Low tech : définition, enjeux et acteurs

Qu’est ce que la low tech ? Pourquoi fait-elle sens aujourd’hui ? Greenly vous donne des définitions et des exemples dans cet article.

Empreinte carbone 💭
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9/2/2021 13:47
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Sommaire

Concept à première vue incompatible avec le mode de vie du XXIème siècle, les low tech (pour low technology) font pourtant plus que sens aujourd’hui ! Qu’il s’agisse de modes de production ou de questions purement pratiques, Greenly fait le point sur ce qu'elles représentent, entre démarche philosophique et pragmatisme.

Qu’est-ce que les low tech ?

Les low tech (ou basse technologie) font écho à un ensemble de techniques simples, pratiques et économiques. Elles s’opposent, par définition, aux technologiques high-tech. Le concept de low tech regroupe des solutions techniques qui, aujourd’hui, sont tombées dans l’oubli. Ces solutions sont souvent le fruit d’une fabrication locale, plus proche de l’artisanat que de la production industrielle.

you think you understand it, but you don't

Low tech : définition

Les low tech relèvent du concept d’innovation dite « frugale », comprendre ici qu'il s'agit de répondre à un besoin de manière ultra simple.

Pour qu'une technologie relève de la low tech, il faut donc qu'elle s'attache à répondre à des besoins à l'aide de solutions les moins sophistiquées et les moins coûteuses possible, sans pour autant altérer la qualité du résultat final.

La philosophie low tech privilégie ainsi le « do it yourself » (DIY) : en faisant soi-même, on est plus impliqué, et on respecte davantage la planète dans une logique l’économie circulaire. L’écoconception s'inscrit notamment au cœur de la démarche low tech.

L'âge des low tech, de Philippe Bihouix


Derrière la philosophie du low tech se trouvent aussi des penseurs incontournables. Parmi eux ? Philippe Bihouix, un ingénieur centralien qui a écrit « L’âge des Low Tech. Vers une civilisation techniquement soutenable » (éditions du Seuil, 2014). Selon lui :

  • Les hommes n'ont jamais autant « produit, pollué et jeté ». En effet, Philippe Bihioux préconise le retour à des techniques plus simples pour éviter l'épuisement des ressources
  • Il explique aussi que, étant donné que les énergies nouvelles ont besoin de métaux rares, elles ne sont pas toujours l’idéal. L'exemple des batteries de véhicules électriques parfois controversées est parlant. L'énergie n’étant pas non plus illimitée, mieux vaudrait également l'économiser dès que possible avec des solutions low tech


De son côté, le spécialiste du numérique responsable Frédéric Bordage a fondé le collectif « Green IT ». Il s’agit d'une communauté d'acteurs et d'experts réunis pour rendre le secteur informatique plus responsable.

Parmi leurs missions ? Promouvoir la sobriété numérique au travers notamment l’écoconception des services numériques et le développement des pratiques low tech

Une solution pour baisser l’empreinte carbone du numérique ? 

L'impression d'immatérialité causée par le digital est un leurre : des data centers bien réels sont nécessaires pour faire tourner la grande machine du numérique. L'extraction des matériaux nécessaire aux équipements informatiques est quant à elle loin d'être neutre.

Le digital est en pleine croissance. Il représenterait 7% de la consommation mondiale d’électricité (selon le rapport Clicking Clean de Greenpeace publié en 2017).

Le secteur du numérique est également responsable de 4% des émissions de CO2 mondiales d'après l'ADEME.

infographie de l'Ademe
Infographie issue du rapport de l'ADEME La face cachée du numérique

Ainsi, réfléchir à d’autres systèmes d’information et services numériques est une priorité pour réduire l’empreinte environnementale du secteur !

Pour réduire l’impact du web sur la planète, il est donc judicieux de mettre en place plusieurs initiatives, à l'échelle individuelle mais également du côté des entreprises.

