Comment réaliser mon bilan carbone personnel ?

Pour réduire son empreinte carbone, il faut déjà savoir d’où elle provient. Grâce à l’outil développée par l’ADEME, une rapide évaluation de nos émissions de gaz à effet de serre est possible en ligne. Elle permet d’identifier nos postes d’émissions les plus importants, comme ceux liés à notre consommation boulimique de produits électroniques. Mais pour aller plus loin, des applications mobiles comme Greenly permettent d'analyser chaque dépense et aller plus loin dans les plans d'actions personnels… 

Bilan carbone : principes de calcul

Revoyons les bases : comment calculer un bilan carbone ? Grâce à la méthode mise au point par l’ADEME, agence de la transition écologique. Le procédé implique la comptabilisation de l’ensemble des gaz à effet de serre (GES) émis durant le cycle de vie des produits et services produits par les organisations. Le bilan carbone porte sur les principaux postes de consommation, catégorisés en trois « scopes » (périmètre en anglais). Le premier concerne les transports professionnels contrôlés, la biomasse, les combustibles et les processus industriels. Le second recouvre les réseaux de chaleur urbains et les réseaux électriques, tandis que le troisième englobe les transports professionnels non contrôlés, les transports de marchandises amont et aval, les achats de biens, de services et de consommations, ainsi que la gestion des déchets. Pour guider les institutions dans la réalisation de leur bilan carbone, plusieurs entités sont susceptibles de fournir des conseils, à l’instar de l'Institut de Formation Carbone.

En ce qui concerne l’évaluation des émissions de carbone d’un individu, il convient de prendre en compte les différents pôles d’émissions, depuis le régime alimentaire, les déplacements et le logement, en passant par les loisirs et l’achat de produits de consommation…  

 

L'empreinte carbone due à la consommation

Évaluée en moyenne à 11,5 tonnes par habitant chaque année, l'empreinte carbone des particuliers est majoritairement dopée par l’importation de produits manufacturés (5 tonnes), les habitations (1,5 tonnes), et les transports (2 tonnes). En fonction des comportements et des modes de vie, le bilan carbone des particuliers peut grandement varier… Bien évidemment, utiliser une voiture est bien moins polluant que d'effectuer de fréquents aller-retours en avion entre San Francisco et Paris. Toutefois, la pratique est loin d’être innocente, surtout en fonction du véhicule. Selon l’ONG WWF France, les SUV dont les ventes ont été multipliées par sept en l’espace de dix ans représentent la deuxième source de hausse des émissions de gaz à effet de serre énergétiques en France de 2008 à 2018… En outre, opter pour un télé écran plat géante n’est pas non plus sans conséquence…Selon l’ADEME, une télévision de 40 à 49 pouces génère environ 55 kg de CO2 par an, soit près de 400 kg de CO2 sur son cycle de vie. Côté ordinateur portable, le bilan est de 45 kg, contre 25 kg pour les tablettes et 20 kg pour les smartphones. 

 

Les facteurs d'émission de GES

Les principaux responsables sont les activités industrielles… A titre d’exemple, le secteur du numérique compterait selon l’ADEME pour 12% de la consommation électrique en France… 

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’inciter les institutions à réduire leur empreinte carbone en exerçant une pression sur les organisations. Selon une étude Kantar, 71 % des Français attendent des marques qu’elles communiquent et agissent en toute transparence, et pour 23% d’entre eux, la non prise en compte des enjeux de santé et environnementaux peut se solder par un boycott. L’étude précise notamment que 86% des interrogés ont tendance à sélectionner des produits ayant le moins d’emballage possible.


Afin de s’aligner avec la tendance et de satisfaire les aspirations des consommateurs en recherche de plus de durabilité, de nombreux acteurs sont contraints de revoir leur modus operandi… Danone ambitionne d’obtenir la certification B Corp, octroyée aux sociétés répondant à des exigences sociétales, environnementales et de transparence envers le public, et Google mise sur les matériaux recyclés pour rendre ses produits plus durables.

Attention toutefois : si les organisations sont à blâmer pour la plus grande partie des émissions, le bilan carbone des individus est loin d’être négligeable !  


Calculer son bilan carbone personnel

Comment savoir où l’on se situe et comment calculer son bilan carbone personnel ? Rien de plus simple ! Pléthore d’outils existent en ligne, et nous avons recensé quelque uns pour vous, à l’instar de celui proposé par la Fondation GoodPlanet, qui permet aux particuliers de calculer leur bilan carbone annuel en ligne, ou bien celui de Reforest’Action, qui met à disposition de tous un outil prenant en compte le type de régime alimentaire votre mode de déplacement…. Un kilo de bœuf ? C'est 35,8 kg d'équivalent carbone. Un aller-retour Paris-New York? 2,5 tonnes de CO2 par passager… Et vous, il est de combien votre bilan carbone perso ?

Pour plus d’information sur le sujet, vous pouvez faire un tour par ici

Les dangers de la pollution de l’air en chiffres

Il est important de noter que ces chiffres ne sont pas que des données abstraites, flottant dans l’éther de rapports et d’études désincarnés. La pollution de l’air a un coût annuel. Et il est très élevé ! Selon un rapport publié en octobre 2020 qui décortique les coûts liés aux décès prématurés, le coût annuel de la pollution de l’air en Europe serait de 166 milliard d’euros. A Paris, il serait de 3,5 milliards d’euros, soit 1.602 euros par habitant, devant Lyon, Nice, Melun et Douai. Développé par le cabinet CE Delft pour l’EPHA, (l’Alliance européenne pour la santé publique, une ONG basée à Bruxelles), le rapport concerne 432 villes réparties dans les 27 pays de l’Union européenne, ainsi que le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. Pour arriver à ces résultats, l’organisation a analysé la prolifération des principaux polluants de l’air, les particules, le dioxyde d’azote et l’ozone, et leurs coûts sociaux. Ces derniers recouvrent deux catégories de coûts : des coûts directs, comme ceux en rapport aux soins, et des coûts indirects, comme la réduction de l’espérance de vie. En tête du palmarès des villes payant le plus lourd tribut à la pollution de l’air, Londres, avec un coût annuel de 11,4 milliards d’euros, devant Bucarest et Berlin. Selon le rapport, Paris arriverait à la septième place du classement… Plus inquiétant encore : selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE), la pollution de l’air est responsable de 48.000 morts prématurées par an en France, 480.000 en Europe…


Alors, comment essayer de faire mieux que ça ? « La situation peut être améliorée par des politiques publiques en matière de transports et les villes peuvent réduire les coûts en encourageant les mobilités non polluantes », souligne le secrétaire général de l’EPHA, Sascha Marschang. Dans cette optique, Paris prévoit une sortie définitive des véhicules diesel pour 2024 et des véhicules essence d’ici 2030. De son côté, la Métropole de Lyon attribue une aide financière pour l'achat d'un vélo à assistance électrique, d'un vélo-cargo ou d'un vélo pliant en 2020… Et cela tombe plutôt bien, on aura sans doute envie de se dégourdir les jambes d’ici la fin du confinement !


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