction et objets de décoration, assurez-vous de la solidité de l’objet choisi. Toutes les variétés de bambou ne se valent pas forcément, et certaines sont plus appropriées pour cet usage que d’autres. 

Pour les tissus, différents dérivés et méthodes de transformation des fibres de bambous existent, et toutes ne se valent pas ! 

une femme se pose des questions devant des vêtements

  • La plus sale : la viscose conventionnelle et la rayonne de bambou 

Nous l’avons dit, la viscose de bambou nécessite une transformation chimique polluante. 

La rayonne est quant à elle fabriquée à partir de la pulpe de cellulose des arbres. Il s’agit d’une ressource certes renouvelable, mais nécessitant un processus chimique conséquent au moment du filage de la fibre.

Sa phase de teinture est également très agressive pour l’environnement, et l'eau utilisée dans ces processus est in fine rejetée dans la nature, venant ainsi contaminer les nappes phréatiques. 

  • Un compromis : le processus Lyocell Rayon de bambou 

Le Lyocell ou Tencel est l’égérie du moment de la slow fashion. Il est fabriqué dans un cycle en boucle fermée, ce qui signifie que les produits chimiques et l’eau nécessaire sont réutilisés (transformés en sous-produits ou réinjectés dans le processus de production initial). 

Le Tencel traditionnel est fabriqué à partir de fibre eucalyptus, plante ayant une empreinte similaire à celle du bambou. 

Bon à savoir : Le Tencel est légèrement plus agressif pour l'environnement que le bambou naturel, mais il est aussi moins cher à produire. 

  • Le plus vert : un traitement similaire au lin et au chanvre

La façon la plus vertueuse de traiter le bambou dans l’industrie textile ? Mécaniquement, comme pour le lin et le chanvre ! Dans cette logique, le bambou est déchiqueté, transformé en bouillie à l'aide d'enzymes naturelles. De la sorte, le bambou absorbe aussi plus facilement les teintures que les autres types de tissus. 

L’ACV pour connaître l’impact précis d’un objet en bambou

Avez-vous déjà entendu parler d’ACV, ou Analyse du Cycle de Vie ? Il s’agit d’une méthode d’évaluation de l’impact environnemental d’un produit, qui s’attache à prendre en compte chaque étape de son cycle de vie. Conception et fabrication, mais aussi transport, usage et fin de vie, rien n’est laissé au hasard ! 

Dans le cas des objets en bambou, l’entreprise MOSO International a réalisé une ACV pour évaluer l’impact de ses propres produits. 

Les experts Greenly accompagnent également leurs clients, tous secteurs confondus, dans cette démarche complémentaire à la réalisation de leur bilan carbone

une femme est heureuse

Alors, faut-il privilégier un objet en plastique ou en bambou ? La réponse dépend de vos critères et des conditions de fabrication et d’acheminement de l’objet. Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour faire votre choix en connaissance de cause et réduire votre empreinte !


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