Pollution du numérique : définition, enjeux, réduction

Le numérique est partout dans nos vies. Comment le maîtriser pour réduire son empreinte carbone ? Explications et astuces dans cet article !

Empreinte carbone 💭
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7/13/2021 19:38
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La pollution numérique est la principale préoccupation de cette décennie. Invisible, le digital utilise des ressources extrêmement polluantes et énergivores pour fonctionner 24/24h et 7/7j. Comme la majorité des Français, vous regardez la télévision, avez un ordinateur et un smartphone. Sans le savoir, vous polluez.

Bien que notre vie soit simplifiée par ces nouvelles technologies, toutes ces actions sont nocives pour l’environnement. C’est pourquoi chacun d’entre nous (aussi bien les particuliers que les entreprises) peut faire un geste pour la planète. Greenly vous explique tout.

Quel est l'impact environnemental du numérique ? 

L’impact environnemental du numérique est un nouvel enjeu mondial. Les appareils de notre quotidien sont extrêmement énergivores durant leur fabrication comme pendant leur utilisation. Mais savez-vous réellement à quel point ?

Pollution numérique : définition

La pollution numérique est la conséquence directe de l’utilisation que nous faisons des nouvelles technologies. Il s’avère que vos appareils connectés ne rejettent pas de pollution visible pendant leur fabrication, leur utilisation et leur fin de vie, mais ils émettent d’importantes émissions de CO2.

Aujourd’hui, responsable de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation excessive des appareils numériques risque de faire doubler l’empreinte carbone d’ici 2025, dévoile l’ADEME. Par ailleurs, 7 à 10 % de l’électricité mondiale est consommée uniquement par Internet.

Voyons comment améliorer notre rapport envers l’environnement.

Un des secteurs les plus polluants

Entièrement dématérialisé, le numérique est-il la solution pour lutter contre le réchauffement climatique ? Il semblerait que non. Cette "transparence" cache des impacts environnementaux dont les conséquences sont non négligeables.

Sans surprise, pour fonctionner le numérique nécessite du matériel technologique. Pour converser en ligne ou accéder à Internet, chaque appareil est relié à des serveurs constamment branchés aux quatre coins de la Terre. De fait, la consommation d’électricité explose.
Pire, la fabrication d’appareils connectés a un impact sur la quantité de ressources naturelles utilisée et disponible. 90 % de l’énergie consommée par un téléphone sont produits lors de sa fabrication (Source : Korii).  

Voici quelques exemples pour prendre conscience de notre impact sur l’environnement :


Réduire la pollution du numérique, un enjeu clé pour respecter l'Accord de Paris

Afin de lutter contre le changement climatique et la surconsommation numérique, la France et l’UE ont créé l’Accord de Paris en 2016.

L’objectif est d’ « accélérer et intensifier les actions et les investissements nécessaires à un avenir durable à faible intensité de carbone », indique la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCC). 

Pour ce faire, chaque pays doit limiter sa consommation numérique et réduire l’empreinte écologique pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Les Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple) sont notamment appelés à montrer l’exemple. 

Qui sont les acteurs les plus polluants du numérique ? 

Les acteurs les plus polluants du numérique s’avèrent être plutôt discrets. L’utilisation quotidienne par les consommateurs n’est pas l’unique cause de la pollution numérique. 

L'impact écologique des data centers

Les data centers sont d’immenses infrastructures utilisées pour héberger les données. Pour satisfaire l’ensemble des internautes, ces centres de données fonctionnent 24/24h et 7/7j et consomment ainsi d’énormes quantités d'électricité.

D’après GreenIT, un data center émet pas moins de 25 % de gaz à effet de serre contre 28 % pour le réseau et 47 % lors de l'utilisation par les internautes. En ce qui concerne la France, les data centers consomment 10 % de l’électricité produite. 

Pour vous donner une idée, un seul centre consomme 30 milliards de watts (ce qui équivaut au fonctionnement de 30 centrales nucléaires). En plus de l’énergie utilisée, chaque bâtiment doit être refroidi grâce à des ventilateurs pour éviter la moindre surchauffe. 

La pression écologique des terminaux 

Lorsque vous achetez un appareil numérique (type ordinateur portable ou smartphone), vous avez entre les mains le résultat final. Mais savez-vous d’où provient cet objet connecté ? 


