Mécénat de compétences : pourquoi c’est important en RSE ?

Qu’est-ce que le mécénat de compétences ? Pourquoi est-ce important de l’intégrer dans sa démarche RSE ? Greenly vous explique tout.

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7/28/2021 17:44
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Vous êtes salarié·e et vous avez envie de mettre vos compétences au service d’associations ou d’initiatives à impact ? Vous êtes une association et vous manquez de compétences en interne pour développer certains de vos projets ? Le mécénat de compétences est fait pour vous !  

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Mais c’est quoi au juste le mécénat de compétences ? Qui peut faire un don de compétences ou devenir entreprise mécène ? Quelle est la différence avec le bénévolat ? On vous explique tout ici.


Le mécénat de compétences, c’est quoi ?

Définition du mécénat de compétences

Pour définir rapidement et simplement le mécénat de compétences, on peut dire que c’est un partenariat gagnant-gagnant où les salarié·es d’une entreprise donnent de leur temps de travail pour aider une association ou une ONG. 

Que ce soit quelques heures dans l’année, quelques jours ou même quelques mois, le ou la salarié·e volontaire participe directement aux projets et aux objectifs définis par l’association.

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Contrairement au mécénat classique qui fonctionne avec des dons financiers, technologiques ou de produits, ici, c’est l’apport de compétences qui importe. Que ce soit pour des besoins stratégiques comme la mise en place d’un nouveau plan de communication, ou bien de besoins opérationnels comme la création d’un site internet : ce mode de fonctionnement permet la création d’un écosystème local d’entraide et de solidarité. 

Le mécénat de compétences est au cœur des enjeux RSE des entreprises et s’appuie sur le 7e pilier de la norme ISO 26000 : les communautés et le développement local.

Dans ce triangle entreprise, salarié·es et association, chacun·e ressort gagnant·e de ce partenariat et les avantages sont nombreux : 

  • l’association acquiert de nouveaux savoir-faire pour consolider ou démarrer son activité ; 
  • le ou la salarié·e apprend de nouvelles compétences
  • l’entreprise produit un impact social et/ou environnemental positif et renforce son attractivité ; 
  • la cohésion de groupe et la motivation au travail sont consolidées.


Quelle différence avec le bénévolat et le pro-bono ?

Le mécénat de compétences, contrairement au bénévolat, se met en place durant le temps de travail du salarié. L’entreprise est impliquée dans la relation salarié·e-association et un suivi régulier est mis en place.

Business


Considéré comme un don en nature, le mécénat de compétences peut se présenter sous 2 formes : 

  • la mise à disposition des salarié·es ou le prêt de main-d’œuvre ;
  • la prestation de service offerte.

C’est donc un peu différent du pro-bono qui fournit gracieusement les services d’une entreprise à une association.

De même, le mécénat de compétences ne fait pas seulement appel aux compétences professionnelles, elles peuvent aussi être personnelles. 

Quel cadre juridique ?

Pour le cadre juridique du mécénat de compétences, il convient de bien définir les relations entre salarié·e et association pour que tout se déroule sans problème. Ce n’est pas un cadre juridique à proprement parler, mais avant tout un cadre fiscal.

law book


Depuis 2003, c’est la loi Aillagon qui gère ce don de compétences : une entreprise qui met gratuitement à disposition d’une association un ou plusieurs salarié·es plusieurs heures par semaine peut défiscaliser jusqu’à 60 % les salaires des collaborateurs ou collaboratrices missioné·es !

Néanmoins, l’organisme qui bénéficie de ces compétences doit avoir une mission d’intérêt général ou un impact positif comme la Croix-Rouge ou les Restos du Cœur. Aujourd’hui, nombreuses sont les associations plus modestes à faire appel au mécénat de compétences.

Pour les droits des salarié·es volontaires, les conventions diffèrent en fonction du mode de service rendu. 

Si c’est une mise à disposition ou un prêt de main-d’œuvre, il faut : 

  • un avenant au contrat de travail ; 
  • les signatures de : l’entreprise, l’association, le salarié·e ; 
  • l’accord écrit du salarié·e ; 
  • la nature des missions, les horaires, les lieux du travail et les caractéristiques du poste occupé.


documents

Si c’est une prestation de service offerte, il faut : 

  • les signatures de l’entreprise et de l’association ; 
  • l’objet, la nature, l’exécution, la durée et les obligations de la mission.


Voici quelques points à connaître si vous êtes un·e salarié·e sur le point de faire une mission de mécénat de compétences : 

  • on ne peut pas vous obliger à réaliser une telle mission, vous devez être volontaire
  • il faut obligatoirement donner son accord écrit avant toute mise à disposition dans un avenant à votre contrat de travail ; 
  • vous bénéficiez des mêmes avantages que les salarié·es de l’organisme où vous interviendrez ; 
  • la mission confiée doit correspondre à vos compétences
  • le comité d’entreprise ou les délégués du personnel de votre entreprise doivent être consultés et avoir connaissance des conventions qui sont signées ; 
  • à la fin de la mission, vous devez retrouver votre post d’origine ou équivalent, avec la même rémunération d’avant votre départ ; 
  • ce n’est pas du bénévolat, cela se passe sur vos heures de travail ; 
  • il ne doit pas y avoir un but lucratif dans le mécénat de compétences.

team


Quel intérêt pour les entreprises ?

