Quel est le bilan carbone d’un vol en avion?  

Âprement montré du doigt comme le moyen de transport le plus polluant, l’avion attire depuis quelques années les foudres des défenseurs de l’écologie. Dans le sillon du flygskam, néologisme suédois et mouvance internationale désignant le sentiment de honte généré par le fait de voyager en avion, de plus en plus de particuliers s’interrogent sur ce mode de locomotion… Allant parfois même jusqu’au boycott ! A tort ou à raison? On fait le point en dévoilant le bilan carbone d’un trajet en avion et le comparant à d’autres modes de transport. En bonus, on explique aussi comment compenser l'empreinte carbone de votre dernier vol… 

Empreinte carbone du transport aérien


Selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), les émissions générées par le secteur aérien représentent environ 2% des émissions mondiales. (Pour l’ADEME, le chiffre pourrait cependant monter à 3%.) 


Bilan carbone d’un trajet Paris-New York en avion

En termes d’émissions de CO2 par voyageur et par km, l’avion se place tête du classement des transports les plus polluants. Ses émissions sont 45 fois supérieures à celle du TGV, 10 fois supérieures à celle du bus.

A titre d’exemple, le bilan carbone d’un aller-retour Paris-New York est d’environ 1 tonne de CO2, ce qui représente la quasi totalité des émissions annuelles auxquelles un Français devrait se limiter pour respecter les objectifs imposés par le gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique…


Baisse du trafic aérien?

Face à la nouvelle défiance des consommateurs, l’empreinte carbone du transport aérien est-elle amenée à diminuer ? Loin d’être anecdotique, le flygskam a des effets concrets sur le trafic aérien international. Selon l’Agence suédoise des transports, le nombre de passagers a baissé de 4,4 %  en 2019. En France, l’ancien président de la SNCF Guillaume Pepy estime que le nombre record de voyageurs ferroviaires de l’été 2019 est imputable à une prise de conscience écologique : "Je crois que les gens font de plus en plus attention à leur décision par rapport à la planète. (…) Les gens sont cohérents, ils réclament plus d’écologie de la part des hommes et des femmes politique. Mais ils se disent : si moi personnellement, individuellement, je ne fais rien, je suis en contradiction."

La société irait-elle dans la bonne direction? Oui et non. C’était sans compter sur les compagnies de voyage qui, face à la crise sanitaire, proposent des vols avec un lieu de départ et d’arrivée identique... En Asie et en Australie, le succès est total : en septembre dernier, il n’aura fallu que quelques minutes pour vendre les 134 billets d’un vol Sydney-Sydney, et ce malgré des prix oscillants entre 500 et 2 300 euros…

Comparaison bilan carbone des différents modes de transport


D’après un rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement, le train serait le moyen de transport le moins polluant, loin devant la voiture ou même le bus. Pour se donner une idée plus précise, le rapport établit les bilans carbone des modes de transports les plus communs, par passager et par kilomètres : 

  • Train : 14 g de CO2
  • Petite voiture : 42 g de CO2
  • Voiture standard : 55 g de CO2
  • Bus : 68 g de CO2
  • Deux roue motorisé : 72 g de CO2

Côté aérien, les chiffres font bondir. En effet, le bilan carbone d’un voyage en avion serait quant à lui de 285 g de CO2 par personne. 

Attention toutefois, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes car il est quasiment impossible de trouver deux études dont les résultats s'alignent parfaitement. En cause : la pluralité des critères pris en compte pour établir des comparaisons. Certains de ces critères, parfois irréalistes, présupposent par exemple que les voitures sont toujours remplies et qu’il n’y a jamais d’embouteillage… 


Comment compenser l'empreinte carbone d'un vol en avion


Plusieurs moyens existent pour compenser l'empreinte carbone d’un vol en avion et la démarche peut être entreprise tant par les compagnies aériennes que par les particuliers. 


Côté entreprise

En 2019, Anne Rigail, directrice générale d’Air France, annonçait que le groupe allait à partir du premier janvier 2020 compenser 100% des émissions de CO2 générées par les vols domestiques (environ 500 vols par jour). Objectif : un bilan carbone neutre pour Air France sur les vols nationaux. Pour cela, l’entreprise compte financer des projets de plantation d'arbres, de protection de forêts, de transition énergétique ou encore de sauvegarde de la biodiversité. Anne Rigail expliquait l’année dernière au Parisien : “Cela pourrait correspondre, par exemple, à planter l'équivalent de 70 millions d'arbres.”

Côté consommateurs

Pour les particuliers, les moyens à disposition sont les mêmes, comme l’explique la blogueuse de Voyages etc…

Plusieurs plateformes en ligne proposent des solutions pour calculer et compenser son empreinte, à l’instar de CO2 My climate, Atmosfair, GoodPlanet, ou encore Greenly. A noter : certaines entreprises issues directement du secteur du tourisme compensent 100% des voyages de leurs clients : c’est par exemple le cas du groupe Voyageurs du monde. 


Finalement, il se s’agit pas de se flageller à l’infini lorsqu’un voyage en avion est inévitable, mais plutôt de bien garder en tête que ce type de trajet ne doit être ni banalisé ni généralisé. Au même titre que la consommation de produits électriques et électroniques, dont les effets néfastes pour l’environnement ne sont plus à démontrer, prendre l’avion doit rester un geste exceptionnel, inscrit dans la poursuite d’efforts continus pour réduire son bilan carbone personnel.

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