Pour le fabriquer, il a fallu importer de la matière et des métaux rares comme du lithium, de l’or ou du métal. Pire, plus l’élément est petit, plus il demande de l’énergie et des traitements chimiques supplémentaires pour être fabriqué. 

Toutes ces ressources naturelles ne sont pas suffisantes face à la demande : les limites planétaires sont largement dépassées. Il s'agit ici de la principale cause de la pollution numérique.

En ce qui concerne les équipements en fin de vie, 75 % des déchets finissent dans des décharges à ciel ouvert, dévoile un rapport de l’ONU en date de 2013. Les autres sont bel et bien recyclés, mais les matières premières ne peuvent pas être récupérées… et polluent !

Même cachés, les réseaux ne sont pas en reste

Bien que notre téléphone ne soit pas “physiquement” relié à Internet à l’aide d’un câble, le web n’est pas immatériel pour autant. Également appelés “l’autoroute de l’information”, les réseaux sont composés de gigantesques câbles installés sous les océans et requièrent la présence d’antennes dans le monde entier.

Tous ces équipements doivent être fabriqués et alimentés pour stocker et transmettre des données. Nous revenons à la même problématique que rencontre la fabrication de nos terminaux. 

Quelques exemples de pollutions numériques au quotidien 

La pollution numérique au quotidien résulte à notre utilisation presque abusive des nouvelles technologies. Malheureusement, peu d'internautes ont conscience de leur impact sur l’environnement. Il est temps d’y voir plus clair sur l’écologie digitale à l’aide de quelques exemples.

Regarder Netflix pollue

Aaaah les plateformes de streaming ! Indispensables au quotidien pour se changer les idées, Netflix, Amazon et tous leurs compères remplacent peu à peu la télévision et leurs publicités de plus en plus longues.

Bien que le streaming comporte plusieurs avantages (choisir son programme, le regarder quand on veut, etc.), la consommation de vidéos est très énergivore de par le poids des fichiers (bien plus lourds à stocker) et leur qualité.

Le streaming vidéo émet pas moins de 300 millions de tonnes de CO2 dans le monde chaque année. Selon Greenpeace, ce type de streaming est à l’origine de 60 % des flux de données sur Internet. 

Dans le cas de Netflix, la plateforme aux plus de 200 millions d’abonnés est encore loin de fonctionner grâce à une énergie 100 % renouvelable, se désole ClickClean. Pire, regarder une petite heure de vidéo équivaut à la quantité d’électricité nécessaire pour faire fonctionner un réfrigérateur pendant une année.

Netflix et pollution numérique

La pollution numérique d'un email

Vous devez transmettre un fichier à votre collègue via gmail ou simplement répondre à un mail ? Sachez que pas moins de 8 à 10 milliards de mails (hors spams) sont échangés en 1 heure. Cette manière rapide et professionnelle de communiquer n’est malheureusement pas sans conséquence sur l’environnement. 

Et l'empreinte carbone du mail s’aggrave en fonction de sa nature :

  • 0,3 grammes pour un spam 😕 ;
  • 4 grammes pour un mail sans pièce jointe 📧 ;
  • 11 grammes pour un email avec une pièce jointe de 1 MB 💻 ; 
  • Jusqu'à 50 grammes pour un long email avec plusieurs pièces jointes 😱.

Sachant que 7 mails sur 10 ne sont jamais ouverts en France, imaginez le nombre de mails stockés inutilement dans les data centers (et dans votre boîte gmail) !

Vos recherches Google polluent également

Et oui ! S’informer grâce à Google demande beaucoup d’électricité. L’impact environnemental dépend du temps de recherche et du nombre de pages consultées. En effet, à chaque fois que vous faites une recherche, l’information doit passer par plusieurs data centers. 

Quand on sait que 180 millions de recherches sont effectuées sur Google (chiffres ADEME), ça donne le tournis ! Un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross estime qu’une recherche sur Google émet 7 grammes de CO2.

La pollution des objets connectés

De plus en plus indispensables, les objets connectés sont légion. Que ce soit les téléphones, les écouteurs, les montres, les box Internet, les assistants virtuels ou les ordinateurs, nous possédons tous au moins un de ces appareils. Pour preuve : 19 milliards d’objets connectés circulaient en 2019 (chiffre ADEME).

Cette accumulation d'appareils est majoritairement due à l’obsolescence programmée et aux nouveaux modèles de smartphones qui sortent chaque année (un effet de mode tenace). 