Les avantages sont nombreux quand on devient entreprise mécène.

Les collaborateurs et collaboratrices montent rapidement en compétences, surtout dans les soft skills : écoute, capacité à travailler en équipe, adaptabilité…. 

Ils et elles sortent de leur zone de confort et trouvent un nouveau sens à leur travail. Cela est possible grâce à la réalisation de missions avec des effets immédiats et visibles : il y a un vrai sentiment d’utilité, ce qui engage véritablement vos collaborateurs.

big role


L’image de la boîte est plus attractive, et les collaborations deviennent aussi plus durables. Les enjeux environnementaux, sociétaux sont tangibles grâce à ce don de compétences, ce qui renforce la démarche RSE de l’entreprise.

Le mécénat de compétences comporte surtout un intérêt sociétal pour les entreprises qui s’y impliquent : l’entraide, la solidarité deviennent les maîtres-mots d’une démarche réussie. La richesse créée est humaine avant d’être économique, et l’humilité participe grandement à rendre la transmission à double sens.

Quel mécénat de compétences choisir pour soutenir ma stratégie RSE ?

Identifier mes objectifs RSE prioritaires

Avant de devenir une entreprise mécène, il convient de définir les objectifs précis de sa démarche RSE et de voir comment le don de compétences pourrait œuvrer à renforcer ses engagements écologiques et sociétaux.

Quel type d’association voulez-vous aider ? Quelles sont les valeurs que vous portez ? Comment les mettre en pratique ? Ce sont ces questions qui vont guider votre mécénat et la manière dont vous allez le mettre en place en fonction de votre RSE.

Un mécénat au service de la transition écologique

Pour répondre aux enjeux écologiques soulevés par les Accords de Paris, il est important de mettre en œuvre des actions pour lutter contre le dérèglement climatique

Le mécénat de compétences est un bon moyen d’aider les associations qui s’engagent sur cette thématique à aller plus loin. Il est urgent de tendre vers la neutralité carbone quand on est une entreprise, et l’accompagnement d’ONG dans le domaine de la protection de l’environnement est une manière de s’en rapprocher. 

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Un bon exemple de mécénat de compétences au service de la transition écologique ? Veoliaforce. La Fondation Veolia a créé Veoliaforce pour permettre à des expert·es d’intervenir après une catastrophe naturelle ou pour améliorer les conditions de vie des personnes qui en ont le plus besoin. Ils ont, par exemple, pris en charge la distribution et la production de l’eau sur l’île de Saint-Martin après le passage du cyclone Irma.

Leur don de compétences se traduit aussi par des sensibilisations aux plus jeunes sur le tri des déchets en Côte d’Ivoire, ou par la création d’une Cité du réemploi en Alsace. 

La mise en lien des différents acteurs du territoire avec une entreprise, une association et les bénéficiaires de cette association grâce à des actions communes permet ainsi d’avoir un impact positif sur le développement local et donc sur l’impact social et/ou environnemental.

Un objectif social et pédagogique avec le mentorat

Avez-vous pensé au mentorat pour mobiliser vos salarié·es ? 

Un·e mentor est un·e professionnel·le du monde de l’entreprise qui souhaite faire bénéficier de son expérience, de ses conseils ou de son réseau à un·e filleul·le. Personnes en situation de handicap, femmes en reconversion professionnelle ou élèves issu·es d’un QPV (Quartier prioritaire de la politique de la ville)... Les profils des mentoré·es sont aussi variés qu’il existe d’associations pour les accompagner ! Le mentorat est une véritable source d’inspiration et de découvertes. Le lien social est mis en avant, et grâce à cela, des personnes extérieures au secteur peuvent acquérir de nouvelles compétences et ont moins peur de se lancer. 

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En mars 2021, le gouvernement a annoncé le lancement du dispositif « 1 jeune, 1 mentor », visant à accroître le nombre de jeunes bénéficiant d’un accompagnement par un·e mentor pour les questions d’orientation scolaire et d’insertion professionnelle. La liste des associations lauréates de l’appel à projets est un bon moyen d’identifier une structure vers laquelle vous tourner.

Pour vous donner quelques exemples d’entreprises engagées dans cette démarche, la Fondation l’Oréal a monté l’association Women4Change qui aide les femmes à acquérir des compétences pour lutter contre le dérèglement climatique au sein des villes. C’est grâce au système de mentorat lancé mondialement dans 16 villes qu’elles peuvent évoluer et se créer des opportunités pour développer leur réseau et leur expérience. 