Parmi elles : réduire les émissions liées à l’utilisation du cloud, réduire les émissions liées aux serveurs, allonger la durée de vie de son matériel informatique et investir dans du reconditionné. Sans oublier de supprimer les fonctionnalités que l’on n’utilise pas de certains logiciels, de faire du tri dans ses mails... pour baisser son empreinte numérique !

Low tech et empreinte carbone du numérique

Les ESN (entreprises de services du numérique) ont ainsi tout intérêt à réaliser leur bilan carbone !


Comment reconnaitre une low tech ?

Philippe Bihouix remet en cause le modèle de la high tech qui se définit, à l’opposé de la low tech, comme l’ensemble des technologies existantes les plus avancées et consommatrices.

help est écrit sur un papier

Trois éléments principaux et quelques questions à se poser permettent d'identifier si une solution relève de la low tech ou non :

  • Le besoin :  Les dommages environnementaux « valent-ils » l’utilité de l’objet acheté ou du service rendu ? Est-ce qu’il est réellement nécessaire de succomber à ce gadget pour sa vie de tous les jours ?  
  • La durée de vie des produits : Ce produit est-il jetable ? Quelle est la part des ressources renouvelables ou non renouvelables dans sa composition ?  
  • L’aspect socioéconomique des modes de production : Dans quel contexte cette solution a t-elle été produite ? Doit-on poursuivre la course à l’effet d’échelle ou ne vaudrait-il mieux pas privilégier des ateliers et des entreprises de plus petite taille ? 

Quelles sont les différentes formes de low tech ?

Les low tech dans l’habitat 

Le secteur du BTP et de l'habitat se prête bien aux low tech. En effet, le secteur du BTP représenterait 44% de l'énergie consommée en France, et serait responsable de l'émission de 123 millions de tonnes de C02.

À noter également que la précarité énergétique toucherait 3,5 millions de ménages français d'après l'ONPE (Observatoire National de la Précarité Énergétique). Des mesures low tech peuvent ainsi intervenir pour permettre une meilleure isolation des logements avec des techniques de construction durable.  Toilettes sèches, récupérateur d'eau, d’un chauffe-eau solaire, ect. sont autant d'idées pour s'engager dans cette démarche !

L'habitat autonome du Lowtech Lab


Les low tech dans les transports

D'après le rapport remis au gouvernement par le Haut Conseil pour le Climat en 2019, les transports seraient responsables de 31% des émissions de gaz à effet de serre en France (devant les bâtiments, l’agriculture et l’industrie).

C'est pourquoi dans les transports également, l’avenir est aux low tech. La disparition de la voiture individuelle au profit des transports en commun et du covoiturage va dans ce sens, avec en outre un esprit de conduite douce et une logique d'optimisation des trajets réalisés.

Les low tech dans l’agriculture

En embrassant les solutions low tech, les agriculteurs renoueraient avec une agriculture paysanne et respectueuse de la Terre. Ils (ré)apprendraient également à travailler des matériaux comme le métal ou le bois, ils développeraient une capacité à fabriquer et à réparer eux-mêmes leur matériel, réduisant ainsi leur dépendance aux experts et technologies extérieures.

arrosage low tech

Conséquences ? Une diminution des coûts et une baisse importante de l'empreinte carbone des exploitations agricoles, loin d'être négligeable pour le moment.

Et dans l’alimentation ?

Notre alimentation a elle aussi une empreinte carbone. Heureusement, les low tech s’invitent dans la food ! Sachant qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est jetée, il est nécessaire de trouver des solutions pour limiter le gaspillage.

Les low tech peuvent intervenir ici sous différentes formes : celle du compost, ou encore de l'adoption de nouvelles techniques de conservation de fruits et de légumes.

Exemple avec la lactofermentation : tassez vos légumes coupés avec un peu de sel dans un bocal en verre, et le tour est joué !

Low tech et alimentation


D'autres exemples concrets de low tech

Un four solaire pour vos petits plats

Fini le recours à l'électricité pour cuisiner vos meilleurs petits plats ! C’est grâce à l'énergie directe du soleil que le four solaire vous permettra de ravir les pailles et d'épater la galerie.