Extrêmement prejettent malheureusement 39 % des émissions de gaz à effet de serre dans le domaine du numérique. Leur utilisation comme leur fabrication sont sans surprise très énergivores, mais le pire reste les déchets qu’ils émettent en fin de vie. 

Ces appareils ne sont que très rarement recyclés (5 %) alors que leur fabrication demande des ressources naturelles non renouvelables à hauteur de 76 % et possèdent de dangereux composants.

Bien que des sites web et magasins d’occasion pullulent, la majorité des objets connectés ne sont pas recyclés et sont oubliés par les utilisateurs. 

Un public qui reste peu informé 

Malheureusement, ces conséquences sont encore méconnues même si leur impact sur l’environnement est considérable. L’aspect immatériel de la pollution numérique fait que 73 % des Français n’ont pas conscience de polluer en utilisant leur équipement, révèle une étude menée par Occurrence

Par ailleurs, un sondage réalisé par l’Observatoire du numérique pour le Forum international de la météo et du climat, indique que 3 personnes sur 10 pensent que l'impact du numérique est positif sur l'environnement.

Pourtant, il est possible d’agir concrètement sur notre empreinte carbone sans se priver des immenses possibilités d’Internet ! Nous sommes 4,79 milliards d'internautes en 2020, chaque geste compte. 

Comment réduire la pollution numérique à l'échelle individuelle ? 

Bien entendu, il n’est pas question de jeter vos objets connectés et résilier votre abonnement Internet, mais d’opter pour de nouvelles habitudes. Voici quelques idées pour commencer à réduire votre empreinte carbone lorsque vous surfez sur le web :

  • Videz votre boîte mail (n’oubliez pas la corbeille et les spams !) et désinscrivez-vous des newsletters que vous ne lisez pas ;
  • Supprimez vos anciennes adresses mails et vos comptes inactifs sur les réseaux sociaux qui prennent de la place sur les serveurs ;
  • Évitez d’ouvrir une multitude d’onglets sur le web. Préférez taper directement l’adresse du site en question ou mettez-le en favoris. Optez également pour des moteurs de recherche respectueux de l’environnement à l’image d’Ecosia ;
  • Régulez votre usage et évitez les vidéos haute définition, plus lourdes à charger et donc plus polluantes. Bloquez également la lecture automatique des vidéos sur les réseaux sociaux. Le bénéfice est double : luttez contre la pollution numérique et reprenez le contrôle de votre temps !
Pollution numérique à l'échelle individuelle


Il existe également d’autres astuces pour votre équipement :

  • Conservez votre téléphone (et tout autre objet électronique) en allongeant sa durée de vie et recyclez-le lorsque vous vous en séparez ;
  • Préservez votre batterie en mettant le mode économie d’énergie pour préserver la batterie ;
  • Éteignez vos appareils en veille, notamment votre box Internet lorsqu’elle n’est pas utilisée ;
  • N’achetez que les appareils indispensables à votre quotidien et préférez le reconditionné ;
  • Enfin et pas des moindres, le Cloud est en réalité très énergivore puisque tout est stocké sur des serveurs. Pour changer la donne, triez et supprimez vos documents en double ou inutiles.

Comment tendre vers une sobriété numérique dans son entreprise ?

Bien que la sobriété numérique dans son entreprise semble être un objectif inatteignable, plusieurs actions peuvent mener vers la réduction de l’empreinte carbone.

Qu’elles bouleversent l’organisation de l’entreprise ou s’apparentent à de petits ajustements, voici quelques actions à mettre en place :

  • Opter pour l’edge computing : il s’agit de minuscules data centers qui centralisent et traitent les données localement. La distance parcourue est réduite et les informations à partager sont sélectionnées avec une plus grande attention ;
  • Intégrer et déployer le Green IT ;
  • Alléger ses mails et les envoyer uniquement au destinataire concerné (les mails groupés avec des pièces jointes inutiles sont à éviter).

Ces quelques changements sont le premier pas le plus dur dans la transformation de votre entreprise eco-friendly. Pour vous encourager dans votre démarche, sachez que 80 % des Français se dirigent en priorité vers les entreprises respectueuses de l’environnement.

Désormais indispensables, nos objets connectés prennent une grande place dans nos vies. Malheureusement, la pollution numérique fait également partie de notre quotidien sans que nous en ayons conscience. Grâce à nos conseils, chacun d’entre vous peut avoir un impact considérable pour lutter contre le réchauffement climatique.

🚀 Pour aller plus loin :


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