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La Fondation Adecco Group travaille également de son côté avec de nombreuses associations grâce au système de mentorat. Pour accompagner les plus jeunes, elle accueille régulièrement dans ses locaux l’association Tous en Stage, et mobilise ses collaborateur·ices pour l’encadrement : présentation de leurs métiers, visite de l’entreprise, initiation à la rédaction d’un CV etc. Tout cela participe à la découverte du monde du travail et ouvre des perspectives d’avenir pour les collégien·nes issu·es de réseaux d’éducation prioritaires. 


La check-list d’un mécénat de compétences réussi

Communiquer sur la démarche de mécénat

Rien ne sert de mettre en place du mécénat de compétences dans des associations si vos propres salarié·es ne sont pas au courant. La mise en avant de ce programme en interne est souvent une étape ratée alors qu’elle participe à faire de votre stratégie RSE une réussite. Plus largement, la communication autour de vos actions RSE est un moyen d’engager et de fidéliser l’ensemble de vos parties prenantes : ne vous en privez pas ! 

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Pour communiquer sur votre démarche RSE et de mécénat, vous pouvez : 

  • organiser des conférences sur les enjeux environnementaux et sociétaux soulevés par l’association avec laquelle vous allez travailler ; 
  • faire des webinars autour du projet ; 
  • recueillir et diffuser des témoignages de responsables d’association et de salarié·es déjà engagé·es dans un projet de mécénat ; 
  • faire un événement de lancement pour mettre à l’honneur les salarié·es volontaires et les personnes de l’association.

Intégrer le mécénat aux outils managériaux

Pour réussir pleinement la mission, le mécénat doit être pensé comme un outil managérial où le don de compétences modèle les objectifs du salarié

Qu’est-ce que ce dernier a vraiment envie de faire ? Quelles sont les compétences qu’il, ou elle, veut développer en participant à ce don de compétences et d’entraide ? La réussite du projet dépend de la motivation de chacun·e et des objectifs qu’il, ou elle, s’est fixé·e avant de commencer le projet.

Impliquer le ou la manager dans la démarche est primordial pour réussir la mission et que chaque partie termine l’expérience avec un sentiment d’utilité. Rien de mieux que d’expliquer aux managers la nécessité de prioriser les objectifs en fonction des jours (ou des heures) de mécénat. 

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La hiérarchie doit être au courant des jours utilisés par les salarié·es pour ce temps de mécénat afin que les absences ne se répercutent pas sur les salarié·es qui restent en entreprise.

Bien cadrer le volume horaire et le contenu des missions

Rien de pire qu’une mission mal cadrée et un partenariat où les objectifs n’ont pas été mis au clair. 

check list


Pour réussir le mécénat de compétences, plusieurs choses sont à cadrer en amont :  

  • la période : courte (plusieurs heures, ou jours) ou longue (détachement plein jusqu’à 2 ou 3 ans)  ? 
  • seul·es ou à plusieurs
  • avec un·e intermédiaire ou sans ? 
  • quelles sont les missions demandées par l’association ? 
  • quel est le format dont elle a besoin ? 
  • est-ce une prestation gratuite ou un prêt de main-d’œuvre
  • se déroulent les missions ? 
  • quelles compétences pour quelle mission ? 


Le mieux reste de définir un cahier des charges avec l’organisme pour répondre le mieux possible à leurs besoins et s’assurer que vos compétences en interne y correspondent. 

Pour défiscaliser les heures de vos employé·es volontaires, il faut un suivi des horaires et des absences de chacun·e. Pour cela : 

  • cadrez le volume horaire accordé à chaque personne en fonction de ses compétences ; 
  • réglementez le processus de suivi des absences lié au temps passé par les salarié·es dans les structures ; 
  • privilégiez des jours définis et dédiés au mécénat de compétences. 

Opérer un suivi régulier

Une fois que tout est cadré en amont, c’est le suivi durant le temps de la mission qui va déterminer la réussite de ce partenariat. Il est parfois nécessaire de mettre en place des méthodes d’évaluation spécifiques en fonction de la mission de mécénat. 

L’entreprise mécène reste l’employeur du salarié jusqu’à la fin de la mission au sein de l’organisme. Le suivi est primordial pour être sûr que ce dernier exécute bien les tâches prévues dans la collaboration.

débrief


Fin de mission ne veut pas dire fin de collaboration. Pour la pérenniser, rien de tel que de faire un entretien ou un debrief avec l’association et les salarié·es volontaires pour identifier les points d’amélioration et discuter du livrable. 

1 ou 2 mois après le départ de vos salarié·es, un nouveau point peut être fait pour voir l’état de mise en œuvre de ce livrable. Le potentiel du mécénat de compétences est immense, que ce soit pour l’entreprise et sa démarche RSE, ou l’association, il est donc intéressant de chercher à fidéliser ces partenariats

congrats


Cet article vous a plu ? 

Pour engager vos collaborateurs et collaboratrices sur la durée, il existe des modules spécialement dédiés à l’implication des collaborateurs sur la plateforme Greenly. Grâce à des petits gestes quotidiens, ils, et elles, seront sensibilisé·es aux enjeux environnementaux et au dérèglement climatique et s’engageront d’autant plus sur la question. 


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