Four solaire, exemple de low tech

Concrètement, ce four low tech va capturer les rayons du soleil grâce à des miroirs qui vont ensuite les réfléchir en les concentrant sur la casserole. Un effet de serre vient ensuite compléter l'action des rayons lumineux grâce aux vitres qui retiennent la chaleur. Le four solaire permet de chauffer de l'eau, de cuisiner des quiches, des gâteaux ou encore de faire cuire des plats à cuisson douce. La température de cuisson varie entre 120 et 170 degrés.

Avec du carton et du papier d’aluminium, il est possible de fabriquer soi-même un four solaire bon marché !


Une lumière produite sans gaz ni électricité

S’éclairer sans gaz ni électricité, c’est possible en mode low tech !

Quelques méthodes se trouvent aisément sur le net :

  • Avec une simple bouteille en plastique et de l’eau chlorée : On installe la bouteille grâce à une ouverture dans la tôle, ce qui permet de diffuser la lumière du soleil si la pièce ne dispose pas de fenêtre.
  • On peut aussi créer de la lumière en se munissant d’une plaque de contreplaqué, d'un panneau solaire, d'une grosse bouteille en plastique, des morceaux de bois et de quelques fils électriques. Cette méthode est notamment utilisée dans certains villages reculés des Philippines. 


Un aquarium sans filtre

Créer un aquarium low tech, qui respecte au mieux la nature, c'est possible ! Les plantes utilisées, le terreau et le substrat devront être adaptés en fonction pour maintenir le bien-être de vos amis à écailles. Pas besoin non plus d’un éclairage ultra-puissant avec les méthodes low tech, une simple lampe LED peut suffire. 


Qui sont les acteurs des low tech ? 

Les acteurs des low tech en France 

Qui sont les acteurs des low tech dans l’Hexagone ? Nous vous avons déjà parlé de Philippe Bihouix, c'est au tour du Low-tech Lab !

Crée et présidé par l’ingénieur Corentin de Chatelperron, il s'agit d'un laboratoire dédié aux technologies peu gourmandes en matériaux et en énergie.  En 2016, son fondateur fait le tour du globe en voilier, avec pour objectif de découvrir toutes les low tech existantes, de les répertorier et de les rendre disponibles à toutes et à tous en open source.

Le slogan de Low-tech Lab : pour une société soutenable et désirable ! Le Low-tech Lab est composé de spécialistes en innovation collaborative, de designers, de coordinateurs techniques... Le Low-tech Lab expérimente et transmet notamment ses expériences via les réseaux sociaux. 


Parmi les entreprises et les start-ups low tech en France, on peut également citer FabBRICK, qui donne une seconde-vie aux déchets textiles, Bilium, qui recycle et transforme des affiches publicitaires et des gilets de sauvetage en sacs cabas et en carnets, ou OOPLA, qui propose des kits afin de réduire son empreinte écologique. 


Le mouvement low tech à l'international 

À l’étranger, plus précisément aux États-Unis, les figures des low tech s’appellent Jason Rohrer et Limor Fried. En effet, Jason Rohrer a imaginé des jeux vidéo « Lo-fi » (pour « low fidelity »), soit basse définition. Limor Fried est quant à lui une des stars du DIY (« do it yourself ») : cette ingénieure a créé la société d’électronique pour particuliers Adafruit Industries. L’idée : faire en sorte de simplifier l’électronique à la maison, notamment grâce à des kits.

Et dans l'éducation ? Certains parents ingénieurs dans la Silicon Valley connaissent bien les méfaits d'une présence abusive des nouvelles technologies dans le développement des enfants, et privilégient ainsi une éducation low tech pour leur progéniture.

schoolboy

Ce phénomène s'observe aussi en Irlande, avec une nouvelle tendance pour les écoles low tech, dans lesquelles on encourage notamment l’apprentissage au contact de la nature.

un homme danse

Le concept de la low tech n'a maintenant plus de secrets pour vous ! Envie d'en apprendre plus sur les thématiques environnementales et de réduction de votre empreinte carbone ? Allez plus loin avec les derniers articles de notre blog :


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